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[Be Kind Rewind] ABATTOIR 5 de George Roy Hill (1972)

Cachée derrière le titre pour le moins sibyllin d’Abattoir 5, cette oeuvre assez méconnue de George Roy Hill, sortie en 1972 après plusieurs succès oscarisés du cinéaste de L’Arnaque et Butch Cassidy et le Kid, a pourtant récolté le prix de la mise en scène à Cannes la même année. Une récompense amplement méritée tant ce film multiple brille d’une technique et d’une vision d’auteur absolument éblouissantes.
Récit d’anticipation, film de guerre, chronique d’une famille américaine des années 60… Abattoir 5 déroute tout d’abord par la multiplication des styles, des environnements et des époques déployées. L’intrigue, adaptée du roman éponyme de Kurt Vonnegut Jr., suit le destin de Billy Pilgrim durant trois périodes de sa vie. Plongé dans l’horreur d’un camp allemand et des bombardements meurtriers de Dresde lors de la seconde guerre mondiale, citoyen américain marié et père de famille dans les années 60 et enfin cobaye dans une bulle de verre aux côtés d’une starlette de cinéma sur une planète nommée Tralfamadore dans un futur (?) indéterminé…

George Roy Hill ne va cesser durant tout le métrage de passer d’une époque à l’autre, par le vecteur de son personnage principal, Pilgrim, censé avoir la faculté de voyager à travers le temps. Un postulat de science-fiction jamais réellement explicité, mais qui sert néanmoins au cinéaste comme médium pour explorer les actions de son(ses) personnage(s) à différents stades de sa vie. Les actions entraînant alors des réactions d’une période sur l’autre, grâce à des transitions et des effets de montage imperceptibles.
C’est là le tour de force du film, qui peut apparaître nébuleux au premier abord, mais qui se révèle pourtant si brillant dans la fluidité avec laquelle il trace une ligne continue, ininterrompue de l’existence de Pilgrim, sans se soucier d’une quelconque chronologie puisque certains événements trouvent des répercussions… dans le passé.

Télé réalité

Le personnage de Pilgrim, brillamment et sobrement interprété par Michael Sacks, traverse son existence davantage en observateur qu’en réel acteur, sur la base de l’assertion : “Dans la vie, il faut se souvenir des bonnes choses et oublier les mauvaises”, répétée à plusieurs reprises par différents personnages. Dès lors, chacun pourra se faire son idée, d’où part le récit ? Est-ce Pilgrim, dans sa bulle de verre sur la planète Tralfamadore qui revisite des événements de son passé… où est-ce que l’épisode de la planète est le rêve d’un homme inadapté à la vie sociale des années 60… A ce titre, il est intéressant de noter la vision du cinéaste,  qui au sein de ces séquences dans le futur, évoque avec pas mal d’avance la situation d’un couple placé dans une bulle sous le regard de spectateurs invisibles, qui n’attendent qu’une chose : vont-ils s’accoupler ?… De la télé-réalité avant l’heure !

Le fait est qu’Abattoir 5, film déroutant au premier abord, ne peut révéler toutes ses richesses qu’après plusieurs visions. Ce qui rend la possession de son DVD indispensable au cinéphile curieux de découvrir une oeuvre atypique, déroutante, et pourtant en tous points remarquable.

ABATTOIR 5 (SLAUGHTERHOUSE 5) de George Roy Hill (USA – 1972)

Intéressant

Avec Michael Sacks, Ron Leibman, Valérie Perrine… Disponible en DVD chez Opening/Sony.

Etats-Unis, années 60. Présent à Dresde en 1945 lors des terribles bombardements qui ont détruit la ville, l’ancien GI Billy Pilgrim mène une vie de famille en apparence rangée. Mais le traumatisme subi à transformé Billy, qui peut désormais voyager dans le temps. Il est sans cesse renvoyé à Dresde au coeur des bombardements…

(2 commentaires)

  1. Pourquoi tu dis « assez méconnu » ?
    Il est vachement réputé au contraire ce film…
    Sorti pile poil entre Butch Cassidy et L’Arnaque et Prix du jury à Cannes tout de même 😉
    Je ne l’ai pas vu depuis longtemps mais j’ai acheté le DVD dernièrement aussi… 🙂

    J'aime

    1. Personnellement, j’ai découvert ce film dans la liste des 100 meilleurs de Mad Movies il y a quelques années (n°100). Peut-être que les cinéphiles le connaissent davantage, mieux, qu’ils l’ont vu… Mais je ne suis pas certain que le grand public connaisse George Roy Hill en premier lieu pour ce film…
      Mais je peux me tromper 😉

      J'aime

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