Avec LE CRI DES TENEBRES, Rimini Editions remet en lumière un thriller horrifique trop longtemps resté dans l’ombre. À l’occasion de sa sortie en combo Blu‑Ray + DVD, je vous propose de (re)découvrir l’œuvre de Wiliam Fruet qui bénéficie enfin d’une édition soignée permettant de redécouvrir toute la noirceur de ce petit classique oublié du cinéma de genre.

Tout débute à Northampton, une petite ville rurale de l’Ontario où Heather Chalmers (Lesleh Donaldson) vient passer l’été chez sa grand-mère Maude (Kay Hawtrey) qui a décidé de transformer sa modeste demeure en maison d’hôtes. L’occasion de transformer l’ancien salon funéraire en un lieu plus attrayant. Mais entre le comportement assez suspect de sa grand-mère et les clients qui disparaissent mystérieusement, Heather va passer un séjour des plus sinistres…

Dead and Breakfeast

Cinéaste d’horreur ayant oeuvré tant pour les salles obscures que pour le petit écran, William Fruet a une filmographie des plus surprenante allant du sympathique WEEK-END SAUVAGE (1976) à de nombreuses séries culte dont ALFRED HITCHCOCK PRESENTE, CODE ETERNITY et CHAIR DE POULE qui aura marqué les enfants des 90’s. Un palmarès surprenant et pourtant, je dois vous avouer que LE CRI DES TENEBRES était une découverte totale, n’ayant jamais entendu parler du film jusqu’à sa réédition chez Rimini (merci à toute l’équipe une fois de plus).

Passé le générique, nous découvrons un film dont le rythme est volontairement lent. La mise en scène soignée permet d’admirer le cadre ainsi que la magnifique maison à pignons dans laquelle se situera la majeure partie du film. Sur le coup, on a juste envie de profiter du calme reposant de la campagne jusqu’à l’arrivée des premiers vacanciers qui, comme vous vous en doutez, ne feront pas de vieux os. La tension monte alors d’un cran ! Alors qu’un flic chevronné enquête sur une mystérieuse série de disparitions qui frappe la ville depuis environ deux ans, la mort commence à frapper ce cadre isolé sous le regard innocent d’Heather. Mais le plus troublant reste le comportement étrange de Maude, sa grand-mère. Sous ses petits airs de mamie chill que l’on a envie de câliner avant de prendre un cookie tout juste sorti du four, on découvre en réalité une femme encore troublée par la disparition de son mari et aux idées bien arrêtées ! De lourds secrets sont dissimulés dans cette demeure comme vous vous en doutez… Mais que cache la cave qui était autrefois utilisée pour conserver les corps ? Avec qui Maude discute-t-elle chaque soir dans cet endroit sinistre à l’abri des regards ?

À travers cette ambiance oppressante que l’on ressent à travers le lourd passé de cette famille dysfonctionnelle, on ne peut que faire la filiation avec les œuvres de feu Alfred Hitchcock et plus particulièrement PSYCHOSE. Mystère et révélations macabres flirtent ici avec adultère… Des thématiques qui sont cœur de ce film où la violence est plus suggestive que graphique. Les scènes de gore sont peu nombreuses, mais la peur nous prend aux tripes et ne nous lâche pas d’une semelle jusqu’à un final qui fait sens, mais qui malgré son inspiration très flatteuse à l’égard de Norman Bates, reste dans son ombre.

Malgré tout, LE CRI DES TENEBRES reste un petit bijou que je ne peux que vous conseiller en tant qu’amateur du genre. Nombreuses sont les chambres disponibles à cette période de l’année, mais pensez à vous enfermer à double tour une fois la nuit tombée…

Note : 4 sur 5.

LE CRI DES TENEBRES (Cries in the Night). De William Fruet (Canada– 1980).

Genre : Horreur, Thriller. Scénario : Ida Nelson. Photographie : Mark Irwin. Interprétation : Kay Hawtrey, Lesleh Donaldson, Barry Morse, Dean Garbett, Stephen E. Miller, Alf Humphreys, Peggy Mahon, Harvey Atkin, Robert Warner, Jack Van Evera, Les Rubie…Musique : Jerry Fielding. Durée : 93 minutes.
Distribué par Rimini Editions (Février 2026).

Niveau image, cette version a été reconstituée à partir de diverses sources internationales de la pellicule 35 mm. L’éditeur nous indique donc que la qualité peut varier par moments. Malgré tout, en ressort une version proposée en 1080p AVC, au format 16/9 avec un ratio d’image 1.85 qui est dans l’ensemble de bonne facture. On retrouve par moments un petit aspect flou et un grain parfois perceptible, mais rien de bien méchant au vu de l’état du matériel original. Côté son, on retrouve ici une piste en VF et une seconde en VO toutes deux proposée avec un DTS HD Master Audio 2.0. L’aspect mono d’origine se ressent sur la première piste, je ne peux donc que vous recommander d’opter pour la seconde version qui est plus qualitative.
Et les bonus ? Malheureusement, pas de suppléments disponibles sur le Blu-Ray et le DVD mais le livret de 24 pages de Marc Toullec dédié au réalisateur est une fois de plus le compagnon idéal pour la fin de séance. En bref, la qualité est une fois de plus au rendez-vous avec ce nouveau titre de la collection Angoisse de chez Rimini Editions que vous pouvez vous procurer chez différents revendeurs, dont Metaluna Store.

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