Depuis la sortie de CARRIE AU BAL DU DIABLE en 1976, on ne compte plus les nombreuses adaptations des œuvres de Stephen King. 2025 est l’année de bien des titres avec THE MONKEY, LA VIE DE CHUCK, MARCHE OU CREVE, RUNNING MAN et la très attendue série WELCOME TO DERRY… Mais cette cuvée spéciale est aussi marquée par le retour d’une adaptation oublié qui a fait son grand retour le 16 octobre : LES DEMONS DU MAÏS. Une fois de plus, on ne peut que remercier l’équipe de Rimini Editions qui, pour Halloween, a décidée de rééditer en Blu-ray / DVD les trois premiers opus. Mais comment est né cette saga qui aura marqué les esprits pendant plus de trente ans ?
Avant d’être une série de films destinée au petit écran, LES DEMONS DU MAÏS est issue d’un recueil de nouvelles de Stephen King. Sorti initialement en 1980 aux éditions J’ai Lu (1978 pour la version originale), Danse Macabre est la quatrième œuvre de Stephen King. Mais aussi son premier recueil de nouvelles. Un ouvrage que j’ai découvert très jeunes après SIMETIERRE et ÇA (mon premier) qui restent mes ouvrages fétiches au fil des années passées à parcourir son œuvre (vous pouvez retrouver ma chronique du recueil ici). Ce n’est que quelques années plus tard que j’ai découvert l’adaptation de la nouvelle avec LES MOISSONS DE LA TERREUR, troisième opus qui me faisait de l’œil dans le vidéoclub. Très vite, j’ai dévoré les précédents avant de découvrir les nombreuses suites. En effet, d’une simple nouvelle, sont nés pas moins de dix films à la qualité discutable sortis entre 1984 et 2018. Mais loin de moi l’envie de vous assommer avec l’intégralité de la franchise ! Installez-vous confortablement, faîtes chauffer le pop-corn et partons à la découverte de la trilogie originale.
LES DEMONS DU MAÏS de Fritz Kiersch (1984)
Tout débute à Gatlin dans le Nebraska. Comme chaque dimanche, la majeure partie des concitoyens est à la messe. Sa petite sœur étant souffrante, Job (Robby Kiger ) y va accompagné de son père afin de prier pour son rétablissement. Après avoir écouté le sermon dominical, ce dernier s’arrête dans le bar local avec son paternel. L’occasion de se prendre un petit rafraîchissement, et de prendre des nouvelles de sa frangine (Anne Marie McEvoy) encore fiévreuse. Mais il ne rentreront jamais chez eux, les enfants du coin ayant orchestré un massacre de grande ampleur décimant un à un tout les adultes de la ville. Trois ans plus tard, Burt (Peter Horton) et Vicky (Linda Hamilton) parcourent les routes de l’état. Perdus au milieu de nulle part, ils percutent sur la route un jeune garçon. Cherchant le poste de police le plus proche, ils vont échouer malgré eux à Gatlin. Mais ce qui semble d’apparence une ville fantôme leur réserve de bien mauvaises surprises…

D’une simple nouvelle à dévorer sur la route des vacances, débute une histoire qui n’est pas sans rappeler LE VILLAGE DES DAMNES. Plus l’ombre d’un adulte ne plane dans cette petite bourgade. À l’exception du pompiste bien utile pour les cultures et la survie des bourreaux. Pas de tueur déguisé en épouvantail, mais une bande déterminée d’enfants psychotiques. Menés par Isaac (John Franklin), ces derniers n’hésitent pas à exterminer toute personne majeure croisant leur route. Le prophète les tient sous son pouvoir, prétendant être le porte-parole du dieu du maïs à qui ils font régulièrement des offrandes (majoritairement les membres de leur communauté ayant atteint l’âge adulte). Et qui n’hésitera pas à leur faire subir le même sort s’ils tentent de fuir. Mais le doute s’installe avec Malachai (Courtney Gains) qui n’hésite pas à tenir tête au leader. Préférant l’usage de la violence aux discours bibliques.

C’est dans ce joyeux bordel que va tomber notre jeune couple qui est le futur repas du géant vert. Sous son aspect religieux bercé au rythme de la mélodie de Jonathan Elias, se cache un film terrifiant qui nous tient en haleine jusqu’au grand final. Une petite pépite de la folk horror qui malgré son âge tient encore la route. Mais est-ce le cas pour les opus suivants ?

