Après AENIGMA, retour sur une autre des ultimes films de Lucio Fulci. A des années-lumière de ses plus grands chef-d’œuvres, je vous propose aujourd’hui de (re)découvrir NIGHTMARE CONCERT. Un film qui, même s’il ne figurera pas dans votre top des plus grands films du genre, mérite que l’on s’y attarde.
À Cinecittà, nous retrouvons le réalisateur en plein tournage d’un film mettant en scène des officiers nazis. Comme à son habitude, nous découvrons les prémices d’une scène sanglante qui va le troubler, et ce, au point de refuser une belle pièce de viande et un carpaccio lorsqu’il se rend au restaurant pour déjeuner. Troublé par ces événements qu’il n’arrive pas à se sortir de la tête, il décide de se rendre chez son voisin qui est psychologue et hypnotiseur. Pensant pouvoir se sortir de ce mauvais pas grâce à l’hypnose, il va alors être la proie de violentes hallucinations tandis qu’un tueur en série massacre des jeunes femmes aux abords du studio. Lucio Fulci, aurait-il cédé à la folie meurtrière que nous retrouvons avec plaisir dans sa filmographie ?

Obsédé malgré lui
Deux ans avant la sortie de NIGHTMARE CONCERT, la télévision italienne avait commandé à Lucio Fulci une série de téléfilms qu’il devait présenter lui-même. Mais au vu de l’extrême violence des différents métrages, le projet a fini par tomber à l’eau. On pourrait penser à un immense gâchis comme bon nombre de projets oubliés, ou qui finiront au fond d’un tiroir… Mais finalement, la compagnie Executive Cine TV rachètera le tout et proposera au réalisateur de se lancer dans une nouvelle mouture, mais à destination du cinéma. Débute alors une collaboration avec le scénariste Antonio Tentori avec qui en moins de deux semaines, il se lance dans un exercice de recyclage du matériel d’origine associé à de nouvelles scènes tournées avec d’autres acteurs. Un joyeux bordel qui va nous offrir un patchwork oscillant entre les différents genres du cinéma italien et les expérimentations fulciennes.
Entre son micro-budget et ce scénario des plus atypiques, on est d’autant plus surpris de voir Lucio Fulci, suite à un choix des scénaristes, interpréter son propre rôle devant la caméra. En-dehors de sa plongée dans l’antre de la folie, on découvre au fil des meurtres un côté misogyne à travers la mort de jeunes femmes qui vire à l’acharnement obsessionnel. Le rythme est effréné tout comme les scènes de gore que nous découvrons à travers le recyclage d’images d’autres réalisations, dont SOUPCONS DE MORT et LES FANTOMES DE SODOME. NIGHTMARE CONCERT est un film aussi étrange, qu’organique qui, malgré cet aspect chaotique, séduira les amateurs du genre…

NIGHTMARE CONCERT (Un gatto nel cervello). De Lucio Fulci (Italie – 1990).
Genre : Horreur, Giallo. Scénario : Lucio Fulci, Giovanni Simonelli, Antonio Tentori. Photographie : Alessandro Grossi. Interprétation : Lucio Fulci, Paul Muller, Annie Belle, Brett Halsey, Zora Kerova, Paola Cozzo, Maurice Poli, David L. Thompson, Malisa Longo… Musique : Fabio Frizzi. Durée : 87 minutes.
Distribué par Le Chat qui fume (Décembre 2024).
Le Blu-ray du CHAT QUI FUME
Niveau image, le film étant déjà de piètre qualité, l’éditeur a néanmoins réussi à nous proposer un master HD de bonne facture. Et l’ensemble ne manque pas de consistance malgré tout. Côté audio, on retrouve ici une piste en italien uniquement proposée avec un DTS HD Master Audio 2.0 de bonne facture. Une piste solide qui permet de profiter de l’ambiance et des morceaux de Fabio Frizzi pour les nostalgiques.
Concernant les bonus, on retrouve la traditionnelle bande-annonce ainsi qu’une superbe interview du scénariste Antonio Tentori. Il revient sur l’idée d’origine et sa conception du projet, et sur le travail de Lucio Fulci sur ce pan de sa carrière. Un supplément extrêmement complet qui ravira les fans, tout comme l’édition proposée dans son boîtier scanavo avec fourreau cartonné qui est une belle pépite à ranger à côté des autres œuvres du maître.


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