-Films Moyen

[Critique] TED de Seth MacFarlane

Transfuge de la production télévisuelle (American Dad, Les Griffin), l’auteur-réalisateur-acteur Seth MacFarlane déboule au cinéma avec une aura de petit rigolo/poil à gratter de la société américaine. Avec Ted, il balance sur grand écran un beau doigt d’honneur aux bien pensants, en synthétisant ses attitudes « what the fuck ! » au sein d’un petit ours en peluche, dont les moeurs déviantes feraient passer les abominables mouflets de South Park pour des enfants de choeur… L’histoire de ce gamin qui voit son rêve (et celui de millions d’autres), à savoir, posséder un ours en peluche vivant, se réaliser, ne s’embarrasse pas de la rêverie idyllique implicites à un tel postulat, et l’aspect fantastique de l’histoire passe rapidement au second plan. Après une introduction très « spielbergienne » dans sa représentation d’une vie familiale de banlieue (affiche d’Indiana Jones comprise), très vite, MacFarlane grippe la machine à bons sentiments avec l’intervention d’un petit rouquin qui se fait tabasser par ses camarades… parce qu’il est juif. Et le pire, c’est qu’il aime ça !

Voilà en gros le projet de Seth MacFarlane : pervertir le genre de la comédie romantique (et enfantine), avec une accumulation de blagues et de situations trash, essentiellement liées à l’ours en peluche. Le tout saupoudré de clin d’oeil à destination des geeks et autres cinéphiles ayant évolué dans les années 80-90. Un esprit très « Beavis and Butthead » qui aurait percuté le petit monde de Judd Apatow en quelque sorte. Sauf qu’il ne suffit pas de vouloir être transgressif pour réussir un film. Et là, force est de reconnaître que Ted peine à trouver une légitimité dans sa perpétuelle recherche de se la jouer « cool ». Certes, on rit de temps à autre à l’occasion d’une vanne salée bien sentie, ou d’une flatulence balancée au restau. Le problème, c’est que le film ne tient clairement pas la longueur. Il ne suffit pas de donner à voir un ourson mignon en train de fumer de la drogue ou de se taper une fille dans la réserve d’une supérette pour provoquer l’adhésion immédiate du spectateur. On ne compte plus, par ailleurs, ces séquences étirées de dialogues trash entre l’ours en peluche et son ami de toujours John (Mark Wahlberg, qui peine à interpréter un personnage, il est vrai, sans grand charisme), dont on se demande quelle sera la chute… Sauf que de chute, il n’y a pas. Si ce n’est une embarrassante blague pas drôle. Autre problème dans ce Ted qui se veux si irrévérencieux, l’équilibre vainement cherché entre l’esprit provocateur (le caca dans le salon) et la comédie romantique, dont on devine qu’il souhaite pervertir les règles. Seth Macfarlane se prend les pieds dans le tapis de son script, et sombre trop souvent dans de longues séquences de « Rom Com » de base, qui n’évoquent rien au spectateur, tant ce dernier attend impatiemment le grain de sable qui ne viendra jamais. A trop vouloir s’appuyer sur sa trame romantico-débilos, le réalisateur s’y englue et ennuie ferme. Jusqu’à son épilogue, plus mainstream tu meurs…

Sam Jones is God !

Tout n’est heureusement pas à jeter dans Ted. Comme dit plus haut, certains gags font mouche, même si la caractérisation de la peluche est un peu trop à sens unique, et rappelle à ce titre un certain Howard The Duck de triste mémoire… Parmi les bien trop nombreux clin d’oeil au spectateur, la référence au Flash Gordon de Mike Hodges, mètre étalon du nanard friqué, tape juste et constitue la meilleure idée du film, si tant est qu’on y soit sensible. L’utilisation de la musique de Queen et la présence de son acteur principal Sam Jones, font plaisir à voir, d’autant que ce dernier joue à fond de son image de vedette sur le retour et s’investit à corps perdu dans le film. Mais au final, que retient-on de ce Ted ? Une tentative de pochade irrévérencieuse et régressive, dont l’ambition est de placer un adulte pas sorti de l’adolescence face à ses responsabilités, genre : « grandis un peu, bordel ! » et qui souhaiterait péter plus haut que son cul… Mais plus on repense au film, moins on en voit l’intérêt, et plus ses aspects négatifs prennent le dessus. Ce côté petit malin pourra agacer au plus haut point, et contenter les moins regardant, ou tout simplement mettre d’accord un public adolescent qui s’y retrouvera forcément face à cette accumulation de séquences trash. Si pour certains, voir un ours en peluche mimer l’acte sexuel sur une caisse enregistreuse s’applaudit à deux mains, tant mieux. Mais on se réserve le droit de rester dubitatif quant à la portée et l’intérêt de la chose…

TED de Seth Macfarlane (USA – 2012)

Bon

Avec : Mark Wahlberg, Mila Kunis, Joel McHale, Giovanni Ribisi…

À 8 ans, le petit John Bennett fit le vœu que son ours en peluche de Noël s’anime et devienne son meilleur ami pour la vie, et il vit son vœu exaucé. Presque 30 ans plus tard, l’histoire n’a plus vraiment les allures d’un conte de Noël. L’omniprésence de Ted aux côtés de John pèse lourdement sur sa relation amoureuse avec Lori. Déchiré entre son amour pour Lori et sa loyauté envers Ted, John lutte pour devenir enfin un homme, un vrai !

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