LES DEMONS DU MAIS (Children of the Corn). De Fritz Kiersch (États-Unis – 1984).
Genre : Horreur, Folk horror. Scénario : George Goldsmith (d’après la nouvelle Les Enfants du maïs de Stephen King). Photographie : João Fernandes (crédité sous le pseudonyme de Raoul Lomas). Interprétation : Peter Horton , Linda Hamilton , Robby Kiger , Anne Marie McEvoy, John Franklin , Courtney Gains , R. G. Armstrong , Jonas Marlowe, Julie Maddalena, John Philbin … Musique : Jonathan Elias. Durée : 88 minutes.
Disponible chez Rimini Editions en Combo DVD / Blu-Ray (16 octobre 2025).
LES DEMONS DU MAÏS 2 : LE SACRIFICE FINAL de David F. Price (1992)
Presque dix ans après l’adaptation de la nouvelle, un nouvel opus débarque dans nos vidéoclubs. Fritz Kiersch s’éclipse pour laisser la caméra à David F. Price, un réalisateur quasi-inconnu au bataillon à qui l’on doit notamment DR. JEKYLL ET MS. HYDE en 1995 ainsi que sa participation à la série L’IRREEL : INCROYABLES TEMOIGNAGES sur Netflix. Mais comment faire un second film à partir d’une simple nouvelle ? L’intrigue de cette suite débute peu de temps après les événements du film original. Burt et Vicky ont quitté Gatlin en compagnie de Job et de sa sœur et ont pris soin de contacter les autorités. Nous découvrons alors le corps des adultes disparus entassés dans une grange. Les enfants qui tiennent tous le même discours « J’ai vu le maïs » comme seule réponse aux nombreuses questions posé par les autorités sont envoyés dans la ville voisine. L’occasion pour les journalistes qui pensent tenir le scoop du siècle de venir fouiner dans les parages. Parmi eux, John Garret (Terrence Knox) qui est accompagné de son fils Danny (Paul Scherrer) afin de tenter de réaliser un papier afin de redorer le blason de sa désastreuse carrière de journaliste. Le début d’une enquête minutieuse qui cache d’autres secrets, dont le retour du dieu des tumultes, toujours aussi meurtrier…

Beaucoup moins percutant que son ainé, LES DEMONS DU MAÏS 2 : LE SACRIFICE FINAL reste une sympathique série B. La magie des enfants tueurs n’opérant plus, cette suite met l’accent sur les adultes. En quête de vérité, John et Danny ont pris leurs quartiers chez Angela (Rosalind Allen), propriétaire du Bed & Breakfast local. Mais Micah (Ryan Bollman) le jeune garçon orphelin qu’elle a recueilli, va rapidement devenir le nouveau prédicateur, sans arriver à la cheville d’Isaac qui était vraiment terrifiant. Avec un scénario qui tient sur un timbre-poste, le film parvient quand même à creuser le mythe. Il est intéressant de découvrir les restes de la ville de Gatlin, dont l’école où le carnage pouvait être prédit vu les dessins des rejetons. Mais ce dernier s’éparpille avec une pseudo-légende indienne qui s’écroule rapidement. Au final, nous n’avons droit qu’à une revisite de l’original qui offre malgré tout quelques tensions et une dose correcte d’hémoglobine. Une série B restée dans son jus, mais qui à le mérite de vouloir prolonger la nouvelle avant de se perdre dans les champs. On a de justesse évité le pire, mais pour combien de temps ?

