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[Be Kind Rewind] THE CRIMSON GHOST de Fred C. Brannon et William Witney (1946)

THE CRIMSON GHOST

Véritable vestige d’un passé cinématographique désormais bien loin, The Crimson Ghost fait l’effet d’un trésor déterré. Un serial pur et dur, comme on n’en fait plus depuis bien (trop) longtemps, avec ses qualités et ses défauts… Découvrir The Crimson Ghost est un petit plaisir coupable pour le cinéphile biberonné à Indiana Jones et autres récits d’aventures et de science fiction à rebondissements. Car comme l’explique l’érudit Roland Lacourbe dans les suppléments de cette édition double DVD, le Serial tel qu’il nous apparaît ici dans sa forme la plus représentative, n’est que succession de coups de théâtres menée tambour battant. Et ça, pour l’amateur, c’est du pain bénit !!! Une fois passé l’effort de se replonger dans une approche du cinéma assez désuète et minimaliste techniquement parlant, car l’oeuvre supporte réellement le poids de son âge, on fonce la tête la première dans cette intrigue policière matinée de science-fiction et d’aventures comme il en sortait à la pelle dans les années 1920 à 1950.

Douze épisodes, voilà ce que nous proposent les deux réalisateurs Fred C. Brannon et William Witney pour suivre le démoniaque Crimson Ghost, Spectre écarlate en français, dans ses machiavéliques aventures. Ce génie du crime, qui cache son visage derrière un inquiétant masque de tête de mort, et dont l’identité ne sera dévoilée que dans les tous derniers instants de l’ultime épisode, convoite évidemment une machine invraisemblable capable de faire de lui le roi du monde. Face à lui, l’indécrottable héros cumule les fonctions de scientifique et détective, histoire de disposer de tous les atouts pour contrecarrer les plans du grand vilain. Cette trame, asse mince il faut le reconnaître, va être déclinée au fil des épisodes, tel un canevas immuable.

Un rythme effréné

THE CRIMSON GHOST

La courte durée de chaque épisode, une quinzaine de minutes en moyenne, n’empêche pas l’accumulation de péripéties. C’est bien simple, on trouve plus de rebondissement dans un seul épisode de The Crimson Ghost que dans bon nombre de productions cinématographiques ou télévisées actuelles. Le découpage de chaque segment, presque identique, fait se succéder bagarres, poursuites en voiture et fusillades, qui sont clairement les séquences fortes, auxquelles viennent s’ajouter de timides passages de dialogues vite expédiés. Le rythme effréné peut donner le tournis si l’on se prend à regarder les douze épisodes d’une traite. D’autant que, revers de la médaille, l’intrigue bégaye sensiblement, puisque, à quelques révélations près, on a réellement l’impression de suivre à chaque fois le même épisode, sans grande évolution scénaristique.
Chaque segment se conclut invariablement par un cliffangher qui, lui également, tend à se répéter un peu trop. La résolution de ce dernier se retrouve au début de l’épisode suivant, résolution qui joue un peu trop facilement sur la question du point de vue différent et de la manipulation du spectateur, venant annuler l’idée que l’on se faisait du destin (funeste) du héros.
Pourtant, on ne peut nier que l’on prend un véritable plaisir à suivre ces aventures “serialesques”, peut-être parce que le spectateur n’est pas trompé sur la marchandise. Le côté premier degré des péripéties présentées à l’écran emporte l’adhésion par l’honnêteté et la volonté de distraire de l’entreprise. Et puis, il est toujours sympathique et gratifiant de découvrir de ci de là les éléments empruntés par les productions cinématographiques et télévisées depuis lors…

THE CRIMSON GHOSTTHE CRIMSON GHOST de Fred C. Brannon et William Witney (Etats Unis – 1946)

Intéressant

Avec Charles Quigley, Linda Stirling, Clayton Moore…

Un génie du crime qui se fait appeler The Crimson Ghost (le Spectre écarlate), tente par tous les moyens de s’emparer du Cyclotrode, l’invention du professeur Chambers grâce à laquelle il espère dominer le monde. L’éminent criminologue et savant Duncan Richards va tenter de contrecarrer ses projets.

Le DVD chez Bach Films

Image : L’édition double DVD qui nous concerne aujourd’hui n’a pas fait l’objet d’une restauration proprement dite. L’image est en 4/3, brute d’époque, avec les nombreux défauts que cela induit. Définition très moyenne, flou des images, contrastes inégaux, saletés, grain important… Difficile d’être conciliant sur l’image du DVD. Même si au bout de quelques minutes d’adaptation, cet aspect brut de décoffrage ne nuit pas réellement au plaisir de suivre l’oeuvre, et peut même apparaître comme un plus pour certains.

Son : Seule la version originale sous-titrée en français est proposée. Là encore, la bande son mono est d’époque. Bien que le volume sonore général soit plutôt poussé, certains dialogues font apparaître des grésillements désagréables. La musique omniprésente au cours des épisodes pourra irriter les esprits chagrins…

Interactivité : Le premier DVD contient une présentation de Roland Lacourbe, spécialiste en Serial. Cette séquence d’environ huit minutes en plan fixe, retrace l’histoire du Serial, ses origines, son évolution et s’attarde plus précisément sur l’oeuvre qui nous intéresse aujourd’hui, ses réalisateurs et ses acteurs. Outre une bande annonce de The Crimson Ghost, on y trouve également l’épisode pilote d’un autre Serial Les trois diables rouges. Même topo sur le second DVD qui propose deux autres pilotes. Enfin, un livret de 24 pages revient lui aussi sur l’histoire du Serial, les différences avec la série télévisée telle qu’on la connaît aujourd’hui, et les influences dans les oeuvres actuelles.

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