-Films Nul

[Critique] L’AUBE ROUGE de Dan Bradley

L'AUBE ROUGE de Dan Bradley

L’Aube Rouge, c’est tout d’abord un film de guerre réalisé par John Milius (Conan le Barbare) sorti en 1984 et longtemps critiqué pour son aspect réactionnaire et une certaine tendance à verser dans l’apologie des armes à feu. C’est également un casting royal qui réunissait entre autres Patrick Swayze, C. Thomas Howel, Charlie Sheen ou encore Jennifer Grey, tous jeunots à l’époque et promis à une grande carrière. Bref, un petit classique qui a vu sa réputation grandir vers une forme de réhabilitation ces dernières années. Evidemment, la tentation était grande à Hollywood de remaker la chose… Cousin du récent et australien Demain, quand la guerre a commencé…, cet Aube Rouge 2012 remplace l’armée russe (Guerre Froide obligeait à l’époque…) par des soldats de Corée du Nord, et nous rejoue l’intrigue d’une bande de jeunes Américains contraints de prendre les armes pour survivre à l’invasion brutale de leur pays. Enfin, du pays… Parlons surtout de leur bourgade, puisque l’essentiel de l’action ne dépasse pas le périmètre d’un centre-ville, une banlieue pavillonnaire et un bout de forêt. Mais passons…

Problématique, L’Aube Rouge l’est assurément. A tant de niveaux qu’il est délicat de savoir par où commencer… Déjà, la version de 1984 ne faisait pas dans la finesse lorsqu’il s’agissait de décrire un affrontement improbable entre une bande de jeunes Américains et une armée organisée et rigoureuse. Trente ans plus tard, sûrement par soucis de respect envers l’original (hum !), toute authenticité et réalisme sont à nouveau à proscrire. L’adaptation en un temps record d’ados boutonneux et débiles au maniement des armes à feux et à la survie en milieu hostile est déjà une aberration totale. Mais passons… Chaque personnage est un archétype, une caricature. Le Marines en vadrouille qui va prendre les choses en main, son jeune frère qui ne parvient pas à s’affirmer (mais qui va y être contraint), le black de service, le petit génie des nouvelles technologies, le père flic, le copain qui devient un traître… Dans un soucis de coller au plus large public possible, les facettes des héros brassent large. Mais passons…

L'AUBE ROUGE de Dan Bradley

Bêtes et méchants…

L’Aube Rouge est avant tout un incroyable spectacle de fusillades et d’explosions, de pyrotechnie joyeuse, sans jamais émettre l’ombre ni le soupçon d’un discours ou un semblant de recul sur ce qui est montré à l’écran. C’est donc d’une crétinerie premier degré sans nom et d’une immaturité totale. Le patriotisme écœurant qui dégouline du film, ses invraisemblances en pagaille, ses situations ubuesques et même son humour complètement déplacés en font un sérieux candidat au titre du film le plus con vu depuis très, très longtemps sur un écran. En terme de mise en scène, le choix d’avoir confié les rênes du projet à Dan Bradley, réalisateur de seconde équipe et chef cascadeur sur des grosses productions telles que Superman Returns, Quantum of Solace, Jason Bourne l’Héritage en dit long sur la note d’intention des producteurs. L’ensemble est emballé par un technicien, ce n’est ni bien fait, ni mal fait, juste anecdotique et tellement vide de substance… Après une scène d’invasion par les airs assez bien torchée, le reste du film tourne à vide à un tel point, que l’on assiste à des scènes d’action désincarnées. Cette guerre “popcorn” qui fait clairement mal à l’intellect, est également dépourvue de l’once de naïveté qui perçait dans le pourtant déjà pas brillant Demain, quand la guerre a commencé…

Dans L’Aube Rouge, notre troupe d’élite en culottes courtes qui, non seulement met minable les soldats coréens, mais force l’admiration des marines américains (!!!), finit par prendre goût et plaisir à sa condition, comme en atteste ces sourires de plus en plus présents sur les visages à mesure que les ennemis tombent sous les balles, à l’image d’un joueur de Call Of Duty (directement cité dans le film) ravi de son carton… Difficile de passer sur un tel parti-pris. Que le projet et la chose qui en découlent soient d’une nullité et d’une crétinerie rarement atteintes, soit, mais que l’on donne au spectateur l’impression que tuer l’envahisseur est une forme d’affirmation et de dépassement de soi a quelque chose de fort dérangeant…

L'AUBE ROUGE de Dan BradleyL’AUBE ROUGE de Dan Bradley (USA – 2012)

Nul

Genre : Guerre – Avec Chris Hemsworth, Josh Peck, Josh Hutcherson, Jeffrey Dean Morgan, Adrianne Palicki… – Musique : Ramin Djawadi – Durée : 90 mn – Distributeur : Metropolitan

Un matin, les habitants d’une ville américaine se réveillent pour découvrir l’incroyable : des forces armées étrangères sont en train de les envahir. Les États-Unis sont attaqués, des centaines de parachutistes pleuvent du ciel, et ce n’est que le début… Très vite, les citoyens sont faits prisonniers et l’ennemi occupe le secteur. Un groupe de jeunes parvient à s’enfuir et se cache dans les bois. Ils n’ont pas dit leur dernier mot. Il n’est pas question pour eux de se laisser voler leur liberté et leur pays…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s