
Jean-Pierre Melville est l’un des réalisateurs français cultes du siècle dernier pour des films tels que l’Armée des Ombres, Le Cercle Rouge ou encore Deux Hommes à Manhattan, particulièrement acclamés, parfois même au-delà des barrières françaises et francophones. Mais, c’est surtout un seul et unique film qui a valu toute la réputation de Melville : Le Samouraï. Ce dernier nous raconte l’histoire de Jeff Costello, un tueur à gages, engagé pour exécuter le patron d’une boîte de nuit. Alors qu’il remplit son contrat, Valérie, la pianiste de l’établissement, le surprend. Malgré l’alibi qu’il s’est forgé avec la complicité de Jeanne, sa maîtresse, Jeff est suspecté par le commissaire…

Minimaliste mais superbe
Récemment disparu, Alain Delon s’avère formidable dans le personnage mystérieux qu’il incarne, dégageant ce charisme qu’il détient si bien et n’offrant jamais une seule fausse note dans son jeu tout en retenue. La photographie se fait aussi plutôt belle, offrant rarement des plans fixes mais offrant un cinéma vivant et calme, qui suit ses personnages se déplacer avec une lenteur fantastique mais aussi une fluidité de mouvement magistrale. Les moments où Delon marche sur les quais de métro ou encore pour aller à une voiture ou un immeuble, tout semble iconiser le comédien mais sans jamais aller dans quelque chose de forcé, voire abusif. Dans ce minimalisme, il y a aussi les interactions entre les personnages, chaque dialogue prenant le temps qu’il faut, il émane même une certaine douceur presque, contrecarrée de temps à autre par des moments plus vifs, dans des séquences d’action jamais grandiloquentes non plus, mais qui font leur petit effet. Et dans les dialogues, les phrases claquent, comme vouées à devenir cultes. Mais le métrage ne fonctionnerait pas autant sans la bande-son de François de Roubaix qui met le spectateur dans l’ambiance énigmatique du tout. En conclusion, Le Samouraï est une petite pépite, un film qui n’en fait ni trop ni pas assez pour parvenir à être un récit fascinant et qui garde en haleine jusqu’à une fin surprenante mais, surtout, excellente.
LE SAMOURAÏ. De Jean-Pierre Melville (France – 1967).
Genre : Film noir, thriller criminel. Scénario : Jean-Pierre Melville, Georges Pellegrin. Photographie : Henri Décaë. Interprétation : Alain Delon, François Périer, Nathalie Delon, Cathy Rosier, Michel Boirond… Musique : François de Roubaix. Durée : 105 minutes. Disponible en VOD/DVD/Blu-ray chez Pathé.

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