James Ashcroft, déjà réalisateur de Balade Meutrière, nous revient en passant par la case PIFFF avec The Rule of Jenny Pen, une bizarrerie où le troisième âge ne se fait pas des plus innocents. Un juge est hospitalisé dans une maison de repos après avoir subi une attaque cérébrale. Là, il tombe entre les griffes d’un patient tordu, qui utilise sa marionnette, Jenny Pen, comme instrument pour imposer sa volonté aux pauvres pensionnaires… On comprends dès l’introduction qu’Ashcroft sait mettre en place une mise en scène au cordeau. Bien que cette dernière ne recèle aucun coup d’éclat, elle nous emporte sans jamais se faire fastidieuse. Le réalisateur filme impeccablement ses lieux et son casting, parfaitement tenu par John Lithgow et Geoffrey Rush, l’un se faisant terreur vivante, parvenant à contenir un mystère autour du personnage qu’il incarne et l’autre, sur le fil de la dégénérescence, qui parvient à avoir ses instants de grâce, rendant crédible et touchant l’ex-juge désabusé qu’on lui donne à jouer. Le tandem ennemi se mue en deux monuments s’affrontant d’une façon ralentie et gériatrique, ce qui n’enlève rien à la puissance de leur interprétation.

Terrifiant, énigmatique et captivant

En tant que film d’horreur en maison de retraite, The Rule of Jenny Pen captive et terrifie sans jamais s’ancrer dans quelque fondement du genre, du moins, ces derniers sont relativement minces. Car, ce qui est d’abord une qualité, son mystère, son énigme même, qui parvient à nous garder en haleine par on-ne-sait-quel miracle, s’essouffle lorsqu’un protagoniste donne une demi-explication d’une mollesse innommable qui ne parvient pas à satisfaire toute l’attente suscitée jusque là par Ashcroft et ses coscénaristes. Disons simplement qu’il ne fait pas le meilleur des choix, prenant le parti de se situer entre la nébulosité totale et la révélation sans zone d’ombres, alors qu’un mystère inexpliqué n’aurait pas perdu une once d’efficacité. Aussi, l’ensemble a bien du mal à se conclure, le final s’étirant tellement qu’on a l’impression que le cinéaste hésite et ne sait pas quelle conclusion donner à son film. The Rule of Jenny Pen demeure cependant un superbe film d’horreur bourré d’énigmes, mais qui, lorsqu’il décide d’expliquer, échoue lamentablement. Fort heureusement, la partie énigmatique est bien supérieure en terme de durée, parvenant à prendre le dessus et proposant une métaphore habile des conditions de vie pas toujours recommandables des maisons de retraite.

Note : 3.5 sur 5.

THE RULE OF JENNY PEN. De James Ashcroft (Nouvelle-Zélande – 2024).
Genre : Horreur, Drame, Thriller.
Scénario : James Ashcroft, Eli Kent.
Photographie : Matt Henley.
Interprétation : Geoffrey Rush, John Lithgow.
Musique : John Gibson.
Durée : 103 minutes. Film découvert lors du PIFFF 2024, sans distributeur pour le moment.

Laisser un commentaire