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[Actus] PIFFF 2012 : Machinations en série

Derniers films présentés dans le cadre de la compétition, Modus Anomali et The Body sont deux tentatives de survival et de thriller plutôt séduisantes, auxquelles il manque tout de même un petit quelque chose pour devenir des références du genre.

Présenté en début de soirée vendredi avant la très attendue projection de Bad Taste, Modus Anomali de Joko Anwar venait défendre les couleurs d’un cinéma de genre indonésien en pleine effervescence actuellement. Présenté par son réalisateur de manière très ironique aux spectateurs comme « un film à voir en familles », ce survival forestier plutôt roublard sur les bords, n’épargne pourtant pas les enfants (ni les femmes enceintes d’ailleurs…). Un homme se réveille au milieu de la forêt, sans se rappeler son identité ni ce qu’il fait dans un tel endroit. Il va devoir retrouver femme et enfants en échappant à un mystérieux poursuivant qui le traque… Modus Anomali débute pied au plancher, sans séquence d’exposition, et place le spectateur au niveau de son personnage principal : dans le flou, assoiffé de découverte. Une entrée en matière qui confirme la note d’intention du cinéaste de proposer un cinéma directe, brut de décoffrage, sans affèteries superflues. Tourné en huit jours, Modus Anomali bénéficie d’une belle énergie en proposant une première partie hargneuse, filmée dans l’urgence caméra à l’épaule, et évoquant le Sam Raimi des débuts (Evil Dead en tête). En dépit de défauts inhérents à ce style de mise en scène (trop de shaky cam) et à un déroulement pas si surprenant qu’il le voudrait, le film est marqué par une rupture brutale dans son dernier tiers. Un twist qui fait reconsidérer le métrage dans son entier, et que l’on pourra trouver : roublard, improbable, ou sacrément culotté.

El Cuerpo desaparecido…

Enfin, dernier film à concourir en compétition, The Body (El Cuerpo), est un thriller à révélations et à tiroirs. Son réalisateur, l’Espagnol Oriol Paulo, se revendique d’ailleurs ouvertement de l’héritage d’Hitchcock, mais également de Clouzot. Une intrigue à base de coup-monté, de manipulation, de cadavre disparu, que le jeune cinéaste, également auteur du brillant scénario des Yeux de Julia, prend un malin plaisir à dérouler. Et il le fait avec beaucoup de brio. Les révélations se succèdent autour du principal suspect, au sein d’une partition réglée au millimètre par Oriol Paulo, qui ajoute à son scénario vicieux, une mise en scène millimétrée toute dévouée à l’illustrer, et propice à créer une ambiance aux frontières du fantastique. Le tout est très classique, mais effectué avec une telle efficacité, qu’il est impossible de ne pas applaudir un si bel ouvrage, en dépit d’une accumulation de révélations quelque peu exagérée en fin de métrage. Le revers d’une certaine forme de générosité pour ce jeune cinéaste espagnol à suivre.

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