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[Critique] JACKALS de Kevin Greutert

Film hommage ou repompage éhonté ? La frontière est mince en ce qui concerne JACKALS de Kevin Greutert. Mais l'efficacité et l'ambiance de ce home invasion plutôt violent portent le film du côté des réussites honorables du genre. Et puis il y a Stephen Dorff, donc...

Drôle de carrière que celle de Kevin Greutert, monteur attitré de la saga Saw, puis réalisateur des épisodes VI et VII, et du plutôt fréquentable Jessabelle pour le compte de Jason Blum, il revient discrètement avec Jackals, un home invasion brutal et relativement malsain, qui souffle le chaud et le froid.
Après un prologue pompant ouvertement (vous avez dit hommage ?) l’ouverture du Halloween de John Carpenter (caméra subjective avec masque et meurtre de la sœur compris), on est projeté dans les années 80, au contact d’une famille dont le fils aîné a été enrôlé dans une secte bien déviante. Épaulé d’un professionnel de l’exfiltration, le père lance une opération commando pour kidnapper son fils, avant de se retirer dans une cabane isolée au milieu des bois (quelle chouette idée) pour tenter de le remettre dans le droit chemin. Evidemment, toute la famille est de la partie (bébé inclu !). Une trame qui vaut ce qu’elle vaut, à la fois plutôt bien vue et en même temps complètement naze, qui permet en tout cas de justifier la présence de tout ce petit monde, dans un lieu isolé pour mieux les confronter à l’envahisseur. Car si on veut regarder les choses en face, on ne se mentira pas en soulignant la faiblesse de la première moitié du film. Ce face à face entre l’enrôlé (rebaptisé Thanatos pour mettre dans l’ambiance), hargneux et quasi possédé (incarné avec une belle conviction par le comédien Ben Sullivan), et les membres de sa famille, auquel s’ajoute un Stephen Dorff venant encaisser son chèque dans la peau d’un ex-marines dur à cuire, est assez vain, mal écrit, et vite gonflant. Il faut se farcir une bonne demi-heure de considérations familiales ineptes et de crises de nerfs et de larmes. D’autant que l’interprétation générale joue plutôt la carte du trait forcé et du manque de nuance. Mais ça, ce n’est que le début… Juste une préparation laborieuse à la suite : un pur home invasion bien tendu comme il faut.

Des icônes du Mal

C’est dans sa deuxième partie que Jackals sort réellement les chevaux et expose sa raison d’être. Lorsque les membres de la secte apparaissent et que leur intention de récupérer leur disciple devient évidente. La tension monte alors brutalement d’un cran. Même si l’insupportable hystérie de la copine et du frère, l’impassibilité de la mère alcoolique (pauvre Deborah Kara Unger, le visage figé dans le botox et la chirurgie…) sont toujours de la partie, la volonté de survie se met en place, avec ce que ça sous-entend d’ingrédients du film de siège : issues bloquées, armes de fortune, plans foireux pour s’échapper… Il faut dire que face à ses victimes potentielles, Kevin Greutert a réussi brillamment son coup en parvenant à personnifier une forme de terreur indicible et pure avec la horde d’assassins en puissance qui porte l’assaut. Vêtus de tenues de cuir, dissimulés derrière des masques de loup du plus bel effet, n’affichant aucune expression, nos adeptes d’un satanisme hardcore sont extrêmement bien mis en valeur par Greutert et il n’en faut pas plus pour créer la tension et monter le trouillomètre. Ces plans où ils se découpent, immobiles dans la pénombre, sont glaçants, voire même totalement effrayants lorsque les basses puissantes de la musique d’Anton Sanko viennent souligner leur apparition. Dans un style néanmoins un peu plus pompier, on songe de nouveau au cinéma de John Carpenter, Assaut, Fog ou encore Prince des Ténèbres en tête. Simple hommage ou repompage éhonté ? La question est posée…
Au final, ce Jackals s’inspire beaucoup, n’invente rien, mais clairement, fait son petit effet. Kevin Greutert parvient à rendre très inquiétante sa bande de sectateurs, et à provoquer le frisson, grâce à une très belle photo et des cadrages précis. On passera vite sur le scénario, les personnages insupportables dont on attend la mise à mort avec impatience, et l’actif repompage du travail de Carpenter pour apprécier ce home invasion à sa juste valeur : un survival à la The Strangers de Bryan Bertino (monté par… Kevin Greutert !), autre référence, qui remplit son contrat. Gloire à Thanatos !


JACKALS
Kevin Greutert (USA – 2017)

Genre Horreur – Interprétation Stephen Dorff, Johnathon Schaech, Deborah Kara Unger, Ben Sullivan, Chelsea Ricketts… – Musique Anton Sanko – Durée 85 minutes. Distribué par Metropolitan (2 janvier 2019).

L’histoire : Dans les années 1980, Jimmy Levine est spécialiste dans l’extraction de sectes. Il est engagé par une famille dont le fils est sous l’emprise d’un culte satanique. Levine parvient à récupérer l’enfant mais les membres de la secte sont bien décidés à le reprendre. Pour cela, ils sont prêts à tout.

(4 commentaires)

      1. Moi aussi… d’autant plus qu’après avoir vu Crash, j’étais persuadé qu’elle deviendrait une superstar… et puis plouf… et puis désormais, il va devenir de plus en plus difficile de la reconnaitre…

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