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[Critique] KICK ASS 2 de Jeff Wadlow

KICK ASS 2 de Jeff Wadlow

En 2010, débarquait dans les salles Kick Ass, adaptation du comic-book de Mark Millar et John Romita Jr. L’aspect “Méta” du concept engendrait une réflexion sur le statut même du super-héros, questionnant dans le même élan son statut et son iconisation dans l’inconscient collectif. On y découvrait comment un lycéen amateur de comics enfilait un costume pour tenter de faire régner l’ordre dans les rues de Londres. Marqué par une inspiration visuelle directement héritée de la bande dessinée, et surtout par une approche très graphique de la violence, notamment par l’intermédiaire du personnage de Hit Girl, fillette justicière sans concession, Kick Ass offrait par ailleurs un rôle étonnant à un Nicolas Cage déjà en perte de vitesse.

Véritable phénomène à sa sortie, le film de Matthew Vaughn donnait lieu à une suite, tout d’abord sous forme de comics, toujours avec Mark Millar et John Romita JR à la barre, pour une réussite plus mitigée. L’adaptation cinématographique devait suivre. Le réalisateur de X-Men – Le commencement reste producteur de cette séquelle mais passe la main derrière la caméra à Jeff Wadlow. Le jeune cinéaste, responsable du sympathique slasher Cry Wolf en 2005, est également auteur du scénario, sous les auspices des instigateurs de la BD. Sa tache était claire : retrouver le ton irrévérencieux et transgressif de l’original, l’aspect jubilatoire de la mise en scène couplé à une violence et une brutalité exacerbées.

KICK ASS 2 de Jeff Wadlow

Oui, mais…

Pourtant, cette séquelle est à la fois tout cela, sans l’être réellement. L’intrigue reprend les grandes lignes et orientations de son prédécesseur. Kick Ass souhaite s’allier avec Hit Girl qui, de son côté, chaperonnée par un flic ami de son défunt père, envisage de se ranger et devenir la jeune fille bien sous tous rapports qu’elle aurait pu (du ?) être. Viennent s’ajouter une bande de nouveaux super héros, tous plus “chips” les uns que les autres, au service du colonel Stars & Stripes interprété par un Jim Carrey tout en prothèses. De son côté, Red Mist est également de retour, plus haineux que jamais envers Kick Ass, à la tête lui aussi d’une bande de malfrats (plus ou moins) mémorables…

Malgré les ingrédients toujours présents du précédent volet, Kick Ass 2 ne renouvelle pourtant jamais la prouesse de son aîné, qui jonglait avec une habilité déconcertante avec les différentes strates qui le caractérisaient (comédie, ultra-violence, respect de la figure du super-héros, pastiche…). Bien au contraire. Le film de Jeff Wadlow n’est qu’une excroissance sans grande inspiration du précédent. Une sorte de caricature du premier épisode. Pire, il se permet de s’enliser dans une certaine forme de vulgarité assez triste, avec des gags pipi-caca assez hallucinants. Voir la scène du vomi pour s’en convaincre. Les personnages ne sont plus que des archétypes et les scènes se succèdent mécaniquement sans parvenir à transcender le concept. Le personnage de Red Mist, devenu entre temps Mother Fucker, est un bel exemple de la caricature gesticulante et braillarde qu’est devenu le concept. Il y a un certain sentiment de gâchis resenti à la vision du film. Le Colonel Stars & Stripes, prometteur sur le papier (et dans le comics), interprété par Jim Carrey, est relégué à quelques séquences sans que Wadlow parvienne réellement à le rendre intéressant.

KICK ASS 2 de Jeff Wadlow

S’il est très imparfait et bancal, Kick Ass 2 offre malgré tout quelques séquences jubilatoires, souvent liées au personnage de Hit Girl (géniale Chloë Grace Moretz). Le gunfight dans le cimetière suivi de l’affrontement sur le toit du fourgon, l’irruption dans le repaire du gangster chinois ou encore l’invraisemblable carnage de Mother Russia (incroyable Olga Kurkulina) qui dézingue des véhicules de police en série, font monter l’adrénaline. Malheureusement, au final, Kick Ass 2 n’est qu’un amoncellement de séquences sans grande cohésion d’ensemble. Un film qui a perdu l’essentiel de sa pertinence, de son âme, pour devenir un produit assez vulgaire et beauf, malgré quelques saillies jubilatoires. C’est dommage pour une oeuvre qui se voulait un regard pertinent sur la condition du héros, une approche transgressive sur la violence à l’écran et tout ce qui en découle (l’usage des armes par une fillette notamment), et qui, au final, ne fait qu’effleurer la vaste étendue de ses possibilités.

KICK ASS 2 de Jeff WadlowKICK ASS 2 de Jeff Wadlow (USA/GB – 2013)

Moyen

Genre : Super-héros – Avec Aaron Taylor-Johnson, Chloë Grace Moretz, Christopher Mintz-Plasse, Jim Carrey, John Leguizamo, Lyndsy Fonseca, Clark Duke, Garrett M. Brown – Musique : Henry Jackman, Matthew Margeson – Durée : 103 mn – Distributeur : Universal

L’audace insensée de Kick-Ass a inspiré une pléthore de vengeurs masqués autodidactes, le Colonel Stars & Stripes en tête, auxquels notre héro va s’allier pour patrouiller les rues de la ville et assurer la sécurité générale. Mais quand Red Mist, réincarné en Mother Fucker, décide de s’attaquer à ces super-héros amateurs, seuls les sabres acérés de Hit Girl sauront les sauver de la destruction.

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