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[Critique] JURASSIC WORLD : FALLEN KINGDOM de Juan Antonio Bayona

Porté par un Juan Antonio Bayona aussi inspiré que le projet est formaté, JURASSIC WORLD : FALLEN KINGDOM sauve les meubles grâce au savoir-faire de son réalisateur qui emballe une série B dynamique donnant la part belle aux monstres...

Les dinosaures ont la cote. La saga Jurassic Park a trouvé un second souffle en 2015 avec la sortie de Jurassic World. Avec plus d’un milliard et demi de dollars de recettes, le film dérivé de l’univers créé initialement par Michael Crichton et porté à l’écran par Steven Spielberg a été un énorme succès, malgré des retours critiques un peu tièdes. Exit le réalisateur Colin Trevorrow pour la séquelle de cette nouvelle trilogie, c’est au tour de Juan Antonio Bayona de passer derrière la caméra. Un changement salvateur tant le cinéaste espagnol affiche une personnalité et un talent évidents (L’Orphelinat, 2007, The Impossible, 2012 et Quelques minutes après minuit, 2016). Jurassic World : Fallen Kingdom prolonge son prédécesseur, alors que sur leur île à l’abri des regards, les dinosaures sont menacés d’une nouvelle extinction par l’irruption prochaine d’un volcan. Claire Dearing (Bryce Dallas Howard) et Owen Grady (Chris Pratt), les héros du précédent volet, repartent pour une mission de sauvetage clandestine alors que l’opinion générale souhaiterait laisser les dinosaures y passer… Mais tout ne se passe pas comme prévu…

Rien de bien neuf…

La saga Jurasic Park n’est qu’un éternel recommencement… Des humains lâchés dans un territoire progressivement conquis par les dinos et dont il va falloir s’extraire. Des mercenaires à la gâchette facile. Des utopistes doux-rêveurs qui se bercent d’illusion. Et des costards cravates cupides qui tirent les ficelles… Avec Fallen Kingdom, rien de nouveau sous le soleil. La formule est répétée à nouveau, avec plus ou moins de bonheur. De toute évidence, ce n’est pas du côté de l’intrigue qu’il faudra se pâmer de bonheur avec ce nouvel épisode, bien au contraire (la présence de Colin Trevorrow au scénario explique peut-être cela…). Enchaînant platement les péripéties habituelles, ce cinquième opus de la saga est proprement inintéressant et ne fait en rien avancer un semblant un semblant de discours sur la saga. Fort heureusement, les producteurs ont eu du nez en embauchant Bayona. Le réalisateur nous sauve d’une probable catastrophe industrielle grâce à son talent de metteur en scène et sa sensibilité. Formidablement mis en image, Fallen Kingdom est un vrai plaisir visuel. Bayona refuse le surdécoupage, tire au mieux parti de ses décors et emballe quelques solides scènes d’action comme la fuite de l’île ou toute la partie finale. La scène de l’extraction de l’île est représentative des points forts et des faiblesses du film : des péripéties toutes plus absurdes et improbables les unes que les autres mais rendues jubilatoires par la maestria de la réalisation de Bayona. Le réalisateur de L’Orphelinat investit tout son savoir-faire dans ce pur produit de commande. Mieux, il parvient à se l’approprier par instants, avec une seconde partie loin d’être irréprochable en termes de construction scénaristique et suspension d’incrédulité, mais d’une noirceur assez inédite au aspirations gothiques audacieuses et apportant une véritable coloration originale au film.

Objectif : Monstres

D’abord prédateurs, les hommes deviennent progressivement proies, puis victimes, dans une seconde partie violente que Bayona prend un plaisir évident à filmer. On comprend mieux dès lors pourquoi ses personnages sont des stéréotypes aux réactions caricaturales, puisque les vedettes de Fallen Kingdom sont belles et bien les dinos. La noirceur et l’ambition de faire de ce second acte un authentique film de terreur est une note d’intention évidente, que le cinéaste espagnol a largement les épaules de porter, Jurassic World : Fallen Kingdom devient dès lors le vrai film de monstre qu’il souhaite mettre en scène.
Même s’il collectionne les points faibles : personnages caricaturaux, héros sans épaisseurs, acteurs en roue libre, progression de l’intrigue trop resserrée, Jurassic Park : Fallen Kingdom brille incontestablement par une mise en scène inspirée et une sensibilité fantastico-gothique propre à son auteur. Et un amour pour les monstres qui le rapproche incontestablement de Guillermo del Toro (son producteur sur L’Orphelinat). Quant à la franchise Jurassic Park, le retour de Colin Trevorrow aux manettes du prochain opus ne laisse rien augurer de bon…


JURASSIC WORLD : FALLEN KINGDOM
Juan Antonio Bayona (USA – 2018)

Genre Action/Aventure – Interprétation Bryce Dallas Howard, Chris Pratt, Rafe Spall, Justice Smith, Daniella Pineda, James Cromwell… – Musique Michael Giacchino – Durée 128 minutes. Distribué par Universal Pictures (Page Facebook – en DVD, Blu-ray et VOD depuis le 9 octobre 2018).

L’histoire : Cela fait maintenant trois ans que les dinosaures se sont échappés de leurs enclos et ont détruit le parc à thème et complexe de luxe Jurassic World. Isla Nublar a été abandonnée par les humains alors que les dinosaures survivants sont livrés à eux-mêmes dans la jungle. Lorsque le volcan inactif de l’île commence à rugir, Owen et Claire s’organisent pour sauver les dinosaures restants de l’extinction.

Chronique réalisée en partenariat avec Cinetrafic, qui propose une sélection des plus belles scènes d’action de l’année et tous les blockbusters.

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