Habituellement – et on l’espère pour encore longtemps – les Statham-movie, véritable catégorie de films d’action, sortent chez nous sur Amazon Prime Video ou sur d’autres plateformes de (S)VOD. Mais, à d’autres endroits du monde, tels que la Belgique, certaines de ces œuvres participent à l’industrie des salles obscures. En ce premier tiers de 2025, l’heureux élu fût A Working Man, dirigé par David Ayer, déjà derrière The Beekeeper avec le même acteur. Mais de quoi nous parle cette nouvelle production « originale » ?
Levon Cade est un criminel repenti. Aujourd’hui, il travaille dans le bâtiment. Lorsque la fille de son patron, Jenny, disparaît, il est appelé à réutiliser les compétences qui ont fait de lui une figure légendaire dans le monde des opérations secrètes. Ce synopsis est la base même de tout Statham-movie et, le problème extrêmement récurrent avec ces points de départ, c’est qu’ils donnent presque cent pour cent du temps le même film. Sans avoir besoin de faire une rétrospective longue et fastidieuse, il suffit de citer Joker ou Crazy Joe, pour le pur exemple. Mais, de manière encore plus flagrante, il suffit de revenir en 2024 chez David Ayer avec The Beekeeper, déjà cité précédemment, pour voir quelques (grosses) ficelles. Un ancien agent ou ancien militaire qui a perdu quelqu’un de proche (souvent une épouse) et qui s’est rangé pour ne plus violenter personne, sauf qu’une personne qu’il affectionne beaucoup (mère spirituelle, fille de cœur et j’en passe) va avoir de sacrées broutilles (décès, kidnapping…). Jason va alors reprendre du service et ce ne sera pas pour trier des lentilles.

Formule périmée
Bien entendu que c’est du réchauffé, que ça n’ira jamais plus loin que son pitch et que même les scènes d’action, malgré une certaine satisfaction penaude à en retirer, ne parviennent jamais à avoir le talent de mise en scène, la graine de folie, d’inventivité qui bouleverserait le schmilblick. C’est purement sans saveur, si ce n’est celle de l’incompétence réchauffée, de la facilité scénaristique (le monologue sur Dimi, invraisemblable à part pour raccourcir l’enquête qui trouve mille autres moyens de s’allonger…) et du jeu d’acteur de steak surgelé d’un Jason Statham de plus en plus haïssable dans sa complaisance à incarner des rôles tièdes, pas même suffisamment surjoués pour être critiquable sur tous les aspects : simplement dur, froid mais sans aucune nuance. Et ce sentimentalisme à l’eau de rose qui nous crache presque à la figure que, attention, Statham est comme un roc mais son cœur est d’or puisqu’il combat les vilains coûte que coûte pour sauver des proches. Ajoutons à cela beaucoup trop de personnages de malfrats, ce qui noie l’ensemble dans encore plus d’inutilité, d’antagonistes mafieux pléthoriques que l’on aimerait n’avoir jamais vu à l’écran tant l’indigestion est présente. La recette est vue, revue, périmée, sans changement, sans revisite et ça ne va jamais au-delà du soporifique et d’une bande-son aléatoire et lourde. Pour l’instant, pas d’annonce française pour ce film par ailleurs coscénarisé par Stallone (et oui !) et c’est sûrement tant mieux, bien que ce ne soit sans doute qu’une question de semaines.

A WORKING MAN. De David Ayer (USA, Royaume-Uni – 2025).
Genre : Action.
Scénario : David Ayer, Sylvester Stallone.
Photographie : Shawn White.
Interprétation : Jason Statham, David Harbour, Michael Peña, Jason Flemyng, Arianna Rivas…
Musique : Jared Michael Fry.
Durée : 116 minutes.
Film découvert à l’UGC De Brouecke en Belgique, sans distributeur français pour le moment.

Laisser un commentaire