- Films

[Critique] THE DEVIL INSIDE de William Brent Bell

William Brent Bell signe avec The Devil Inside une énième déclinaison du récit de possession, le tout à la mode « found footage » (caméra subjective), histoire d’ajouter un côté réaliste à l’ensemble. Le tout fait évidemment penser au Dernier exorcisme de Daniel Stamm (2010), tentative semi-réussie  de faux reportage, ainsi qu’au Rite de Mikaël Hafstrom (2009) pour le côté exploration des secrets du Vatican. Rien de bien original donc dans la démarche de William Brent Bell, tant dans le fond que dans la forme. Le résultat laisse quant à lui songeur… Contrairement à ce que l’on a l’habitude de voir, il ne s’agit pas du cas d’une jeune possédée, mais de sa mère, accusée d’un triple meurtre plusieurs années auparavant, dont l’hypothèse de la possession n’a jamais été validée par le Vatican, et qui s’est donc retrouvée internée dans un établissement psychiatrique. C’est sa fille donc, entichée d’un cameraman et de deux jeunes exorcistes rebelles, qui vont tenter de comprendre si oui ou non, Maria Rossi est possédée. Le dispositif  du « documenteur » employé par le réalisateur (également scénariste), trouve ses limites dès les premières minutes du film. D’emblée, on n’y croit pas… Tout sonne faux, incohérent… La motivation qui anime le personnage central pour réaliser ce film se heurte au bon sens. Partir d’entrée de jeu en remettant en cause le principe même du film, celui sur lequel tout repose, est problématique. Contrairement à un Paranormal Activity qui, malgré ses défauts, partait d’un postulat de base acceptable, The Devil Inside tente vainement de faire croire à son aspect « cinéma vérité », en associant son dispositif de mise en scène en caméra subjective à des rebondissements typiquement hollywoodiens. C’était, à une autre échelle, également les limites de Cloverfield. Si, dans le film de Matt Reeves, la spectaculaire finissait par l’emporter, ici, le spectateur est sans arrêt le cul entre deux chaises, partagé entre l’envie d’y croire et l’évidence d’une intrigue trop grosse pour emporter l’adhésion.

Abracadabrantesque

En ce sens, le Dernier exorcisme se sortait beaucoup mieux de cette équation, le postulat de base (cas de possession dans l’Amérique profonde) et le traitement finalement beaucoup plus fluide de l’intrigue, permettaient d’y croire un minimum. L’incrédulité face aux péripéties abracadabrantesques de The Devil Inside, laisse à penser que Daniel Stamm et son producteur Elie Roth ont nettement plus réfléchi à leur projet que ne l’a fait William Brent Bell (c’est en tout cas la sensation que l’on a). (ATTENTION SPOILERS ) Le pic du ridicule étant atteint en dernier partie de métrage, lorsque une information évoquée dès le départ, le passage de l’esprit de corps en corps, trouve finalement sa représentation (comme c’était prévisible), entraînant le suicide d’un des protagonistes et l’accident de voiture final. (FIN DU SPOILER).

Restent les séances d’exorcisme, réalisées à grand renforts de caméras multiples, savamment disposées, histoire de légitimer une fois de plus les nombreux angles de la mise en scène. Ces scènes sont assez spectaculaires, avec des effets visuels plutôt convaincants, même si aucune émotion ne s’en dégage réellement.

Avec Le Rite et Le Dernier Exorcisme, on pensait avoir tout vu en matière de film de possession, que c’était définitif (surtout vu le titre du deuxième !). Malheureusement non, le démon prouve une fois de plus que c’est un sacré menteur, et qu’il n’en a pas fini avec nous pauvres spectateurs, quitte à passer pour un petit rigolo, car là, on n’y croit plus du tout…

THE DEVIL INSIDE de William Brent Bell (USA – 2012)

Nul

Avec Fernanda Andrade, Simon Quaterman, Evan Elmuth, Susan Crowley…

Isabella n’a pas eu une enfance comme les autres. Alors qu’elle était toute jeune, sa mère, Maria Rossi, a sauvagement assassiné trois personnes au cours d’une séance d’exorcisme. Depuis, elle est internée à Rome, à l’hôpital psychiatrique Centrino. Pour comprendre ce qui lui est réellement arrivé, Isabella décide de lui rendre visite. Elle demande alors l’aide de deux jeunes exorcistes. Mais, malgré leurs méthodes peu orthodoxes, combinant connaissance de la science et de la religion, leur mission s’avère extrêmement périlleuse et le Mal qui possède Maria bien plus puissant qu’ils ne l’imaginaient…

 

3 réponses »

  1. Une des pires merdes du genre que j’ai pu voir de toute ma vie…
    A coté, Le Rite c’est un chef d’œuvre lol

    En revanche je suis TRÈS fan du Dernier exorcisme que je trouve vraiment intelligent, vraiment très drôle et dont le dénouement est un hommage tellement sincère et enthousiaste au sources du genre et notamment à la Hammer…

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s