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[Critique] THE DIVIDE de Xavier Gens

The Divide est le troisième film de Xavier Gens après l’actionner Hitman (2007) et le survival Frontière(s) (2008). Cinéaste doué techniquement, amoureux du cinéma de genre, généreux dans son travail, Gens n’a pour le moment pas encore livré d’oeuvre totalement aboutie. Avec The Divide, le cinéaste français change de registre et s’attaque à un projet assez audacieux. Confinant une poignée de survivants dans un abri anti-atomique, il les confronte à l’apocalypse. La fin du monde vue d’un espace cloîtré, dans lequel chacun va révéler sa personnalité aux autres, la rudesse de la situation n’épargnant aucun des individus, sur le mode du fameux « L’enfer c’est les autres ». Xavier Gens bâti une mise en scène de huis-clos, que l’on devine dictée par des raisons financières. L’espace proposé aux personnages et aux spectateurs, est détaillé au fur et à mesure que l’intrigue avance. Comment des individus que tout sépare ou presque, vont pouvoir s’adapter afin de survivre ensemble, sans grand espoir de revoir un jour la lumière du soleil. Tel est l’enjeu du scénario du film. Un canevas que Gens pimente avec cette autre question : Jusqu’où l’être humain peut-il régresser avant de sombrer dans la folie la plus sauvage ???

Régression sauvage

La première partie de film demeure assez plaisante, le cinéaste y présente ses huit personnages, esquissés assez rapidement en quelques traits de caractère, même s’ils n’échappent pas à la caricature : Michael Biehn en gardien du lieu, personnage bourru et rustre, le pleutre dont on devine que la petite amie va aller voir ailleurs, Rosanna Arquette en mère dévastée par la perte de sa fille, les deux petites frappes qui vont peu à peu se rebeller, la jeune femme en retrait qui va prendre progressivement les choses en main (une réminiscence de Frontière(s))… Côté caractérisation, on a déjà vu personnages mieux écrit et plus fins dans l’approche. Pourtant, l’oppression liée au caractère exigu du refuge et à un rebondissement scénaristique anéantissant les chances des personnages de remonter à la surface, fonctionne plutôt bien. La deuxième partie de The Divide, qu’une ellipse situe dans une temporalité incertaine, place les survivants face à leurs instincts les plus primaires. La régression observée, liée au manque de nourriture, d’eau, de lumière, s’accompagne à un retour à l’état sauvage (que ne renierait pas John MacTiernan), dans tout ce qu’il peut avoir d’agressif et de bestial. Alors que le « commandement » de cette micro cellule sociétale a été boulversé, les pires atrocités sont commises par des personnages gagnés par la folie. Le sort du personnage interprété par Rosanna Arquette, pas épargnée par les outrages en tout genre, en est le plus bel exemple.

Une oeuvre tendue

Si la vision de la déchéance humaine décrite dans le film n’est pas des plus délicates, que l’ensemble tourne un peu au craspec et à la violence gratuite sur la fin, empêchant le film de se hisser au-delà de son statut de série B, force est de reconnaître que Xavier Gens livre là une oeuvre tendue, dans laquelle le cinéaste se sort plutôt bien des contingences inhérentes au genre du huis clos. Un peu long sur la durée, The Divide a pour lui de proposer une approche plutôt audacieuse du film d’apocalypse. En cela, Xavier Gens livre à nouveau un film pas complètement réussi, mais traversé par de belles fulgurances, et une foi dans le genre qui semble inébranlable…

THE DIVIDE de Xavier Gens (USA – 2012)

Moyen

Avec Lauren German, Milo Ventimiglia, Michael Biehn, Rosanna Arquette…

Quand une explosion cataclysmique ravage la ville de New York, huit personnes se réfugient dans le sous-sol de leur immeuble. Des tensions et des rivalités apparaissent parmi les rescapés qui survivent grâce aux réserves déclinantes d’eau et de nourriture. Soudain, des hommes en combinaison pénètrent dans l’abri et font feu sur ses occupants. Eva, la seule jeune femme du groupe, va devoir s’endurcir pour survivre à cette menace extérieure…

3 réponses »

  1. Modeste… Fausse modestie alors, histoire de s’attirer des compliments 😉
    Je ne partage pas ton avis concernant la fin… Cette montée dans la violence est inéluctable et jamais gratuite à mon sens.
    D’autant moins que le propos de Gens sur l’humanité est délibérément très noir…

    J'aime

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