Dans sa désormais fournie et infiniment sympathique collection [COMPACT], mettant à l’honneur des films d’horreur, classiques ou bisseries marquantes, comme La Nuit des morts-vivants, Wishmaster ou encore Slugs, voire des fictions originales, telle que Destination Amityville, l’éditeur Faute de Frappe s’attaque à une œuvre assez méconnue en dehors des cercles de cinéphiles amateurs de films fantastiques. Le Carnaval des Âmes, réalisé par le réalisateur américain Herk Harvey et sorti en 1962, demeure aussi confidentiel dans l’inconscient collectif qu’il a pourtant laissé une trace indéniable dans le genre. L’œuvre en noir et blanc, unique (et donc précieuse) réalisation du cinéaste, a notamment marqué des réalisateurs comme David Lynch ou Georges A. Romero, dont son séminal et plébiscité La Nuit des morts-vivants s’inspire notablement de l’atmosphère du film de Harvey. Au fil des années, Le Carnaval des Âmes est devenu un film culte, et il n’est donc pas illogique de voir débarquer sa novélisation au sein de la collection de Faute de Frappe. Comme les autres livres de la collection, celui-ci maintient le cap éditorial visant à retranscrire aussi fidèlement possible l’intrigue de son modèle, tout en y ajoutant une pincée de nouveauté et d’enrichissement des situations et des personnages. De fait, les grandes lignes du scénario signé à l’époque par John Clifford sont bien là, l’auteur Andrew Rausch conserve la structure générale, la fuite en avant du personnage de Mary qui, suite à un accident de voiture fatal à ses amies, va entamer un long périple dans une Amérique fantasmée et fantasmagorique des années 50, la menant tout droit vers une inquiétante demeure.

Une conclusion inédite
Andrew Rausch, auteur de livres sur Quentin Tarantino et Stephen King, également rédacteur web au magazine Diabolique, mais aussi scénariste du film Dahmer vs. Gacy, retranscrit très fidèlement l’atmosphère onirique du film, comme un étrange mélange entre Alice au Pays des Merveilles et Psychose, dans lequel la protagoniste va multiplier les rencontres les plus improbables et mystérieuses. Parmi les personnages, figure le terrifiant auto-stoppeur, qui n’est pas sans évoquer l’homme Mystère de Lost Highway, comme un invariable et menaçant avertissement, revenant à intervalles réguliers hanter la jeune femme. La plume de Rausch est alerte, tout en dépeignant une atmosphère horrifique entre le cauchemar et la réalité corrompue. Le roman déroule son intrigue de manière fidèle mais l’édition mérite qu’on s’y attarde puisqu’elle propose une fin alternative, en plus de celle du film original. Un épilogue dont on ne révélera rien pour ne pas déflorer quoique ce soit de la conclusion des deux œuvres, mais on peut affirmer qu’il s’agit d’une réinterprétation qui change drastiquement la perception de l’histoire…
Quoi qu’il en soit, cette novélisation entérine le statut d’œuvre culte et dérangeante de ce récit qui a marqué le public depuis plus de six décennies et qui n’a rien perdu de son formidable pouvoir d’évocation.

LE CARNAVAL DES ÂMES. D’Andrew Rausch (USA – 2020).
Genre : Epouvante. 230 pages.
Edité par Faute de Frappe (28 mai 2025).

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