-Films Mauvais

[Critique] LA CHAMBRE DES OUBLIÉS de D.J. Caruso

Enième film de maison hanté/fantôme/bouh/jump-scares and co... LA CHAMBRE DES OUBLIES n'a pas pour seul effet de faire bailler le spectateur : il a également la vertu de confirmer la chute artistique vertigineuse du réalisateur D.J. Caruso...

LA CHAMBRE DES OUBLIES de D.J. Caruso

2024091Dans l’avalanche de productions horrifiques qui déboulent tous les mois sur les écrans, il devient de plus en plus difficile de faire son choix, quand bien même la qualité des films produits est extrêmement variable. Dénicher un bon film devient un parcours du combattant devant les produits ineptes et sans goûts. La Chambre des oubliés, qui débarque en France directement en DVD suite à son flop américain, est un énième récit de maison hantée, avec fantômes et secrets enfouis qui refont surface. Pour autant, le film peut se targuer de disposer d’une fiche technique pour le moins intrigante. Le réalisateur D.J. Caruso, passé du statut de cinéaste prometteur (Salton Sea, 2002) à “Yes man” sans inspiration à la solde des studios (xXx : Reactivated, 2017) derrière la caméra. La starlette du film d’action fantastico/SM (la saga Underworld) Kate Beckinsale en tête d’affiche. L’échappé de Prison Break, Wentworth Miller, au scénario. Ajouté à cela Rogier Stoffers (Brimstone, 2016) à la photographie et Brian Tyler (John Dies at the End, 2012) à la musique, le film semblait suffisamment armé pour se démarquer de la pléthore d’œuvres du même genre qui pullulent sur les écrans. Bon, on ne va tourner autour du pot, une accumulation de noms ne se substituant jamais à une bonne dose d’inspiration, c’est loupé. Non seulement La Chambre des oubliés ne sort pas du lot, mais le film est même complètement raté.

ciuq

Des clichetons à la pelle…

On ne pourra pas reprocher au film de D.J. Caruso de ne pas respecter à la lettre le cahier des charges des productions horrifiques actuelles (merci Blumhouse Productions !). On est donc en présence d’un couple et de sa progéniture qui essaye de surmonter un traumatisme, et qui déménage dans un vieux manoir isolé au fin fond de la campagne. Ok. Le bâtiment dissimule une pièce mystérieuse et renfermant d’horribles secrets. Certes. Apparitions spectrales, terrifiant chien de l’enfer (coucou La Malédiction), enquête au département archives, héroïne qui ne sait plus si elle ne perd pas la boule… Le tout avec une caution historique, les fameuses chambres des oubliés du titre, dans lesquelles les aristocrates du XIXe siècle dissimulaient aux yeux du monde leurs progénitures souffrant d’une malformation ou d’un handicap physique. L’argument a du potentiel, mais son traitement est bien insuffisant. On pourrait continuer à lister l’ensemble des clichés et lieux communs que le scénario de La Chambre des oubliés se complaît à énumérer sans jamais se poser la question de l’originalité, ni de l’angle d’attaque du film. Pourtant salué sur le superbe Stoker de Park Chan-wook, le travail d’écriture de Wentworth Miller n’est pas ici à la hauteur.

FA_image_00069610

Et l’ambition, bordel ?

Si l’amoncellement d’archétypes et le manque de surprise ne suffisent pas forcément à faire un film médiocre, La Chambre des oubliés prend bien soin en plus d’être pénible à suivre. Pénible car monté en dépit du bon sens et haché comme c’est pas permis. On décèle d’ailleurs très rapidement un charcutage en règles tant certaines scènes se succèdent de manière incohérente. Le tout est abrupte, et donne l’impression d’une juxtaposition de séquences, sans logique narrative, destinée à alimenter le fameux cahier des charges évoqué ci-dessus. Malgré une photographie assez réussie, La Chambre des oubliés souffre par ailleurs d’une caractérisation des personnages grossière et d’une interprétation défaillante. Kate Beckinsale est bien jolie, mais son jeu est extrêmement limité, pour ne pas dire à côté de la plaque. La comédienne d’Underworld donne l’impression d’être là pour son physique et les quelques réminiscences d’une brève gloire passée. Le reste du casting est à l’avenant…
Au final, avec sa starlette de seconde zone, ses jumps-scares fatigants, son twist final qui se renifle dès la première bobine et son manque total d’ambition, cette Chambre des oubliés fait peine à voir. Creux, sans surprise, dépourvu de substance, mal fagoté, le film de D.J. Caruso donne la désagréable sensation d’être un produit destiné à surfer sur la vague horrifique actuelle. Et c’est probablement le plus pénible à avaler…

gj09


LA CHAMBRE DES OUBLIÉS
D.J. Caruso (USA – 2016)

Note : 1Genre Horreur – Interprétation Kate Beckinsale, Mel Raido, Gerald Mcraney, Lucas Til… – Musique Brian Tyler – Durée 90 minutes. Disponible en vidéo chez Metropolitan (13 novembre 2017).

L’histoire : Une famille emménage dans une maison à la campagne pour prendre un nouveau départ. Dana, la mère, découvre alors une porte fermée menant à une pièce absente des plans de la bâtisse. Percer le mystère de cette chambre secrète devient pour Dana une obsession.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s