Au fil de sa carrière, Clive Barker aura adapté plusieurs de ses œuvres sur grand écran. Alors que les classiques comme Hellraiser, Cabal et l’intemporel Candyman sont sur toutes les lèvres, on s’attarde aujourd’hui sur un film moins connu : Rawhead Rex, le monstre de la lande. Cette histoire est issue du troisième tome de la saga Les Livres de Sang, et Clive Barker confie la réalisation à George Pavlou, avec qui il avait déjà collaboré sur le sympathique mais pas sans défauts Transmutations un an plus tôt. Le tournage se fera en Irlande au sud de Dublin a un budget modeste et avec une équipe d’acteurs principalement connus pour des seconds rôles. Ce qui va se ressentir durant 90 minutes.

Ayant quitté les U.SA pour aller faire des recherches historiques sur l’arrivée du christianisme en Irlande, Howard Hallenbeck (David Dukes) accompagné de sa femme (Kelly Piper) et de ses enfants (Cora Lunny & Hugh O’Conor) est intrigué par une ancienne église. Pendant ce temps, un fermier tentant de retirer une obélisque aussi massive que dangereuse va malgré lui libérer une créature ancestrale qui va faire un carnage : le Rawhead Rex…

Exit les vilains croque-mitaines et les ados en chaleurs qui étaient légions dans les films à l’époque, on prend plaisir ici à découvrir la campagne irlandaise à travers un film qui explore le folklore local sur fond de religion. Une thématique récurrente dans les œuvres de Clive Barker, ne serait-ce qu’à travers le personnage de Pinhead. Un genre peu présent sur les écrans à l’époque mais le film fera profil bas ne parvenant pas à terrifier le spectateur. La faute aux effets spéciaux un peu cheap là où Stan Winston crèvera l’écran deux ans plus tard avec Pumpkinhead : Le Démon d’Halloween. Les erreurs passées du réalisateur ont la dent dure, ce qui amènera l’auteur totalement en désaccord avec ce-dernier à se désolidariser totalement du film dont il a pourtant signé le scénario. On perd tout l’aspect de ce qui était initialement décrit dans la nouvelle et même la performance de Heinrich von Schellendorf dans le rôle de la créature ne parviendra pas à sauver les meubles.

Malgré un scénario de bonne facture, Rawhead Rex, le monstre de la lande souffre malheureusement d’un casting trop novice et d’une coupe budgétaire qui détruit son fort potentiel. Une série B divertissante et qui trônera fièrement aux côté des films ratés et parfois oubliés sur l’étagère. Ce qui est regrettable…

Note : 2 sur 5.

RAWHEAD REX, LE MONSTRE DE LA LANDE (Rawhead Rex). De George Pavlou (Royaume-Uni – 1986).
Genre : Horreur.
Scénario : Clive Barker.
Photographie : John Metcalfe.
Interprétation : David Dukes, Kelly Piper, Niall O’Brien, Niall Toibin, Heinrich von Schellendorf…
Musique : Colin Villes.
Durée : 90 minutes.
Disponible en Blu-ray chez Rimini Editions (15 novembre 2024).

Le Blu-ray de RIMINI EDITIONS. Même si l’on regrettera l’absence d’un blu-ray 4K disponible à l’étranger, l’éditeur a une fois de plus mis les petits plats dans les grands pour nous offrir une version de qualité. L’image a bénéficié d’un joli travail de restauration, notamment pour les scènes de nuit/sombres ce qui est parfois difficile. Pas de 5.1 pour l’audio mais un très bon DTS HD Master pour la version française comme pour la version originale.
Côté bonus, on retrouve la traditionnelle bande-annonce pour les curieux. Mais aussi l’ami Marc Toullec qui nous propose un nouveau livret de 24 pages « Sa majesté le monstre » très complet sur la conception du film. Un plaisir de découvrir comme toujours de très nombreuses informations dont la réception du film par Clive Barker. Une pépite de plus pour la collection Angoisse qui finira 2024 en beauté avec la sortie de Douce Nuit, Sanglante nuit 2 dans un superbe coffret qui comprendra également le premier opus, est actuellement en rupture de stock.

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