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[Be Kind Rewind] LE RETOUR DES MORTS VIVANTS de Dan O’Bannon (1985)

Replacé sur le devant de la scène grâce à une très belle édition Blu-ray signée Le Chat qui fume, l'emblématique RETOUR DES MORTS VIVANTS de Dan O'Bannon n'a pas pris une ride et se déguste avec toujours autant d'appétit... "Braaaaaaaain !"

LE RETOUR DES MORTS VIVANTS de Dan O'Bannon

LE RETOUR DES MORTS VIVANTS de Dan O'BannonEn 1968, La Nuit des Morts Vivants de George A. Romero terrorisait les spectateurs par son théâtre macabre de cadavres ambulants dans un noir et blanc esthétique qui a marqué durablement les rétines du monde entier. Sa suite, Zombie (Dawn of the Dead en VO), sortie en 1978, ajoute une sérieuse couche à l’horreur en y associant de manière audacieuse un discours sociétal et consumériste, mais cette fois-ci dans un déluge de couleurs et de gore.

Face au sérieux inébranlable de cette double entreprise de déconstruction du genre humain, l’un des scénaristes de La Nuit des Morts Vivants, John Russo, planche dès lors sur un autre itération du film de zombie, alors que Le Jour des Morts Vivants (Day of the Dead) se profile, toujours sous la houlette de Romero. On est en 1985. Le script est ensuite confié à Dan O’Bannon, co-créateur de la saga Alien (1979), mais également co-scénariste de Dark Star de John Carpenter (1974), Réincarnations de Gary Sherman (1981), Lifeforce de Tobe Hooper (1985), Total Recall de Paul Verhoeven (1990) ou encore Planète Hurlante de Christian Dugay (1995). Bref, une sacré pointure dans le genre. Sous la plume d’O’Bannon, le script de Russo est expurgé d’une grande partie de ses liens avec la saga de Romero. De fait, il prend quasiment à contre-pied tous les codes mis en place par le réalisateur de Pittsburgh. Le Retour des Morts Vivants sort quelques mois plus tard, avec une personnalité qui lui est propre. Le film, réalisé par Dan O’Bannon lui-même, s’éloigne considérablement de son modèle en évacuant tout discours social un tant soit peu sérieux et horreur très premier degré. Le Retour des Morts Vivants emprunte au contraire les chemins dégagés, et non moins excitants, de la pure série B, du film d’exploitation fun et décomplexé. Trente ans plus tard, il est d’ailleurs toujours considéré comme un mètre étalon du genre.

LE RETOUR DES MORTS VIVANTS de Dan O'Bannon

Du méta avant l’heure

Le film part d’un constat aussi inquiétant que loufoque : des barils militaires renfermant des cadavres (issus du film de Romero ?) sont stockés dans une entreprise de fournitures médicales, à la merci du premier abruti venu. Et ça tombe bien, des personnages hauts en couleurs, on en a une palette ici. Que ce soit Franck et Freddy, deux employés qui commettent l’irréparable en libérant un gaz toxique et contaminant, permettant aux morts de se relever… Ernie, le spécialiste en crémation… Ou encore cette bande de punks anarchistes qui investissent un cimetière en pleine nuit.
Dans Le Retour des Morts Vivants, l’horreur est traitée sur le ton de l’humour absurde et du second degré, sans pour autant sacrifier les aspects les plus ouvertement horrifiques. Personnages et dialogues sont volontairement caricaturaux, dans une démarche que l’on pourrait appréhender, avec du recul, comme une approche quasi-méta du genre. Cette recette outrancière a beaucoup fait pour la popularité du film. Mais elle ne fonctionnerait pas aussi bien sans le soin apporté aux effets spéciaux. Des débordements gores aux zombies en animatronique, aussi soignés que délirants, les trucages tiennent encore sacrément bien la route aujourd’hui. C’est d’ailleurs dans l’approche des morts vivants que la différence avec les films de George A. Romero se fait le plus sentir, puisqu’ici, ce ne sont pas des cadavres en putréfaction qui déambulent lentement, mais des affamés se déplaçant à toute allure. Et, comble du sacrilège, qui se trouvent dotés de parole. Une révolution dans la représentation du mort vivant. Le fameux « Braiiiiiiin » déclamé par les cadavres a ainsi autant marqué les consciences que le film lui-même.
S’intégrant dans les canons du genre avec son lieu unique, son unité de temps resserrée en une seule nuit, Le Retour des Morts Vivants baigne dans une ambiance horrifique, parfois inquiétante, souvent amusante mais toujours gorgée de générosité.

