Mon TOP 2025
1- EDDINGTON d’Ari Aster (USA)

Après un BEAU IS AFRAID très personnel qui avait autant séduit que divisé le public, le cinéaste Ari Aster se reconnecte à son pays et au Monde en général avec EDDINGTON, un western ultra contemporain et férocement ancré dans l’actualité. Entre complotisme, Covid, réseaux sociaux, célébrité éphémère et individualisme forcené, ce quatrième long-métrage du réalisateur est une grenade dégoupillée balancée dans les pattes du monde. Un film éminemment politique, dont le discours ravageur ne se départit pas d’un sens de l’humour (très) noir et assez savoureux. Un grand film de (et sur) son temps, qui terrasse en bout de course. Et un cinéaste toujours aussi précieux dans le paysage cinématographique actuel.
2- EVANOUIS de Zach Cregger (USA)

La bombinette BARBARE sortie sans prévenir en 2022 n’était pas qu’un coup pour rien. Trois ans plus tard, Zach Cregger revient, au cinéma cette fois, avec EVANOUIS, et nous assure un uppercut à la fois puissant et enthousiasmant. Une histoire plus ample, des thématiques en veux-tu en voilà, une maîtrise de la mise en scène qui laisse pantois. A quelques encablures de Stephen King, le réalisateur nous envoie avec ce WEAPONS (en VO dans le texte) un film furieusement politique, ancré dans son époque, au même titre qu’Eddington et 28 ans plus tard. Un sacré tour de force !
3- 28 ANS PLUS TARD de Danny Boyle (USA, Royaume-Uni)

On l’aura attendu ce 28 ANS PLUS TARD ! Après un premier opus qui a électrisé le public, une suite plus mal-aimée et pourtant pas moins brillante, Danny Boyle et le scénariste Alex Garland se sont rabibochés pour le bien de cette saga qui se devait d’offrir une continuité tant son message politique et humaniste se révèle aujourd’hui d’autant plus d’actualité. Cette premiere partie (la seconde signée Nia DaCosta doit sortir d’ici peu, début 2026) est aussi ambitieuse que redoutablement efficace et chargée émotionnellement dans sa dernières partie. Avec une bande originale signée Young Fathers foudroyante. ENORME !
4- SINNERS de Ryan Coogler (USA)

La force de SINNERS de Ryan Coogler n’est pas nécessairement là où on l’attend. Pas forcément dans sa deuxième partie qui respire bon le déchainement et l’orgie vampirique à la UNE NUIT EN ENFER de Robert Rodriguez (qu’il vaut mieux garder dans un coin de sa tête plutôt que de revoir…) Mais plutôt dans sa reconstitution de cette Amérique des années 30, qui évolue au rythme de la ségrégation raciale, de la musique noire (mais pas que) et surtout de sa transmission. Porté par la mise en scène toujours aussi évocatrice de Coogler, SINNERS porte en son sein l’une des plus belles séquences musicales (et cinématographique tout simplement) de l’année. Et sûrement l’une des meilleures BO également.
5- LE DOSSIER MALDOROR de Fabrice Du Welz (Belgique, France)

Un des premiers films de l’année 2025 au cinéma. Déjà un gros coup derrière la nuque avec cette histoire librement adaptée de l’affaire Dutroux, traumatisme encore palpable en Belgique. Avec ce film qui s’appuie sur des éléments issus de la réalité et un développement purement fictionnel, Fabrice Du Welz met en lumière un système judiciaire au bord de l’implosion et gangréné par des dysfonctionnements coupables. Sans oublier de distiller un suspense asphyxiant et porté par la prestation d’un Anthony Bajon littéralement chien fou obsédé par son enquête. MALDOROR est déjà lointain dans l’esprit, mais les traces de son impact continuent d’infuser.
Et à quelques encablures derrière : FRANKENSTEIN de Guillermo del Toro (USA, Mexique), WAKE UP DEAD MAN de Rian Johnson (USA), PRESENCE de Steven Soderbergh (USA), DESTINATION FINALE BLOODLINES de Zach Lipovsky et Adam B. Stein (USA), THE SURFER de Lorcan Finnegan (USA, Australie, Royaume-Uni, Irlande)…
Mon FLOP 2025
1- DROP GAME de Christopher Landon (USA, Irlande)

