
Au fil des mois, la collection Angoisses de Rimini Editions s’enrichit de titres que nous prenons plaisir à (re)découvrir. Cap sur Toronto avec Les Rats attaquent ou de petits rongeurs accrocs au maïs transgénique ont décidé de repeupler les environs. Rats, requins, serpents ou encore araignées (qui sont d’ailleurs revenues sous les projecteurs avec Vermines de Sébastien Vaniček). Nombreux sont les animaux mis en scène pour exploiter les peurs les plus profondes des spectateurs. Nous pourrions vous citer de très nombreux exemples mais aujourd’hui, c’est le film de Robert Clouse que nous mettons à l’honneur à l’occasion de sa réédition.
Clouse est bien connu des amateurs de films d’arts-martiaux puisqu’il dirigea Bruce Lee en 1973 dans Opération Dragon avant d’épauler la star sur Le Jeu de la Mort, il collabora également avec Steven Spielberg sur le scénario du téléfilm La Chose (Something Evil). C’est en 1977 que Robert Clouse s’essaie au cinéma d’horreur avec Les Assiégés. Un film mettant cette fois-ci en scène une meute de chiens devenus hostiles après avoir été abandonnés par leurs maîtres. Une première entrée en matière dans le genre avant de s’attaquer à l’adaptation du roman de James Herbert : Les Rats sorti en 1974.

Les enfants du maïs
Le film s’ouvre sur une conférence à destination d’élèves universitaires mettant en garde sur la population grandissante des rats par rapport à l’espèce humaine, mais aussi sur la menace qu’ils représentent pour la culture mondiale pouvant en consommer 1/5ème par an. Une mise en garde alarmante qui semble toucher le professeur Paul Harris (Sam Groom) mais aussi Kelly Leonard (Sara Botsford) employée par les services d’hygiène de la ville. Cette dernière sera d’ailleurs au cœur de l’intrigue et ce, dès le début, puisqu’elle ordonne la destruction d’un stock de maïs destiné à nourrir les animaux mais qui aurait subi quelques modifications. Malheureusement, le mal est fait, car les rats vivant à proximité en ont déjà fait leur repas, les transformants alors en rongeurs aussi agressifs que menaçants, faisant d’un pauvre chat errant sur le port leur première victime, tout en cherchant un nouveau refuge.
Un postulat de départ assez original mais qui aurait mérité d’être creusé davantage pour nous offrir une moral écologique sur le fond comme sur la forme. Au delà de quelques scènes de meurtre dans la première moitié du film, on est plus spectateur du triangle amoureux entre Kelly, Paul et son élève Trudy qui ne cesse de lui tourner autour. Cette partie ne sert strictement à rien en dehors du fait de donner plus d’importance à Kelly qui, tentant de faire son travail, se retrouve à subir la pression de son employeur mais aussi celle du maire à l’approche de l’inauguration du nouveau métro qui ne doit sous aucun prétexte être éclaboussée médiatiquement par un scandale sanitaire.

La seconde partie quand à elle nous offre ce que nous sommes venus chercher en appuyant sur la touche lecture de notre télécommande : un carnage ! Une fois lâchés, les rats s’infiltrent partout, n’hésitant pas à dévorer l’employé d’un bowling en pleine maintenance avant de faire un véritable bain de sang durant la projection du Jeu de la mort qui, en plus de constituer un joli clin d’œil au film de Robert Clouse, nous offre l’une des scènes les plus sanglantes du film. La terreur monte ainsi crescendo avant de nous offrir un final plutôt réussi, même si ce dernier semble diverger du livre, un choix décrié par les fans et l’auteur lors de la sortie en salles…
LES RATS ATTAQUENT (Deadly Eyes). De Robert Clouse (Canada – 1982).
Genre : Epouvante, Horreur, Science-Fiction. Scénario : James Herbert, Lonon F.Smith d’après une histoire de James Herbert. Photographie : René Verzier. Interprétation : Sam Groom, Sara Botsford, Scatman Crothers, Cec Linder, Lisa Langlois… Musique : Anthony Guefen. Durée : 87 minutes. Disponible en Blu-ray chez Rimini Editions (12 avril 2024).

Le Blu-ray de RIMINI EDITIONS.
Côté visuel, le film s’offre ici une seconde jeunesse avec une édition HD de bonne qualité dans l’ensemble, même si sur les scènes de nuit ou les plans sombres, le grain original refait rapidement surface. Quand à la partie sonore, DVD et Blu-Ray proposent en VF comme en VO un DTS-HD Master-2.0 de très bonne qualité. On profite pleinement de l’ambiance sonore qui permet également de savourer la bande originale composée par Anthony Guefen qui marquera les esprits tout au long du film. Pas de making-off côté bonus, ce qui est dommage, mais comme pour les différents films de la collection, un petit livret « Dents dures et poings serrés » de 24 pages signé Marc Toullec pour vous en apprendre d’avantage sur le tournage tout en proposant diverses anecdotes.

Laisser un commentaire