Une petite ville des Etats-Unis est le théâtre de décès étranges. Les services sanitaires envoient sur place Mike Brady, un de leurs agents, afin d’épauler le shérif local. Ce qui ne devait être qu’une enquête de routine tourne au cauchemar, les victimes ayant été partiellement dévorées. Au vu des analyses, Brady émet une hypothèse jugée farfelue : les victimes auraient été tuées par des limaces mangeuses de chair humaine. Les morts s’accumulent, et la théorie de Brady se confirme…

La collection Angoisses de Rimini s’enrichit d’un nouvel opus délicieusement rétro : Slugs de Juan Piquer Simón. Le réalisateur espagnol retrouve depuis quelques temps les bonnes grâces des fans de cinéma d’horreur à la faveur de la restauration et réédition de certains de ses films les plus fameux. Un solide et honnête artisan intégralement dévoué au Bis. Le roman Slugs de Shaun Hutson était déjà bien craspec. L’adaptation cinématographique par Juan Piquer Simón n’a pas grand chose à lui envier. Sorti en 1988, le film du réalisateur espagnol, qui a déjà signé des adaptations fauchées de Jules Verne, ou des séries B comme Le Sadique à la tronçonneuse ou The Rift, ne lésine pas sur les effets gores pleine balle. C’est le principal atout de ce film aux allures de produit télévisuel de bonne facture, mais aux limites évidentes. Mise en scène étriquée, photographie terne, dialogues concons, casting américano-espagnol aux compétences modérées, propension à ne pas trop s’éloigner des mécaniques du genre de l’invasion animale… Slugs assure un spectacle gentillement sur des rails, qui se suit sans trop de déplaisir mais qui ne vous réveillera pas la nuit.

Pourtant, le charme opère indéniablement. Désireux de coller au plus près du roman, Juan Piquer Simón ne trahit rien mais transcende son matériau d’origine, en ajustant et adaptant quelques aspects de l’histoire, notamment autour des personnages, afin de faciliter le passage au format ciné. Sans atteindre des sommets, l’adaptation tient la route. Mais elle est clairement décuplée par ses nombreuses scènes horrifiques, qui voient les limaces tueuses à l’oeuvre. A l’aide d’effets spéciaux pratiques extrêmement efficaces, Slugs participe à la grande foire au gore décomplexé : main tranchée, visages décomposés, corps suppliciés par le passage indélicat des gastéropodes, on vacille franchement vers le body horror, le tout dans des explosions d’hémoglobine. La générosité du film est indéniable et le résultat à l’écran totalement jouissif. On n’est pas dans du grand cinéma, loin de là, mais cette série B (qui a fait les beaux jours des amateurs en VHS sous le titre Mutations en France) coche indéniablement pas mal de cases du film d’horreur réussi. Un vrai plaisir régressif auquel on pardonnera beaucoup de choses.

Note : 3 sur 5.

SLUGS (Muerte viscosa). De Juan Piquer Simón (Espagne – 1988).

Genre : Horreur. Scénario : José Antonio Escrivá, Ron Gantman, Shaun Hutson. Photographie : Julio Bragado. Interprétation : Michael Garfield, Kim Terry, Philip MacHale, Alicia Moro, Santiago Álvarez, Concha Cuetos, John Battaglia, Emilio Linder… Musique : Tim Souster. Durée : 92 minutes.
Distribué par Rimini Editions (11 septembre 2026).


Le Blu-ray de Rimini


Dans sa collection Angoisses, l’éditeur Rimini continue de donner un coup de jeunes à des films jusqu’alors sous-côtés, quand ils ne sont pas tout simplement invisibilisés. Le crado Slugs fait partie de ces titres ayant fait les beaux jours des vidéoclubs. Le retrouver au format Blu-ray (en combo DVD), avec une très belle restauration de l’image au format 1.85, quasi sans aucun défaut, est en quelque sorte une redécouverte. Pas spécialement canon de beauté, le film de Juan Piquer Simón retrouve néanmoins un vrai cachet grâce à cette restauration, qui en fait une proposition horrifique bien meilleure que ce que sa réputation pourrait laisser entendre. Côté son, on a droit à une piste anglaise en DTS HD Master Audio 2.0 mono qui tient bien la route sans coups d’éclat particulier. La version française en DTS HD Master Audio 1.0 ne fait pas beaucoup plus mais suffit à se replonger dans l’époque de la VHS.
On est plutôt bien loti dans la section des suppléments, avec une présentation assez complète du film, du réalisateur et du genre de l’invasion animale au cinéma par Lilyy Nelson, du site Le Blog du Cinéma (16′). En parallèle, on retrouve le module consacré à Juan Piquer Simón, « J.P. Simon, orfèvre du bis ibérique » réalisé par Alexandre Jousse, et déjà présent sur l’édition du Sadique à la tronçonneuse (25′). Enfin, une interview audio de Shaun Hutson, pour le podcast Jumpscare, est proposé en complément, ainsi que l’habituel livret sur le film rédigé par Marc Toullec, « De la laitue à la chair humaine » (8′).

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