Parce que la quête du high concept va finir par étouffer Blumhouse Productions dans sa propre médiocrité. Parce que Christopher Landon est bien gentil mais sa réputation tient essentiellement sur le dytique HAPPY BIRTHDEAD qui n’était déjà que de la poudre aux yeux. Parce que ce DROP GAME n’était tout simplement ni fait ni à faire…
2- COMPANION de Drew Hancock (USA)

Pour à peu près les mêmes raisons opportunistes et fainéantes que DROP GAME, ce COMPANION a à peu près tous les symptômes du film de petit malin qui pense détenir le concept du siècle. Intelligence artificielle, relations toxiques, twists bêtes à manger du foin… Ce qui aurait pu constituer l’embryon d’un court-métrage intéressant s’étend sur une durée trop longue pour son propre bien. Poubelle !
3- UNTIL DAWN de David F. Sandberg (USA)

De l’expérience vidéoludique narrative proposée par Supermassive Games sur Playstation 4 en 2015, cette adaptation cinématographique n’a entrepris un travail de réflexion qu’en y apposant un concept de boucle temporelle avec des meurtres qui se répètent inlassablement. Quelle incroyable et originale idée censée faire passer la pilule d’un récit méta qui se croit bien plus malin qu’il ne l’est réellement, qui plus est réalisé par un Yes-Man de compétition. Problème majeur : les personnages sont de la chair à canon sans aucune profondeur ni aspérité, campés par des comédiens parmi les pires vus dans le genre depuis longtemps. « C’était l’idée », avanceront les défenseurs du film. Sauf que ça ne fonctionne jamais et rend ce UNTIL DAWN aussi creux et vain qu’une partie aléatoire de Mario Kart. Pour l’ambiance horrifique, on repassera.
4- THUNDERBOLTS* de Jake Schreier (USA)

Présenté un peu vite comme le renouveau du film de super-héros du studio Marvel qui n’a pas terminé son entreprise de javellisation de nos yeux qui n’en demandaient pas tant, THUNDERBOLTS* est-il réellement une déception ? Encore fallait-il en attendre quelque chose. Cette nouvelle équipe censée prendre la relève d’Avengers exsangues (de billets verts) et en bout de course, n’a rien de bien folichon. Ces soi-disant marginaux du super-héroïsme sont rien moins que les frangins mal peignés de leurs aînés, apparemment des révoltés durs à cuirs, mais au final rien de moins qu’une énième itération d’un univers qui s’autoalimente et s’automutile jusqu’à l’écoeurement. Ce THUNDERBOLTS* est aussi long, pénible et mal foutu que ses prédécesseurs, à tel point qu’on ne comprend pas encore comment il a pu faire illusion…
5- M3GAN 2.0 de Gerard Johnstone (USA)

Le premier opus était un incompréhensible succès public, qui avait même su séduire quelques avis critiques. Cette séquelle M3GAN 2.0 s’avère beaucoup moins ratée. Délaissant le film horrifique technologique, le réalisateur Gerard Johnstone rempile avec une idée pas si bête mais casse-gueule : s’engouffrer cette fois sur les plate-bandes de Terminator 2. En résulte un techno-thriller de SF sur l’IA qui fait revenir la M3GAN originale, du côté des gentils cette fois, pour affronter une version améliorée d’elle-même. Evidemment, ça n’atteint jamais la pertinence et le talent déployés dans le diptyque de James Cameron (les suites n’existent pas), mais ça a le mérite d’assumer son côté bourrin et très, très bête. Ca n’en fait pas un bon film pour autant.

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