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[Critique] SWEET HOME de Rafa Martinez

Avec SWEET HOME réalisé par Rafa Martinez, le cinéma de genre espagnol démontre qu'il est toujours vigoureux, à défaut d'être complètement original...

SWEET HOME de Rafa Martinez

SWEET HOME de Rafa MartinezLe cinéma de genre espagnol poursuit son bonhomme de chemin, avec, mine de rien, un joli parcours ces dernières années, et des œuvres marquantes qu’on ne présente plus comme celles de Jaume Balaguero, Alex de la Iglesia et autres Alejandro Amenabar. Certes, le chemin n’est pas jalonné que de chef d’œuvres, mais dans l’ensemble, la cinématographie hispanique ose, tente et fait les choses (relativement) bien.
Avec ce Sweet Home, on ne peut raisonnablement pas s’avancer à affirmer que le réalisateur Rafa Martinez (dont c’est le premier long-métrage) va devenir l’un des prochains fers de lance du cinéma de genre venant d’Espagne. Néanmoins, ce premier essai dans le domaine du thriller est une petite réussite qui sait rester dans les clous de l’honnête divertissement horrifique.
Tourné dans ce qui ressemble fort aux décors de [REC] de Jaume Balaguero (un vieil immeuble abandonné), Sweet Home prend le parti d’y enfermer un jeune couple qui va se retrouver à la merci de tueurs dont le but est d’éradiquer toute forme de vie dans le bâtiment. Le film de Martinez emprunte les codes du “Home Invasion” et les applique plutôt bien. Durant un peu moins d’une heure vingt, on ne sortira quasiment jamais de la bâtisse, le cinéaste se fixant alors la contrainte d’exploiter son espace clos, chose qu’il réalise de manière assez adroite, en multipliant les passages secrets et stratagèmes diverses pour permettre aux deux héros de circuler dans les différents étages et appartements en évitant de se faire repérer par leurs bourreaux. Ce jeu du chat et de la souris fonctionne d’autant mieux que le film bénéficie d’une photographie extrêmement travaillée et d’une image globalement très emballante. Les deux jeunes comédiens ne sont pas en reste et insufflent suffisamment de conviction dans leurs personnages pour rendre l’ensemble crédible, à partir du moment où l’on accepte un postulat de base que l’on pourra juger assez grossier, où plutôt adroit et bien vu dans sa volonté d’ancrer la trame du film dans une réalité sociale bien réelle (la crise du logement en Espagne).

L’archétype du boogeyman

Pour autant, le scénario ne s’embarrasse pas non plus d’éléments superflus et va droit à l’essentiel. Le “home invasion” se transforme peu à peu en survival, avec l’irruption d’un personnage aux allures de boogeyman. Si celui-ci se révèle bel et bien humain (il s’agit du “nettoyeur” chargé de faire disparaître les corps), il ne fait aucun doute que Rafa Martinez le traite à la manière d’un véritable méchant de films d’horreur : iconique, monolithique, massif, muet et sans visage, l’archétype même du croquemitaine.
Sweet Home convoque également une imagerie sauvage et travaillée évoquant The Descent de Neil Marshall lorsque l’action se déplace dans les égouts, avant un duel final aux postures quasi iconiques. Le film n’oublie pas au passage de verser dans un gore assez peu envahissant mais efficace, avec quelques scènes graphiquement très démonstratives.
Pas original pour un sou, globalement balisé en terme de scénario et de rebondissement, Sweet Home fait néanmoins le job grâce à une esthétique soignée et un emploi adroit des codes du “Home Invasion”. On ne lui en demande pas plus. Il ne nous offre rien d’autre, mais reste un thriller tout à fait recommandable pour amateurs de frissons calibrés mais efficaces.

SWEET HOME de Rafa Martinez

Espagne/Pologne – 2015bon

Genre : Thriller – Interprétation : Ingrid Garcia Jonsson, Bruno Sevilla, Oriol Tarrida, Eduardo Lloveras… – Musique : Ginés Carrion – Durée : 80 minutes – Distributeur : Wild Side.

L’histoire : Chaque année, en Espagne, il y a plus de 50 000 expulsions. 85 % sont réalisées pacifiquement. 13% par la force. Et 2%, en utilisant d’autres méthodes…

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