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[Be Kind Rewind] L’EMPREINTE DE FRANKENSTEIN de Freddie Francis (1964)

La créature de Frankenstein et la Hammer, c'est une longue histoire d'amour qui dura pas moins de sept films. Forcément, la qualité n'est pas toujours au rendez-vous, et sans être honteux, L'EMPREINTE DE FRANKENSTEIN de Freddie Francis ne figure pas dans le haut du panier...

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L_Empreinte_de_FrankensteinLa créature de Frankenstein et la Hammer, c’est un cycle de sept films débuté en 1957 avec Frankenstein s’est échappé et achevé par Frankenstein et le monstre de l’enfer en 1974, tous les deux réalisés par l’inévitable Terence Fisher, metteur en scène vedette de la firme britannique. L’empreinte de Frankenstein constitue le troisième opus de la série, mais Terence Fisher, qui signa au final cinq films, passait la main au profit de son assistant Freddie Francis, solide artisan de la Hammer (Le Train des épouvantes – 1965, Dracula et les Femmes – 1968).
Après s’être sensiblement éloignée du mythe créé par Mary Shelley et de ses premières transpositions à l’écran dans les années 30 dans les deux premières adaptations de Fisher, la Hammer revient aux fondamentaux avec ce nouveau film, au bénéfice d’une coproduction avec Universal, détenteur des droits. En résulte un scénario très éloigné de Frankenstein s’est échappé et La Revanche de Frankenstein, puisque l’histoire débute quelques années après la traque du Baron Frankenstein et de la créature, qui avait vu la disparition (présumée) de cette dernière. Une séquence présentée en flashbacks qui prend le parti de raccrocher le Frankenstein de la Hammer au mythe tel qu’il est montré dans les adaptations Universal des années 30.
Le Baron, interprété par l’inamovible Peter Cushing, s’est réfugié dans un laboratoire où il poursuit inlassablement ses expériences en toute discrétion avec son assistant Hans. A nouveau chassés, il trouvent refuge dans l’ancien château du baron. Par un concours de circonstances, ils retrouvent la créature, qui a finalement survécu à une chute dans les montagnes, et parviennent à lui redonner vie une nouvelle fois par le biais d’un hypnotiseur nommé Zoltan (!) rencontré dans une fête foraine. Une astuce scénaristique pas des plus convaincantes, mais qui s’inscrit dans la tradition des films de la Universal, dans lesquels pioche allègrement le scénariste Anthony Hinds.

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Hammer mineur

Cette volonté de recoller aux origines cinématographiques de Frankenstein est louable, mais elle est pourtant loin de convaincre complètement. On retrouve dans L’Empreinte de Frankenstein une créature plus “marionnette” que jamais, devenant le jouet des sombres desseins de l’hypnotiseur. Toutes les caractéristiques du monstre, pataud et triste, tantôt inquiétant, puis provoquant la pitié, se retrouvent ici, comme révélateurs des velléités des êtres humains qui l’entourent : le bourgmestre, le chef de la police, l’hypnotiseur, voire le baron Frankenstein qui évoquent tour à tour cupidité, lâcheté et hypocrisie d’un côté, l’assistant Hans et la jeune muette de l’autre pour tout ce qui est de la compassion.
Peter Cushing a beau s’agiter avec son énergie habituelle, le film peine à passionner et constitue sans aucun doute un Hammer mineur. On y retrouve aussi les ingrédients et le cachet qui font le charme des productions de la société : des décors soignés, des comédiens investis, une croyance inébranlable dans la créature. Mais la formule ne fonctionne pas complètement.
Le film se révèle assez laborieux, doté d’un rythme quelque peu nonchalant et de choix artistiques discutables, avec en premier lieu cette approche du look de la créature. Là encore, un parti-pris destiné à renvoyer au maquillage classique de Boris Karloff, sans pour autant l’égaler ni en avoir la même force de suggestion.
En panne d’inspiration, L’Empreinte de Frankenstein, sans être complètement honteux, ne saura satisfaire que les aficionados hardcore de la Hammer, dépourvu qu’il est de ce petit soupçon de magie qui rend les grands films de la société britannique habituellement si précieux.

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L’EMPREINTE DE FRANKENSTEIN
Freddie Francis (Royaume Uni – 1964)

Note : 2Genre Fantastique – Interprétation Peter Cushing, Peter WoodThorpe, Duncan Lamont, Sandor Eles… Musique Don Banks – Durée 84 minutes. Distribué par Universal (9 novembre 2017).

L’histoire : Réfugié dans un laboratoire de campagne avec son assistant Hans, le Baron Frankenstein poursuit ses expériences avant d’être de nouveau chassé du village où ils ont trouvé refuge par un prêtre ayant découvert les agissements peu orthodoxes du scientifique. De retour au château familial de Karldstadt, ils vont tenter de faire revivre la créature, conservée dans la glace.


Le Blu-Ray d’Elephant Films

Image : C’est une très belle copie que soumet à nos yeux Elephant films. Dotée de belles couleurs et d’un piqué précis, l’image rend justice à cette production Hammer. Quelques défauts viennent de temps à autre rappeler l’ancienneté du film, mais le travail de restauration reste de manière générale en tous points remarquable. Même si ce coup de jeune de l’image fait ressortir certains trucages un peu old school…

Son : Le Dolby digital 2.0 proposé en anglais et en français est de très bonne tenue, propre et clair, assurant un dynamisme dans les effets sonores et mettant en avant avec beaucoup de générosité la musique de Don Banks.

Interactivité : Comme tous les titres du coffret 13 Cauchemars de la Hammer, L’Empreinte de Frankenstein propose en bonus une intervention de l’excellent Nicolas Stanzick, spécialiste de la Hammer, qui se charge de présenter la mythique société de production (bonus identique à chaque film du coffret). Dans un deuxième court segment d’une dizaine de minutes, Stanzick évoque plus précisément le film, le recontextualise et livre une série de clés et anecdotes pour mieux l’appréhender. Toujours très agréable à suivre, même si on sera en droit de ne pas être complètement d’accord sur l’importance du titre au sein de la large production de la Hammer.

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