[Critique] DEATH RACE – INFERNO de Roel Reiné

DEATH RACE INFERNO de Roel Reiné

DEATH RACE INFERNO de Roel Reiné

Après l’agréable surprise du premier Death Race (2008) commis par le tâcheron Paul W.S. Anderson, qui remakait à grand renfort de testostérone décérébrée le culte Course à la mort de l’an 2000 de Paul Bartel… Après une suite encore plus bas de plafond destinée au marché de la vidéo emballée par Roel Reiné (2011)… Voici que déboule sur les chapeaux de roues un troisième opus à la série des Death Race. L’épisode de trop ??? Sans être un grand film, le premier Death Race avait pour lui de proposer une oeuvre d’action burnée assumée, sans tromperie sur la marchandise. L’aspect ouvertement subversif du film original gommé, le réalisateur de Resident Evil pouvait se laisser aller à son projet de tôles froissées et de bourrins bodybuildés. Pourtant, Paul W.S. Anderson reste un faiseur à la solde du dieu dollar. Le projet de suite ne tardait pas à débouler avec un script à nouveau écrit de sa main et produit par sa pomme. Déjà, on sentait poindre le syndrome Resident Evil du type qui va essorer son concept jusqu’à plus soif. Confirmation avec ce troisième volet des aventures de Frankenstein, le pilote prisonnier qui va tenter de regagner sa liberté en s’imposant à l’issue d’une succession d’affrontements sauvages.

DEATH RACE INFERNO de Roel Reiné

Nawak, bigger and lourder…

Toujours réalisé par Roel Reiné (Le Roi Scorpion 3, un poète), Death Race Inferno emboîte le pas du deuxième épisode et continue de tracer le sillon du préquel. Reprenant une bonne partie du casting précédent, avec des ”têtes d’affiches” bancales comme Ving Rhames ou encore l’inévitable Danny Trejo, ce nouvel épisode en dévoile un peu plus sur les origines de Frankenstein. Mais on ne va pas se mentir, les personnages dans Death Race, tous campés par des comédiens inexpressifs au possible, on s’en cagade ! Les véritables stars, ce sont les bolides, les courses endiablées, les affrontements nawakesques. Dans la logique du bigger and lourder, le producteur Anderson et son réalisateur déplacent l’action du milieu carcéral en l’ouvrant vers le désert africain. Le bien nommé Frankenstein, déjà victorieux à quatre reprises, n’est plus qu’à un succès de la remise en liberté. Oui mais… Le rachat du jeu par un playboy bourré aux as entraîne une modification des règles qui va amplifier la soif de vengeance de Francky…

DEATH RACE INFERNO de Roel Reiné

Beauf et vulgaire

Ici, tout n’est que prétexte. Le scénario, la soi-disant critique du milieu télévisuel et de la télé-réalité, les personnages… Tout n’est que poudre aux yeux pour proposer du bruit, de la pyrotechnie et de la fureur. Death Race Inferno est rien moins qu’un film beauf et vulgaire, réunissant la sainte trinité : bagnoles, nichons et explosions. C’est un peu rapide comme analyse, mais c’est pourtant la vérité. Le cocktail proposé pourra convenir à des spectateurs pas trop regardants, à l’indulgence extrême… Roel Reiné prend grand soin de filmer ses bolides au look emprunté à Mad Max. A grand renfort de contre-jours, d’images désaturées, d’influences comic-books/video game bien dans l’air du temps, le cinéaste livre un sommet de cinoche esthétisant, usant et abusant de ralentis, à faire rougir Michael Bay. Les images sont léchées c’est sûr, mais au service d’un néant scénaristique et émotionnel total. Anderson et Reiné préfèrent enfiler les séquences les plus improbables et stupides (l’affrontement des copilotes féminines) que d’instaurer un semblant de cohérence à l’ensemble. Crétin est le terme qui vient à l’esprit à la vision de la chose. Et la succession de rebondissements qui conclue le film ne vient pas relever le niveau, rendant le projet un peu plus détestable encore dans son ambition de vouloir péter plus haut que son cul, et de prendre pour le coup de toute évidence le spectateur pour un sacré abruti… On en vient évidemment à espérer qu’il s’agit du tout dernier opus de la série. Même si l’épilogue ouvre clairement la porte à une potentielle suite. Dont on ne peut imaginer qu’elle relève le niveau…


DEATH RACE – INFERNO
Roel Reiné (USA – 2012)

Note : 1Genre Action – Interprétation Luke Goss, Dougray Scott, Danny Trejo, Tanit Phoenix… – Musique Trevor Morris – Durée 100 minutes. Distribué par Universal.

L’histoire : Le condamné Carl Lucas, alias Frankenstein, est un pilote superstar dans une prison brutale connue sous le nom de Death Race. Il ne lui reste plus qu’une seule course à remporter pour recouvrer sa liberté. Bien qu’il ait des adversaires redoutables et impitoyables, Lucas se bat pour que son équipe reste en vie et pour lui-même, dans une course en Afrique, dans le désert infernal du Kalahari.…

Article de Nicolas Mouchel

Scribouillard créateur d'Obsession B.
Journaliste en presse écrite et passionné de cinéma de genre, particulièrement friand des œuvres de Brian De Palma, Roman Polanski, John Carpenter, David Cronenberg et consorts... Pas insensible à la folie et l'inventivité des cinéastes asiatiques, Tsui Hark en tête de liste... Que du classique en résumé. Les bases. Normal.

Contact : niko.mouchel@gmail.com

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  1. […] daubes de l’année : Insaisissables de Louis Leterrier, The Collection de Marcus Dunstan, Death Race Inferno de Roel Reiné, Spiders 3D de Tibor Takacs, Suspect de Scott Walker… Et la saison 8 de Dexter […]

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