Franck Dubosc est connu pour être acteur dans bien des comédies françaises imbuvables de ces dernières années, telles que les Camping ou Le Sens de la Famille ou – plus récemment – Loups-Garous sur Netflix. Bien que cette dernier métrage s’ancre à peu près ans le cinéma de genre, il faut avouer que Dubosc n’est pas le genre de personne dont on pensait parler ici. Et pourtant ! Revenant pour la troisième fois derrière la caméra après Tout le monde debout et Rumba la vie, il nous offre cette fois-ci ce qui était vendu comme un polar comique à la sauce frères Coen dénommé Un Ours dans le Jura. Ce dernier nous raconte le récit de Michel et Cathy, un couple usé par le temps et les difficultés financières, qui ne se parle plus vraiment. Jusqu’au jour où Michel, pour éviter un ours sur la route, heurte une voiture et tue les deux occupants. Deux morts et deux millions en billets usagés dans le coffre, forcément, ça donne envie de se reparler. Et surtout de se taire…

De la poudre aux yeux…
Malheureusement, Franck Dubosc ne sort pas vraiment des chemins qu’il a toujours emprunté, tentant du bout du doigt d’effleurer quelque Coen ou films criminels du genre sans jamais vraiment creuser le cinéma éloigné des sentiers infâmes de la comédie française dont les affiches contiennent titres jaunes et fonds bleus. Alors, oui, quelques répliques détonnent dans la fadeur de l’ensemble mais ne se font pas non plus réellement marquantes. Car les trois quarts du temps où l’humour est employé – soit beaucoup trop souvent – c’est une dégringolade potache et lourde qui prime sans trop arriver à arracher ne serait-ce qu’un minuscule rictus au spectateur. Cependant, il serait faux de dire que Dubosc ne sait pas écrire ses interactions entre personnages, notamment les dialogues et scènes en famille, particulièrement justes lorsqu’ils ne se situent pas dans le comique bateau précédemment abordé. Il est aussi malheureux de voir que le métrage se contente de n’exploiter qu’en surface son influence principale : le cinéma des frères Coen, et plus particulièrement Fargo, où règnent neige et macchabées. Au-delà de ces deux points, il faut avouer que la saveur est bien différente, Dubosc étant un metteur en scène de comédie française tout ce qu’il y a de plus inconséquente et non de thriller anxiogène tout ce qu’il y a de plus haletant et exténuant (dans le bon sens du terme). Un Ours dans le Jura fait tout de la manière la plus superficielle possible, jusqu’à sa direction d’acteurs si ce n’est bâclée, a minima très loin de son plein potentiel. Benoît Poelvoorde, par exemple, n’est ici que dans un jeu assez archétypal et ne dévoilant jamais tout ce que le comédien a en réserve. Mais l’interprétation la plus décevante du lot est sans l’ombre d’un doute celle de Laure Calamy qui arrivait dans sa carrière, notamment dans l’exceptionnel L’Origine du Mal et le pas toujours superbe Bonne Conduite, à se mettre à un niveau exorbitant. Ici, l’actrice dévoile un jeu relativement simpliste, sans performance ou ce grain de folie qu’elle parvient à insérer dans ses personnages. Un Ours dans le Jura est un film bien terne et manquant d’idées à tous les niveaux, dont les promesses partent bien vite en fumée.

UN OURS DANS LE JURA. De Franck Dubosc (France – 2024).
Genre : Comédie, Thriller.
Scénario : Franck Dubosc.
Photographie : Dominique Fausset.
Interprétation : Franck Dubosc, Laure Calamy, Benoît Poelvoorde, Joséphine de Meaux, Kim Higelin…
Musique : Sylvain Goldberg.
Durée : 109 minutes.
Distribué par Gaumont Distribution (1er janvier 2025).

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