Réalisateur de The Vampire’s Coffin et Les Proies du Vampire, Fernando Méndez est certainement l’un des plus grands réalisateurs du Mexique, ayant marqué son temps avec plus de trente-cinq longs-métrages à son actif jusqu’à dans les années 1960. Malgré sa disparition en 1966, son aura a continué à planer sur le cinéma mexicain ; assez, en tout cas, pour que même la France ait encore vent de ses films en 2023. Nous avons eu Roberto la Douceur au cinéma en juillet et, fin octobre, La Cinémathèque Française, via la rétrospective Mexico Maleficarum (treize films d’horreurs mexicains en séances uniques) nous offrait Les Proies du Vampire et Les Mystères d’outre-tombe. Ce dernier, le plus intéressant des trois, se situe au XIXe siècle, dans un hôpital psychiatrique, où deux médecins font un pacte : celui qui meurt en premier doit révéler à l’autre la vérité sur l’au-delà…

Métrage assez macabre, comme beaucoup de films mexicains de son époque, Les Mystères d’outre-tombe est un film étonnamment exact sur le sujet qu’il aborde : quelqu’un qui va essayer de survivre à l’au-delà pour le décrire. Car, là où Fernando Méndez aurait pu aborder une vision très subjective, il décide plutôt d’évoquer cela d’une façon plutôt universelle pour être d’autant plus passionnant, notamment en abordant l’inexorabilité du destin, qu’aucun humain ne pourra changer. Au-delà de ce fond, il y a une forme vraiment accomplie dans un ton mêlant mélodramatique et gothique pour être un objet filmique prenant et à l’ambiance triomphante. Le récit est aussi parfaitement ficelé, les sous-intrigues s’emmêlant pour, au bout du compte, se croiser ; entre une histoire d’amour faite de coïncidences, le pacte du film et même un homme se faisant défigurer dans l’hôpital. C’est cette intelligence qui impressionne le spectateur, même si le récit n’est pas exempt de défauts, certaines scènes étant un peu trop allongées. Cependant, la mise en scène est chiadée et les cadres sont ingénieux notamment les plans du visage des personnages qui sont assez impressionnants et typiques de l’époque, avec ce jeu très grandiloquent lui aussi ancré dans l’époque. Cela ne serait pas possible sans le casting où l’on peut notamment nommer Rafael Bertrand, Mapita Cortes et Carlos Ancira ; tout trois jouant à leurs façon mais d’une justesse inébranlable qui ne tombe jamais dans la théâtralité grotesque que l’on pouvait craindre. Par ailleurs, les personnages qu’ils incarnent sont, même si assez classiques, intéressants dans leurs personnalités archétypales pour offrir des réflexions ou, juste, être assez solides pour nous tenir en haleine.

En conclusion, Les Mystères D’Outre-Tombe est un film fort intéressant qui réussi à aller là où il faut tout en s’appuyant sur des atouts tels que son casting ou sa mise en scène. Sans aucun doute, l’un des films les plus aboutis de la grande carrière de Méndez, qui aborde parfaitement ses sujets, même les plus complexes. Cela ne peut que donner envie de découvrir le grand cinéma qu’arbore le Mexique.

Note : 4 sur 5.

LES MYSTERES D’OUTRE-TOMBE (Misterios de ultratumba). De Fernando Méndez (Mexique – 1959).
Genre : Horreur, Drame. Scénario : Ramón Obón. Photographie : Víctor Herrera. Interprétation : Gastón Santos, Rafael Bertrand, Mapita Cortés, Carlos Ancira, Carolina Barret… Musique : Gustavo César Carrión. Durée : 82 minutes. Film découvert lors de la rétrospective Mexico Maleficarum à la Cinémathèque Française, sans distributeur pour le moment.

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