LES DEMONS DU MAIS 2 : LE SACRIFICE FINAL (Children of the Corn 2: The Final Sacrifice). De David F. Price (États-Unis – 1992).
Genre : Horreur, Folk horror. Scénario : A.L. Katz & Gilbert Adler (d’après la nouvelle Les Enfants du maïs de Stephen King). Photographie : Levie Isaacks. Interprétation : Terrence Knox , Paul Scherrer , Ryan Bollman , Christie Clark, Rosalind Allen , Ned Romero, Wallace Merck , … Musique : Daniel Licht. Durée : 94 minutes.
Disponible chez Rimini Editions en Combo DVD / Blu-Ray (16 octobre 2025).
LES DEMONS DU MAÏS 3 : LES MOISSONS DE LA TERREUR de James D. R. Hickox (1995)
Après un deuxième opus à la qualité discutable, il n’aura fallu que trois ans pour que la franchise ne se trouve un nouvel adepte : James D. R. Hickox, autre réalisateur à la carrière fulgurante dans le domaine du DTV, qui signe donc LES DEMONS DU MAÏS 3 : LES MOISSONS DE LA TERREUR. Fini de se promener dans la campagne du Nebraska, il est temps de mettre le cap vers Chicago. Tout débute à Gatlin ou deux enfants sont envoyés en famille d’accueil après la mort de leur paternel. Il est temps pour Joshua (Ron Melendez) et Eli (Daniel Cerny) de rencontrer leur famille adoptive et de découvrir la grande ville. N’ayant pas d’enfants, c’est une joie pour les Porter (Jim Metzler & Nancy Lee Grahn) de recueillir ces deux jeunes. Alors que Joshua s’intègre rapidement, Eli reste souvent en retrait des autres élèves. Mais étant le nouvel Isaac, il ne lui faut que peu de temps pour recruter de nouveaux adeptes avant la prochaine moisson…

Avec beaucoup moins de temps entre les deux suites, LES MOISSONS DE LA TERREUR joue la carte de l’originalité en nous plongeant dans un milieu urbain. Le pitch de base étant déjà bien usé, on pourrait craindre un scénario fade et sans saveur… Mais James D. R. Hickox parvient à nous surprendre ! Eli parvient à reprendre le flambeau d’Isaac en étant tout aussi punitif, n’hésitant pas à décimer les adultes trop curieux, dont le père Nolan (Michael Ensign) dont la foi va être mise à rude épreuve. L’atmosphère est pesante, les exécutions sont plutôt réussies. Jusqu’à un final sanglant mais gâché par la matérialisation du démon qui fait aussi peine à voir que l’araignée de ça sortie deux ans plus tôt. Une suite qui s’en sort avec mention assez bien, mais qui n’arrive pas à briller tout comme l’opus original.

LES DEMONS DU MAIS 3 : LES MOISSONS DE LA TERREUR (Children of the Corn 3: Urban Harvest). De James D. R. Hickox (États-Unis – 1995).
Genre : Horreur, Folk horror. Scénario : Dode B. Levenson, Matt Greenberg (d’après la nouvelle Les Enfants du maïs de Stephen King). Photographie : Gerry Lively. Interprétation : Daniel Cerny , Ron Melendez, Jim Metzler , Nancy Lee Grahn, Jon Clair, Mari Morrow, Michael Ensign, … Musique : Daniel Licht. Durée : 92 minutes.
Disponible chez Rimini Editions en Combo DVD / Blu-Ray (16 octobre 2025).
Le coffret Blu-ray de RIMINI EDITIONS
Une fois de plus, on ne peut que saluer le travail de la team Rimini Editions qui a eu l’excellente idée de nous proposer la trilogie originale en version haute définition. Trois classiques à (re)découvrir que vous soyez fans ou curieux. Mais je ne peux que vous déconseiller les suites plus désastreuses les unes que les autres… Côté disque, les trois films ont été tournés en pellicule 35 mm et sont proposés au format respecté 1.85:1 pour le premier opus, mais au format non respecté 1.78:1 (au lieu de 1.85:1) pour les deux suivants. Une belle prouesse sachant que la restauration a été faite à partir des négatifs originaux. Le grain argentique est présent de manière modérée même si cela se ressent lors de certaines scènes où la restauration a dû être plus difficile. Rien à redire côté colorimétrie avec un respect des couleurs qui ressortent de manière précise dans les champs de maïs. Les scènes de nuit restent de bonne facture également, même si certaines sont plus ternes ce qui est justifiable vu le maigre budget des films. Sur le plan audio, l’éditeur propose une piste VO en DTS-HD Master Audio 5.1 pour l’opus original et un DTS-HD Master Audio 2.0 en VO comme en VF pour la trilogie. Des pistes très correctes dans l’ensemble même si j’ai un petit penchant pour la VO que j’ai trouvée un poil plus nette. Le coffret inclus comme toujours un livret comprenant 52 pages revenant sur la nouvelle de Stephen King et l’ensemble de la saga.


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