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[Critique] THE BYE BYE MAN de Stacy Title

Conçu de toute évidence pour enclencher une nouvelle franchise horrifique, THE BYE BYE MAN de la revenante Stacy Title, avec son boogeyman albinos, porte décidément bien son nom... Médiocre, le film ne devrait pas connaître de descendance...

THE BYE BYE MAN de Stacy Title

THE BYE BYE MAN de Stacy TitleCela faisait pas mal d’années que l’on n’avait plus de nouvelle de Stacy Title. Remarquée en 1995 avec son premier long-métrage, le grinçant L’ultime souper, avec Cameron Diaz, la réalisatrice s’est faite plus discrète par la suite, accouchant de séries B sans grand intérêt (l’anthologie Hood of Horror avec Snoop Dog, en 2007), et participant actuellement à l’écriture de la série télévisée King Kong Skull Island. Portée pour ainsi dire disparue, la voici qui se rappelle à notre bon souvenir avec The Bye Bye Man.
La cinéaste revient par la voie du film d’horreur, il faut dire particulièrement à la mode ces derniers temps et idéal pour se remettre en selle. The Bye Bye Man s’inscrit dans la grande tradition du film de boogeyman, démocratisé avec des personnages emblématiques comme Freddy Krueger et remis au goût du jour par l’inévitable producteur Jason Blum (Sinister). Ici, il est question d’un être surnaturel, le dénommé Bye Bye Man, donc, qui s’attaque à un trio de jeunes étudiants emménageant dans une vieille bicoque. Ces derniers ne tardent pas à découvrir, dans une vieille table de chevet, l’étrange avertissement “Don’t think it, don’t say it…” associé au nom The Bye Bye Man. Evidemment, une séance de spiritisme plus tard, le fait de prononcer le blase du boogeyman déclenche sa malédiction, la créature va dès lors leur pourrir la vie. Jusqu’à la mort. Rien de bien original dans le pitch de ce qui apparaît clairement comme un énième succédané du chef d’oeuvre du genre, Candyman de Bernard Rose. Pour autant, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. Et on y croit sérieusement lorsque le film s’ouvre avec une séquence forte, mettant en scène un homme assassinant son entourage à l’aide d’un fusil, dans une banlieue pavillonnaire en 1969. Radicale, filmée en plan-séquence, la scène accroche immédiatement et intrigue. Un amuse-bouche qui ne sera malheureusement pas confirmé par la suite. Le jusqu’au boutisme de cette entrée en matière laisse malheureusement vite place à un trop conventionnel et opportuniste film d’horreur de série. Personnages têtes à claques, situations incohérentes en pagaille, clichés à la pelle… The Bye Bye Man ne nous épargne rien en la matière. Pire, l’intrigue, pourtant rabâchée des centaines de fois, trouve le moyen de devenir quasiment incompréhensible et d’un ennui mortel, les pistes du récit s’enlisant les unes après les autres. Le trio de jeunes protagonistes (deux amis d’enfance et la copine de l’un d’eux) compose un triangle amoureux à peine esquissé, tandis que l’enquête menée par le personnage principal visant à comprendre le pourquoi du comment du Bye Bye Man sombre dans une arythmie neurasthénique… Le gros problème du film vient du fait que ses auteurs ne semblent jamais prendre conscience de la connaissance du spectateur, qui a toujours trois wagons d’avance sur les personnages. Assez mal écrit, le film propose des tenants et aboutissants extrêmement confus dont on finit par se moquer éperdument.

THE BYE BYE MAN de Stacy Title

Opération de recyclage

Le peu d’enthousiasme généré par The Bye Bye Man est d’autant plus frustrant que tout n’est pas à jeter dans ce projet au concept pas si repoussant au demeurant. L’exploration des légendes urbaines, la paranoïa qui en découle et la contamination du mal sont des éléments toujours passionnants quand ils sont bien exploités. Stacy Title démontre par ailleurs par instants une certains maîtrise de la mise en scène, plutôt appliquée, ample quand il le faut (la séquence d’ouverture) et aux cadrages par moments assez audacieux. Autre bon point, les apparitions du Boogeyman (un grand albinos encapuchonné, à l’apparence raisonnablement flippante, accompagné d’un chien écorché !), si elles ne sont pas originales, restent efficaces. Dans son premier tiers, la lente montée en tension fonctionne d’ailleurs assez bien, si l’on passe outre les inévitables jump-scares de paresseux, proposant même des idées intriguantes et bienvenues (ces étranges petites portes dans la chambre, ces zones d’éclairages tranchés, les yeux dans l’obscurité, le train qui avance dans la nuit…)
Pour autant, ces menues qualités finissent par n’être au service de rien. Si ce n’est une vaste opération de recyclage, lorgnant tellement à droite et à gauche que l’on y retrouve même des traces de la saga Destination Finale, ici complètement hors de propos. L’interprétation est clairement à la ramasse, et les “guest” venues cachetonner (Carrie-Anne Moss, Faye Dunaway, quand même !) n’échappent pas à la médiocrité de l’ensemble. Pas complètement honteux mais trop insignifiant, The Bye Bye Man est le prototype du concept intéressant mais que ses auteurs n’ont pas su exploiter.
Véritable four aux Etats-Unis, le film n’est finalement pas sorti en salles par chez nous. Des résultats décevants qui laissent à penser qu’il y a peu de chance que le Bye Bye Man revienne un jour sur les écrans, même si le final laisse entendre le contraire…

THE BYE BYE MAN de Stacy Title


THE BYE BYE MAN
Stacy Litle (USA – 2017)

1-5Genre Horreur – Interprétation Douglas Smith, Lucien Laviscount, Cressida Bonas, Faye Dunaway, Carrie-Anne Moss, Doug Jones… – Musique The Newton Brothers – Durée 96 minutes – Disponible chez Metropolitan Filmexport.

L’histoire : Lorsque trois étudiants s’installent dans une vieille maison aux abords de leur campus, ils libèrent inconsciemment le Bye Bye Man, une entité surnaturelle qui ne hante que ceux qui découvrent son nom. Les amis comprennent alors qu’il n’y a qu’un moyen d’échapper à sa malédiction et d’éviter qu’elle ne se propage : ne pas le dire, ne pas y penser…

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