Cinquante ans maintenant que L’Exorciste de William Friedkin (récemment disparu, paix à son âme) est sorti dans les salles, un film resté dans les mémoires, admirable sur pas mal de points, même si l’on peut avoir quelques réserves dessus. Il sera suivi de L’Exorciste II : L’Hérétique réalisé par John Boorman (1977), puis du sobrement intitulé L’Exorciste III adapté de son propre roman par William Peter Blatty (1990). Il y eu aussi deux prequels respectivement réalisés par Renny Harlin et Paul Schrader (en fait, un même film, mais deux versions différentes selon chaque réalisateur). Et depuis quelques temps, on entendait parler d’une suite au film originel, réalisée par David Gordon Green, qui s’était déjà chargé de la nouvelle trilogie si décriée d’Halloween. Ce nouveau projet passerait outre toutes les autres séquelles (un requel donc, mélange de reboot et sequel). Le métrage sort finalement ce mercredi 11 octobre 2023 dans les salles obscures françaises. Mais de quoi nous parle ce film qui inquiétait plus qu’il n’était attendu ? Depuis que sa femme a perdu la vie douze ans plus tôt, Victor Fielding élève, seul, leur fille Angela. Un jour, Angela et son amie Katherine disparaissent dans les bois avant de refaire surface 72 heures plus tard sans le moindre souvenir de ce qui leur est arrivé… Il faut avouer que le début, aussi simpliste soit-il, reste plutôt bien fait avec notamment les relations qu’entretiennent les personnages entre eux qui sont plutôt bien mises en place et touchantes. De même, la recherche des disparues s’avère plutôt efficace, même si cette partie est en grande partie dévoilée dans la bande-annonce. Mais plus le film avance, plus les personnages se révèlent inconsistants et sans grand développement. Le fan service est au rendez-vous, le personnage d’Ellen Burstyn (la mère dans le film original) apparaissant sans aucune raison valable. Même le récit, se concentrant sur une intrigue d’exorcisme logique par rapport à l’univers, est assez décousu et redondant, sans jamais arriver à tenir en haleine ; l’ennui prenant le pas face à la flemmardise scénaristique du métrage, ce qui n’est pas étonnant lorsque l’on voit la société de production. Car, même si Blumhouse, productrice-mère de ce requel, a eu quelques fulgurances (dont les trois nouveaux Halloween de David Gordon Green), c’est surtout une boîte de production qui fait peu au niveau du budget, ce qui n’est pas dérangeant en soit mais leurs scénarios sont au minimum, voire les trois quarts du temps, médiocres. Le film essaye en plus, vainement là aussi, de créer l’émotion chez le spectateur mais le manque de profondeur précédemment abordé fait que l’on n’est jamais réellement touché par les moments plus dramatiques. Le pire là-dedans étant que L’Exorciste : Dévotion est une suite officielle de L’Exorciste de 1973, mais n’arrive finalement pas à la cheville du film de Friedkin, qui était admirable autant sur le plan dramatique qu’horrifique. L’Exorciste : Dévotion est un film lamentable et paresseux qui ne donne pas espoir pour les deux autres suites car, comme pour Halloween, David Gordon Green dirigera trois films L’Exorciste dont le deuxième opus, The Exorcist : Deceiver, est prévu le 16 avril 2025 chez nous ; autant dire qu’on le craint plus qu’on ne l’attend.

Note : 1.5 sur 5.

L’EXORCISTE : DEVOTION (The Exorcist : Believer). De David Gordon Green (USA – 2023).
Genre : Horreur, Drame. Scénario : Danny McBride, David Gordon Green, Scott Teems, Peter Sattler… Directeur de la photographie : Michael Simmonds. Interprétation : Leslie Odom Jr., Ann Dowd, Ellen Burstyn, Jennifer Nettles, Norbert Leo Butz, Olivia Marcum… Musique : David Wingo, Amman Abbasi. Durée : 111 minutes. Distribué par Universal Pictures International France (11 octobre 2023).

2 réponses à « [Critique] L’EXORCISTE : DEVOTION de David Gordon Green »

  1. […] 10 octobre 2023 in En Salles // [Critique] L’EXORCISTE : DEVOTION de David Gordon Gre… […]

    J’aime

  2. […] Il y aura d’ailleurs des problèmes similaires avec la dernière production Jason Blum, L’Exorciste : Dévotion. Déjà car, techniquement et même scénaristiquement, l’introduction se tient avec des […]

    J’aime

Répondre à [Critique] LE VOURDALAK d’Adrien Beau – Obsession B Annuler la réponse.