Sorti en 2025, La Nuit des clowns est un slasher qui surfe sur l’imagerie anxiogène du clown tueur au plus profond des États-Unis. Le réalisateur Eli Craig apporte sa pièce à l’édifice sans pour autant révolutionner le genre. Niveau inspiration et inventivité, on repassera… Sympathique réalisateur du généreux et efficace Tucker et Dale fightent le mal, comédie horrifique sortie en 2010, Elijah M. Craig, dit Eli Craig, a de l’envie, mais pas nécessairement l’espace, ni les moyens ou le talent de mettre en images les atrocités pelliculées qui naissent dans son esprit d’évident fan-boy du cinéma horrifique. Suite à son coup d’essai qui avait su rencontrer son public, son Little Evil en 2017 n’avait pas convaincu grand monde, et depuis, pas grand-chose à se mettre sous la dent jusqu’à cette Nuit des clowns en forme de résurrection, qui s’est octroyé le privilège de sortir dans les salles françaises, en août 2025. Le film se veut un hommage aux slashers des 80-90’s, avançant dans un premier temps dans la branche plutôt surnaturelle du genre, c’est en tout cas ce que l’on croit, pour finalement s’orienter vers un whodunit à la Scream. Le film s’empare de la figure du clown tueur maléfique et d’autres éléments du folklore horrifique comme les champs de maïs (le fameux « cornfield » du titre original), tout en l’associant à la modernité des réseaux sociaux et des légendes urbaines, pour développer une trame de malédiction dans une petite bourgade paumée des États-Unis. C’est là que débarque la jeune Quinn Maybrook qui s’installe avec son père, Glenn, nouveau médecin du patelin et découvre une tradition assez malsaine autour de la figure de Frendo le clown, espèce de mascotte municipale, à laquelle les adultes de la communauté vouent une forme de culte lors d’une grande célébration annuelle.

Un slasher en méta vision

Il y a assez peu de surprises à attendre de La Nuit des clowns. Le film brode sur un canevas très attendu et schématique remplissant assez consciencieusement le cahier des charges du slasher : meurtres plutôt crados, jeunesse chair à canon, vieux cons rétrogrades, héroïne plus maline que la moyenne. Tant qu’il reste dans les clous de son genre, La Nuit des clowns n’est pas pas mal du tout, pas meilleur ou pire tout autre spécimen lambda, globalement assez creux, mais bénéficiant d’une certaine générosité dans les scènes de mises à mort qui apportent leur dose de divertissement. Bien que le suspense y soit quasi-inexistant, le film d’Eli Craig peut faire illusion. Le réalisateur, qui adapte avec Carter Blanchard (Independence Day : Resurgence, excusez du peu!) un bouquin d’Adam Cesare publié en 2020, développe une surcouche de discours méta assez superficielle et bancale, un sous-texte via des citations et références, des personnages ayant bien conscience de leur statut. Un côté cynique et supérieur finalement assez désagréable. Alors on pourra s’enthousiasmer sur une dernière partie qui lâche (enfin) les chevaux, démultipliant de manière inattendue les menaces et autant d’effets gores assez gratinés en tous genres, malgré un budget faiblard. Mais le film tourne rapidement à vide, comme en pilotage automatique. Pour déboucher sur une conclusion qui ne surprendra personne, décrivant en substance un traditionnel conflit entre générations, mais en mode bien vénère, renvoyant directement à un contexte américain bien tendu qui verrait ses patriarches sacrifier leurs progénitures sur l’autel de traditions et modes de pensée ancestrales et rances. Dommage que ce discours soit asséné avec une subtilité pachydermique. La Nuit des clowns s’avère au final un produit pas si mal torché, mais qui se voudrait plus malin qu’il n’est.

Note : 2 sur 5.

LA NUIT DES CLOWNS (Clown in a Cornfield). D’Eli Craig (USA – 2025).

Genre : Horreur. Scénario : Carter Blanchard et Eli Craig, d’après le roman Un clown dans un champ de maïs d’Adam Cesare. Photographie : Brian Pearson. Interprétation : Katie Douglas, Aaron Abrams, Carson MacCormac, Kevin Durand, Will Sasso… Musique : Brandon Roberts et Marcus Trumpp. Durée : 96 minutes.
Distribué par M6 Vidéo (18 décembre 2025).

Le DVD de M6 Vidéo. L’image numérique s’avère convenable, mais le DVD ne fait pas non plus de miracle avec ses contours assez mal définis et ses couleurs relativement baveuses. Les contrastes sont cependant bien équilibrés, avec notamment des noirs assez profonds lors des scènes nocturnes et une luminosité bien gérée. Ce n’est pas du HD, mais l’expérience visuelle de la galette ici présentée reste tout à fait convenable. Les deux pistes son en anglais et français Dolby Digital 5.1 ne sont pas des foudres de guerre en puissance, mais assurent une restitution qui tient la route, avec une efficacité redoutable lors des scènes d’attaque des clowns. La dynamique sonore, bien découpée avec ses dialogues frontaux et ses effets d’ambiance plutôt convenablement répartis. Là aussi, on est sur du très correct.
Zéro interactivité sur le DVD.

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