Mon TOP 2025
1- SIRAT d’Oliver Laxe (Espagne, France)

Ce fut une déflagration que ce SIRAT ! Avant tout un monument sensoriel qui fait résonner les free-party de son récit jusqu’aux enceintes des salles obscures pour des instants époustouflants, dramatiquement aboutis, une apocalypse grandiose mais toujours intime, avec des personnages qui nous accrochent dans leur perdition de plus en plus grande et profonde. Un film punk, gargantuesque et sensationnel qu’il ne fallait absolument pas manquer au cinéma !
2- BUGONIA de Yorgos Lanthimos (Irlande, Corée du Sud, Canada, USA)

BUGONIA, puissamment misanthrope, signe un (rapide) retour après l’exceptionnel KINDS OF KINDNESS, qui mordait à pleines dents dans les débuts grec de Yorgos Lanthimos. Œuvre profondément à bout de souffle et pessimiste, ce remake de SAVE THE GREEN PLANET (2003) de Jang Joon-hwan est bien plus désespérément sérieux que l’original, délaissant la farce comique pour le cynisme sardonique. On sent depuis PAUVRES CREATURES (le seul métrage à peu près « mainstream » de Lanthimos), un besoin pour le cinéaste de crier son message à un peu plus que sa troupe d’afficionados et cela fonctionne, il ouvre son public en faisant par exemple d’Emma Stone sa muse mais n’oubliant jamais tout ce qu’il veut porter.
3- REFLET DANS UN DIAMANT MORT d’Hélène Cattet et Bruno Forzani (Belgique, Luxembourg, Italie, France)

Il est dur de parler d’un film aussi hyperactif et électrique le dernier Cattet et Forzani ; ça tabasse, beaucoup de références à la BD fumetti italienne et une proposition unique et gore. Un bonbon visuel, du grain à tous les étages, du film policier français à la Delon et une atmosphère explosive et déjantée, avec cent idées visuelles et scénaristiques à la minute. L’un des grands films de 2025, une folie.
4- EDDINGTON d’Ari Aster (USA)

On peut dire qu’ici, Ari Aster se perd, digresse, aborde mille et une choses mais c’est avant tout une œuvre qui essaye, parfaitement écrite, à la mise en scène foisonnante et un propos qui tire sur l’Amérique au total, sans vraiment choisir son camp. Sacrément absurde, triste, c’est anxiogène et angoissé, un pur film d’action anti-spectaculaire où les téléphones sont notre poison (la scène avec les tirs filmés, le revolver dans une main, l’Iphone dans l’autre). Ari Aster se fout d’avoir un grand casting, il exploite ce qu’il faut, quand il faut, sans jamais gâcher.
5- THE UGLY STEPSISTER d’Emilie Blichfeldt (Norvège, Pologne, Danemark, Suède)

Revisite kitsch, glauque et jusqu’au-boutiste de Cendrillon, ce UGLY STEPSISTER prouve (encore une fois) que le cinéma danois est bien vivant. Abordant un féminin qui fait tout pour plaire, quitte à se réduire à néant, le métrage résonne forcément avec notre époque. Une réalisation sublime, un goût de l’humour noir à crever de rire ; la recette ne peut que vous satisfaire !
Bonus Festival – SILENCIO d’Eduardo Casanova (Espagne)

Découvert au PIFFF 2025. Eduardo Casanova offre ici son œuvre la plus aboutie, le sale gosse de PIELES et LA PIETA insérant désormais – entre pléthores de touches d’humour noir du drame – de l’émotion brute. Tour à fait bizarre, carrément queer, SILENCIO est aussi un magnifique hommage aux séropositifs. Toujours foisonnant, il est rare que je dise cela d’un métrage mais c’est un absolu chef-d’œuvre qui va d’une esthétique jusqu’au-boutiste à des effets spéciaux ultra-créatifs en passant par des cadres parfaits, des interprétations sublimes et des dialogues extraordinaires, coupants et viscéraux.

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