Connu pour le succès de The Jane Doe Identity (2016) mais aussi quelques bons films comme Scary Stories (2019) et Mortal (2020), André Øvredal reprend la caméra pour dépoussiérer (une nouvelle fois) le mythe de Dracula avec une nouvelle approche, après l’échec cuisant de Renfield (2023) mais aussi de Dracula Untold (2014) qui avait également pour but de relancer la franchise du côté d’Universal. Dixit l’énième revisite du chef-d’œuvre de Bram Stocker, Le Dernier Voyage du Demeter nous embarque à bord du Demeter, donc, moins connu du grand public mais faisant parti intégrante du récit originel. Un soir de tempête, un navire sur les côtes britanniques. A son bord, les cadavres exsangues des membres de l’équipage ainsi que plusieurs caisses remplies de terres. Que s’est-il passé à bord durant le périple? Qui est responsable de ces atrocités? C’est ce que le réalisateur va tenter de nous faire découvrir pendant ce huit clos de presque deux heures, là ou ce passage ne tenait que sur quelques pages dans le roman sous la forme d’un journal de bord et n’ayant pas été détaillé dans les précédentes adaptations dont Nosferatu de F.W. Murnau et la version de Werner Herzog.

Tout débute en mer bulgare au moment ou l’équipage commence à charger à bord une cinquantaine de caisses qu’ils doivent amener à destination de Londres. Très vite la superstition s’installe, certains ne souhaitent pas monter à bord tandis que d’autres s’embarquent pour une traversée aussi funeste que sanglante sous les ordres de Liam Cunningham (bien connu des fans de Game of Thrones). Alors que le navire vogue paisiblement, divers éléments surnaturels comment à se produire après la découverte d’une passagère clandestine (Aisling Franciosi). Divers animaux sont retrouvés mutilés au petit matin, des bruits étranges se font entendre jusqu’au moment où les membres d’équipage commencent à trouver la mort un à un. Immédiatement, on pense à Predator avec ce tueur invisible écharpant l’un après l’autre nos chers marins mais aussi à à Alien. Même si le décor plutôt soigné en soi n’arrive pas à la cheville du Nostromo, on prend plaisir à parcourir les cales de ce navire tout en prenant garde à ne pas se faire prendre à revers par la chose tapie dans l’ombre. Avec un concept assez audacieux sur le papier et de bonnes idées dès le départ, le film s’essouffle rapidement. Corey Hawkins (un Van Helsing en devenir), comme une bonne partie du casting, peine à convaincre au fil des scènes menant l’enquête sans grande conviction et ne laissant jamais s’étendre les grandes frayeurs tant redoutées. On retiendra cependant la prestation de Javier Botet, qui s’était illustré par le passé dans La Momie (2017), Slender Man (2018) ou encore dans Hostile (2017) et Les Avantages de voyager en train (2019), nous offre un Dracula assez saisissant durant quelques scènes nocturnes plutôt sanglantes, tout comme la scène de l’enterrement du seul enfant bord qui marquera les esprits.

Avec un budget de 45 millions de dollars, Le Dernier Voyage du Demeter s’offre un naufrage XXL en salles, n’ayant rapporté que 6,5M$, laissant place aux autres titres horrifiques de l’été comme En eaux très troubles ou encore La main (vous pouvez retrouver nos avis pour et contre). Une douche froide pour le studio Universal qui a de ce fait annulé la suite du film qui était prévu et verra probablement sa potentielle envie de faire renaître ses célèbres monstres retourner au placard pour les années à venir. Le réalisateur norvégien aura malgré tout accouché d’un film à la photographie réussie et rendant un bel hommage aux classiques du genre. Il est donc regrettable de voir que malgré son potentiel, le film n’aura pas su trouver son public et rencontrer le succès. Si vous avez le mal de mer ou craignez de faire naufrage dans la tempête, je ne peux que vous recommander de revoir les classiques du genre ou tout simplement de (re)lire le roman, ce qui vous fera passer un meilleur moment.

Note : 3 sur 5.

LE DERNIER VOYAGE DU DEMETER (The Last Voyage Of The Demeter). D’André Øvredal (USA – 2023).
Genre: Fantastique / Horreur. Scénario: Zak Olkewicz et Bragi Schut, d’après le chapitre « The Captain’s Log » du roman Dracula de Bram Stoker. Directeurs de la photographie : Roman Osin et Tom Stern. Interprétation : Liam Cunningham, Corey Hawkins, Aisling Franciosi, David Dastmalchian, Javier Botet… Musique : Bear McCreary. Durée : 118 minutes. Distribué par Universal Pictures International France (23 août 2023).

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