[Actus] TOP/FLOP de l’année 2014 – 3e partie

Pas très assidu cette année, je ne retiendrai qu’un Top mal compris et pourtant important pour l’évolution du film spatial, une (re)découverte de la plus effroyable trogne du ciné d’horreur, une révérence singulière, un I’ll be back badass, décérébré mais plus fun qu’Expendaboules et deux tv shows aux potentiels énormes !

– INTERSTELLAR (Christopher Nolan)

INTERSTELLAR

Film d’auteur pompeux, pédant, long et chiant à mourir… Théories foireuses et inutiles…Mais non, je plaisante !!!!
Blockbuster assumé et accessible à un très large public, ayant le culot de développer plusieurs théories scientifiques en utilisant un langage appuyé, sans doute redondant et un poil trop intuitif… mais globalement adapté au plus grand nombre… Nolan se rachète une petite conduite après son trop prétentieux INCEPTION. Certes, INTERSTELLAR n’échappe pas aux défauts inhérents aux blockbusters conventionnels (certains raccords douteux, messages hypers rationnels, morale évidente et mise en scène parfois starisée) mais il place le spectateur face à des propositions de concepts visuels inédits parmi lesquels on trouve le saut à travers le trou de vers mais aussi la représentation du Tesseract (la bibliothèque de la chambre de Murphy en 4 dimensions), ce qu’un lecteur de « Hard SF » pourrait imaginer en lisant des œuvres comme Eon de Gregg Bear (et plus précisément la découverte, dans les « chambres » du cailloux – vaisseau interstellaire terrien venu du futur… , de bibliothèques regorgeant de livres traduits dans toutes les langues terriennes… des livres d’histoire sur l’humanité à une époque propice aux guerres en tout genre et la menace d’une extinction imminente…). Le tout accompagné d’une musique de Hans Zimmer enivrante et volontairement répétitive comme la métaphysique ou le langage binaire… Un objet fantasmatique en somme qui nous laisse cependant grandement frustrés, Nolan pouvait aller encore plus loin dans son délire spatial et développer ses idées ! INTERSTELLAR ouvre néanmoins en grand les portes d’un cinéma de SF populaire, divertissant et évolutif pour les futures propositions.

– MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE – Restauration 2014 (Tobe Hooper)

MASSACRE A LA TRONCONNEUSE

Soirée spéciale dans un petit cinéma de quartier (Le Lux à Caen pour ne pas le nommer…). On s’apprête à projeter un film d’épouvante, oeuvre restaurée à partir d’une vieille pélloche… Une épreuve suffocante et palpitante pour un public composé d’avertis aficionados au genre et de néophytes curieux mais déjà mal à l’aise. Au moment de l’extinction des lumières, chacun connait ou a une idée du contenu et du contexte, sait que le film est engagé, conscient qu’il est vorace, viscéral… Mais même pour la plupart d’entre nous, ces images subliminales qui défilent dans nos têtes ne sont que de vagues souvenirs et de surcroît, l’expérience en salle est inédite… Puis, tout le monde s’engouffre…. Texas lumineux, poussiéreux et désertique des années 70, désœuvré et défavorisé par l’industrialisation du pays et la conquête du Vietnam, incitant ainsi ses quelques habitants à devenir des « rednecks » en puissance au sens de l’accueil… Qu’on voudrait ne pas imaginer… Nous voilà plongés, donc, dans un volcan de lumière et de chaleur, comme un rouleau compresseur aplatissant l’enrobé bouillonnant sur l’asphalte, oui, tout est perceptible, d’autant que la musique « industrielle » nous met davantage de pression. Quel bonheur (et terreur) d’observer tant de détails lors des séquences de nuits, redécouvrir la ferme de la famille de bouchers la plus morbide du cinéma, de voir foncer droit sur soi Leatherface !!! Et puis ces sons, toujours stridents, sans artifices inutiles… A peine 1h30 de tension palpable, des strapontins soudés aux fesses, les accoudoirs broyés par des mains dont on ne pouvait soupçonner une telle force… Saisissant. Référence culte, évidemment.