LE RETOUR DES MORTS VIVANTS de Dan O'Bannon

Atmosphère rigolarde et débordements gores

Pur produit de divertissement des 80’s, Le Retour des Morts Vivants n’en est pas pour autant une bande réalisée à la va-vite pour surfer sur un succès. Dan O’Bannon a su trouver un équilibre parfait entre tous ses ingrédients : une mise en scène classique mais efficace, bourrée de trouvailles visuelles et scénaristiques, une atmosphère rigolarde (quoiqu’un peu inquiétante sur les bords) et de véritables débordements gores, le tout baignant dans une musique punk/rock/FM typique de l’époque. Loin de se moquer du genre, Le Retour des Morts Vivants en est l’un de ses plus fidèles représentants, agissant toujours dans un profond respect du genre, un peu à la manière de ce qu’avait fait (toutes proportions gardées) Roman Polanski avec Le Bal des vampires, ou plus proche du sujet, Edgar Wright avec Shaun of the Dead. D’ailleurs, le film, pur produit de son temps qui n’avait certainement pas d’autre ambition que de divertir, se voit aujourd’hui avec toujours autant de plaisir, dispose de ses moments cultes inscrits dans la mémoire du public (la scène de danse de Linnea Quigley, nue, sur une tombe) et figure clairement parmi les grandes réussites du genre.


LE RETOUR DES MORTS VIVANTS
Dan’O Bannon (USA – 1985)

4Genre/Horreur – Interprétation/Clu Cugaler, Don Calfa, James Karen, Tom Matthews, Linnea Quigley… – Musique/Matt Clifford – Durée/87 minutes. Disponible chez Le Chat qui fume.

L’histoire : Franck et Freddy, deux employés d’UNEEDA, société de fournitures médicales, libèrent accidentellement un gaz toxique d’un conteneur militaire stocké dans la cave de l’entreprise depuis la fin des années soixante. Pendant ce temps, Tina, la petite amie de Freddy, décide de l’attendre dans un cimetière voisin avec ses amis punks. Malheureusement pour eux, la maladresse de Franck et Freddy va déclencher une invasion de morts vivants et transformer cette nuit en cauchemar.


L’édition du Chat qui fume

Le Chat qui fume délivre à nouveau un magnifique packaging (avec jaquette non censurée), doté d’un livret regroupant des photographies d’exploitation et affiches du film (réservé aux acheteurs passant par le site de l’éditeur), cette édition propose le film sur Blu-ray et sur DVD, accompagné d’un second DVD pour les bonus.

LE RETOUR DES MORTS VIVANTS de Dan O'Bannon

Techniquement, le master HD proposé est sublime, rigoureusement nettoyé, il en résulte une image splendide, d’une propreté sans faille, d’une netteté diabolique et surtout, d’une précision incroyable, tout en conservant un chouïa de grain, suffisant pour rappeler d’où vient le film.

Niveau sonore, le boulot est également très bien fait. Les dialogues sont clairs, les effets et la musique tonitruants au possible. Pour autant, pas de trace de pistes en 5.1, mais un bon 2.0 DTS-HD Master des familles, qui vient prouver que, bien équilibré et nettoyé, une répartition moindre peut s’enorgueillir d’un dynamisme sidérant.

Mais c’est évidemment, et comme d’habitude, du côté de l’interactivité que l’éditeur fait la différence. Une formule à laquelle on est désormais habitué mais que l’on se plaît à retrouver à chaque édition. Celle-ci ne déroge pas à la règle et fonctionne à plein régime, tant elle déborde de générosité. Et on a droit à nouveau à une belle tripotée de bonus. Le principal morceau étant « More brains ! Un retour chez les morts vivants » un documentaire rétrospectif gargantuesque de 2 h revenant sur absolument tous les aspects du film et donnant la parole à l’ensemble de ses concepteurs, des comédiens aux responsables d’effets spéciaux, en passant par le co-scénariste ou le directeur de la photo, dévoilant au passage des images de tournage et anecdotes sur les nombreux aléas de production, les soucis juridiques, mais également sur le culte rétrospectif que le film a fini par engendrer.
D’autres focus thématiques sont proposés sur les effets spéciaux, la musique (une trentaine de minutes chacun) et les origines du projet (15′). Une douzaine de minutes de scènes inédites brutes, des images de tournage, la bande-annonce et surtout, la possibilité de voir le film en version VHS « Open Matte » et en format 1.33, complètent un menu de suppléments extrêmement complet.

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