Parmi les très nombreuses séries B sorties durant les 90’s, certains auront réussi à s’offrir une petite aura culte au fil des années. On pense bien entendu à l’excellent Braindead de Peter Jackson (1993) qui aura eu droit à son petit concurrent australien sorti directement en VHS chez nous trois ans plus tard : Body Trash.
Dans une petite ville d’Australie, l’entreprise Vitamin Drink mène en secret des expériences sur le E-59. Une molécule qui vous promet d’obtenir un corps de rêve sans privation. Mais les essais cliniques sont un fiasco, causant la mort des patients tests. Le chimiste à l’origine du projet tente de donner l’alerte mais, ayant été infecté, subira le même sort. Alors que la police enquête sur cette mort aussi étrange qu’atroce, nous allons suivre le périple de plusieurs protagonistes victimes potentielles du fameux produit. L’occasion de découvrir tout l’aspect néfaste de ce dernier, qui va générer bien des mutations, laissant toute une pile de cadavres en guise d’indice. Les forces de l’ordre parviendront-elles à stopper le massacre à temps ?

Un vibrant hommage aux classiques du genre
Pensé à la base comme un film à sketches, Body Trash est au final devenu un sympathique long-métrage réalisé avec un petit budget mais beaucoup d’amour par Philip Brophy. A une époque où les films de l’Ozploitation ne sont plus vraiment tendance… Ce dernier titre tire son épingle du jeu en s’inspirant des classiques du genre. Les amateurs de body horror vont être servis en retrouvant bon nombre de références à des pépites comme Re-Animator, Toxic Avenger… Mais aussi au sous-genre de l’Areobics-sploitation à travers le discours de l’entreprise qui, trente ans après sa sortie, nous replonge dans le percutant The Substance de Coralie Fargeat. Et à son court-métrage Salt, Saliva, Sperm and Sweat sorti en 1988. Le scénario est bien pensé, les effets spéciaux n’ont pas à rougir face à certains titres de l’époque… Le tout enchaînant les mises à mort qui vous explosent au visage, tout comme le pénis de Mr Muscle, où le fœtus qui, une fois échappé du corps de sa mère, n’hésite pas à bondir sur son géniteur pour lui donner le coup de grâce. Un cocktail barjo qui manque juste de cohésion sur le long terme, mais reste jouissif du début à la fin.

BODY TRASH (Body Melt). De Philip Brophy (Australie – 1993).
Genre : Horreur, Comédie horrifique. Scénario : Philip Brophy, Rod Bishop. Photographie : Ray Argall. Interprétation : Gerard Kennedy, Andrew Daddo, Ian Smith… Musique : Philip Brophy. Durée : 83 minutes.
Disponible chez Rimini Editions en Combo DVD / Blu-Ray (16 mai 2025).
Le Blu-ray de RIMINI EDITIONS. Sur le plan technique, le film est proposé avec une piste française en DTS-HD Master Audio 2.0 pour la VF et en DTS HD Master Audio 5.1 pour la VO. Le son est d’excellente facture pour les deux versions, nous permettant de savourer les dialogues et les bruitages dégoulinants durant le visionnage. Côté image, exit le bon vieux DVD de 2006 pour une restauration de qualité. L’ensemble a bénéficié d’un coup de neuf qui sublime la colorimétrie, le cadrage tout en conservant avec brio l’argentique d’origine. Quelques séquences sont un peu en berne (la cause d’un négatif vieillissant selon moi). Mais on peut saluer le travail d’orfèvre et le soin apporté pour nous proposer un film remis à neuf pour le plus grand plaisir des cinéphiles.
Comme toujours, la qualité est au rendez-vous chez Rimini Éditions qui ne cesse de nous surprendre avec les titres de la collection Angoisse que nous avons plaisir à vous présenter régulièrement. On retrouve comme toujours le traditionnel combo DVD/Blu Ray dans un super digipack comprenant également un livret de 24 pages de l’ami Marc Toullec : « 13 morts sur ordonnance ». Mais aussi une superbe présentation du film signée Lilyy Nelson. Une intervenante du Blog du cinéma. L’occasion de revenir sur la genèse du film, ses inspirations et les genres que l’on retrouve dans ce dernier. Merci Lilyy pour ce voyage hors du temps qui nous rappelle le bon vieux temps de l’Ozploitation…


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