– LE VENT SE LEVE (Hayao Miyazaki)

LE VENT SE LEVE

Comme une brise annonçant la fin d’un long et ingénieux roman intitulé « GHIBLI, FIN DU REGNE MIYAZAKI ». Loin de la magie et de l’onirisme de ses précédentes œuvres, le maître Miyazaki nous parle de sa vie d’Homme sur le ton le plus sérieux et le plus humble possible mais toujours de manière poétique et émouvante. Visuellement, Il n’a pas caché ou maquillé sa passion pour l’aviation, la candeur de la féminité et ce qui anime toutes ses folles aventures. Il adresse probablement un message d’adieu à l’animation en laissant le studio à la nouvelle génération.

– SABOTAGE (David Ayer)

SABOTAGE

Mise en scène à l’emporte-pièce, dialogues écrits en voiture (tout terrain sans doute) mais un récit bien plus intéressant et « émouvant » que la trilogie de Sly (EXPENDABLES). Et surtout, c’que c’est agréable de retrouver un Schwarzy qui ne soit pas en synthèse, en action héro pédagogue et heureux d’en découdre avec le cartel mexicain. Pêchu, graphiquement tripant : Banzaï !

– TRUE DETECTIVE (Nic Pizzolatto et Cary Fukunaga)

TRUE DETECTIVE

On sait tous les qualités indéniables de ce, déjà, monument du petit écran, une petite révolution, filiation probable de TWIN PEAKS (oh pinaise, 2016…). Vraie remise en question d’un format, grâce notamment aux interprétations bluffantes d’acteurs confirmés, qui a besoin d’une refonte totale !

– IN THE FLESH (Dominic Mitchell)

IN THE FLESH

Et bien voici une série inspiratrice à suivre. Diffusée sur BBC THREE depuis 2013 (la saison 2 s’est terminée en juin dernier), IN THE FLESH relate la réhabilitation dans la société de la campagne anglaise, des non-morts, initialement décédés en 2009, des zombies médicalement traités, par le gouvernement. Surnommés « les pourris » par la population, les Survivants du Syndrome de la Mort Partielle (SSMP) ont la difficile mission de se réinsérer dans leur communauté et d’affronter les préjugés de groupuscules armées. Véritable bijou, intelligent, émouvant, gore, une curiosité qui peut prétendre succéder à l’oeuvre de George A. Romero. Moderne dans son concept de la résurrection de l’humanité et des idéologies, respectueux quand il s’agit de dépeindre une Angleterre traditionnelle, Mitchell met la famille au centre de son histoire, celle qui aime, qui entre en conflit, celle qui se bat pour des valeurs commune à tout un village. IN THE FLESH tend à être réaliste… Et y parvient au point de rendre quasi-transparent le prétexte zombie… Une fiction d’anticipation innovante, efficace, poignante… Quand on connait notre actualité toute récente, cette série regorge de réflexions utiles.

Texte : SIMON BLANCHEMAIN

Rédacteur sur Obsession B.
Passionné de cinéma de genre (américain avant tout) des années 80 et 90, Simon est nostalgique des œuvres de Lynch, Friedkin qui lui ont apporté le plus d'émotions, Ridley Scott ou James Cameron pour les plus spectaculaires. En remontant le temps, ses chocs en terme de cachet esthétique et narratif, sont Nosferatu de Murnau et La nuit du chasseur de Laughton. Puis, il y a la découverte de Georges A. Romero qui lui ouvre les yeux sur ce que le cinéma apporte à nos sociétés en matière d'analyse, de comportement humain et sur tout ce qui nous confronte au quotidien. Simon est également ouvert aux propositions des Cuaron, Nolan, Bong Joon-ho et aux indépendants comme Jeff Nichols. Mais il vibre surtout pour un élément vital du septième art, sans quoi la vie d'un homme n'en serait que plus terne d'ailleurs, la "Femme" au cinéma...
Contact : namshou@gmail.com

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