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[Be Kind Rewind] LE FANTÔME DE L’OPÉRA de Terence Fisher (1962)

Le mythique FANTÔME DE L’OPÉRA de Gaston Leroux trouve l'un de ses plus beaux écrins cinématographiques dans sa version Hammer de 1962, sous la houlette de l'inévitable Terence Fisher...

LE FANTÔME DE L’OPÉRA de Terence Fisher

LE FANTÔME DE L’OPÉRA de Terence FisherClassique de la littérature gothique, Le Fantôme de l’Opéra est une oeuvre multi adaptée depuis l’aube du cinéma, que ce soit sur grand comme sur petit écran, donnant lieu bien souvent à de véritables petites pépites filmiques. Les versions de Rupert Julian en 1925, Arthur Lubin en 1943, ou encore Brian De Palma en 1974 ont offert de splendides écrins au roman de Gaston Leroux. Il était parfaitement inenvisageable que l’histoire ne séduise pas la Hammer films, mythique société de production britannique qui a offert quelques uns des plus beaux fleurons de l’histoire du cinéma fantastique. La rencontre s’effectue en 1962 devant la caméra de l’inévitable Terence Fisher, réalisateur star et vénéré de la maison, auteur des chefs d’œuvres Frankenstein s’est échappé (1957) et Le Cauchemar de Dracula (1958), qui se devait d’offrir une version cinématographique à la hauteur du Fantôme de l’Opéra.
Transposée de Paris à Londres, l’intrigue de cette adaptation britannique reste relativement fidèle au matériau original. Tournée en partie dans les luxueux décors du Royal Opera House de Covent Garden, cette version de Terence Fisher dispose d’un cachet indéniable, transcendé par la maîtrise et l’expérience du cinéaste. Car Le Fantôme de l’Opéra porte bien la patte stylistique du réalisateur, qui joue admirablement de ses décors, associant à l’architecture et à l’espace du Royal Opera House, des environnements typiquement gothiques avec en premier lieu l’antre souterraine du fantôme. Terence Fisher y déploie tout son sens du cadre, sa rigueur de la composition d’image et cette approche du fantastique un peu plus vaporeuse qu’à l’habitude, l’intrigue du Fantôme de l’Opéra n’abordant le fantastique que sous une forme plus atmosphérique que tangible.

LE FANTÔME DE L’OPÉRA de Terence Fisher

Atmosphère, atmosphère…

Visuellement aboutie et par instants somptueux, Le Fantôme de l’Opéra version Hammer est de toute évidence l’une des meilleurs adaptations du mythe, profitant au passage d’une interprétation générale très convaincante, notamment d’Herbert Lom qui apporte une inquiétante présence sous le masque du fantôme. Fisher prend également un soin tout particulier à filmer les scènes d’opéra, un peu à la manière de Dario Argento dans son Opéra de 1987, créant un pont entre la tragédie sur scène et la trajectoire de la jeune cantatrice Christine Charles. Avant tout atmosphérique, cette version est assez sage sur les excès sanglants, puisque les meurtres et démonstrations d’hémoglobine ne sont pas légion. Mais elle questionne les notions de bien et de mal, brouillant les cartes entre un artiste damné au physique repoussant et un directeur d’opéra misogyne et abject sous toutes les coutures (l’excellent Michael Gough, habitué de la Hammer, également vu dans Batman et Sleepy Hollow de Tim Burton).
Cette version Hammer s’octroie par ailleurs quelques écarts avec le roman de Gaston Leroux. Rien d’extraordinaire ni de très préjudiciable, puisqu’il adjoint au personnage du fantôme, un comparse/assistant muet, protagoniste récurrent des habituelles oeuvres de la société de production. L’aspect romantique du roman de Gaston Leroux, le triangle amoureux est également mis de côté, la vengeance du fantôme et le côté tragique de son existence (ainsi que son destin), sont privilégiés.
Il en résulte une oeuvre forte, plastiquement très aboutie avec une photo magnifique, une des plus belles réussites de Terence Fisher qui vient dénoter tout le savoir-faire et l’inspiration de la Hammer en 1962, période dorée de la société britannique.


LE FANTÔME DE L’OPÉRA
Terence Fisher (Royaume Uni – 1962)

Note : 4Genre Fantastique – Interprétation Herbert Lom, Heather Sears, Edward de Souza, Michael Gough… – Musique Edwin Astley – Durée 87 minutes. Distribué en Blu-ray par Universal (7 novembre 2017).

L’histoire : 1900. Une malédiction semble frapper l’Opéra de Londres. Alors que les tragédies se succèdent, la rumeur de la présence d’un mystérieux fantôme orchestrant en coulisse les accidents enfle de plus en plus. Lors d’une première prestigieuse, son existence ne fait plus de doute quand Christine Charles, l’étoile montante de l’Opéra, est enlevée par le fantôme. Elle va découvrir les terribles secrets cachés sous le masque couvrant son terrifiant visage.

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