[Chronique] PIFFF 2022 : STRANGE DAYS de Kathryn Bigelow (1995)

Apocalypse Now

En marge d’une table ronde organisée pour évoquer le passé, le présent et l’avenir de la revue phare française du cinéma de genre Mad Movies, et à l’occasion des 50 ans du magazine, le Paris International Fantastic Film Festival a fait l’offrande aux spectateurs avisés ou néophytes d’une projection du très cash et efficace Strange Days de Kathryn  Bigelow ! Dans une version 35 mm, s’il vous plaît. Un très beau cadeau en effet, le film reste aussi puissant et cohérent, plus de 25 ans après sa sortie… Malgré un succès relativement médiocre à l’époque : 10 M$ de recette pour 50 M$ de budget. C’est presque quatre fois moins que ce qu’avait raflé Point Break (environ 43 M$ aux US), précédent film de la réalisatrice, quatre ans plus tôt. Une incompréhension totale ! Constat toujours admis aujourd’hui tant la thématique reste d’actualité, la mise en scène tonitruante et accompagnée d’un casting 4 étoiles. Si Bigelow n’a jamais déçu, ni avant, ni après Strange Days, la signature visuelle cyberpunk, à la tonalité bleuâtre nous projetant dans un « entre deux mondes », sur la tentatrice ligne rouge qu’il ne faudrait jamais franchir, appartient bien à James Cameron qui est allé jusqu’à développer une caméra 35mm « légère » pour le tournages des fameuses vidéos S.Q.U.I.D. Ce n’est donc pas ce combo qui a ruiné le film. 

Multiples connexions

« Pré-apocalyptique », comme le qualifiait Fausto Fasulo, rédacteur en chef de Mad Movies en préambule de la projection, Strange Days tourne sans discontinuer autour du thème de la connexion, qu’elle soit humaine, technologique ou hybride, les dialogues sont omniprésents et donnent du sens à la narration, ils sont le lien permanent entre tous les personnages (relativement nombreux, soit dit en passant). Intégré à la longue liste des films Hard Science, Strange Days est clairement dans la lignée des Silent Running, Total Recall, Ghost in the Shell, Minority Report et j’en passe. Et même si la fin du film nourrit un espoir bienveillant, ne pourrait-on pas y voir une préquelle d’Escape from L.A.… ? 
Petite note sur la musique du film : très beau score de Greame Revell qui ne composera quasiment que pour des films de genre. L’alchimie de l’éléctro et de ses textures parfois orchestrales fusionnent parfaitement avec les univers punk, métal, trip hop de Skunk Anansie, Ray Manzarek, Tricky et avec les musiques du monde de Deep Forest. Sans oublier Juliette Lewis qui a interprété toutes les chansons de son personnage Faith. 
Bref, le plaisir (en ce qui me concerne) est toujours là, même si une projection du film restauré aurait été plus adaptée et appréciée. Tout de même, merci au PIFFF.

Par Simon Blanchemain

Rédacteur sur Obsession B. Passionné de cinéma de genre (américain avant tout) des années 80 et 90, Simon est nostalgique des œuvres de Lynch, Friedkin qui lui ont apporté le plus d’émotions, Ridley Scott ou James Cameron pour les plus spectaculaires. En remontant le temps, ses chocs en terme de cachet esthétique et narratif, sont NOSFERATU de Murnau et LA NUIT DU CHASSEUR de Laughton. Puis, il y a la découverte de Georges A. Romero qui lui ouvre les yeux sur ce que le cinéma apporte à nos sociétés en matière d’analyse, de comportement humain et sur tout ce qui nous confronte au quotidien. Simon est également ouvert aux propositions des Cuaron, Nolan, Bong Joon-ho et aux indépendants comme Jeff Nichols. Mais il vibre surtout pour un élément vital du septième art, sans quoi la vie d’un homme n’en serait que plus terne d’ailleurs, la « Femme » au cinéma…
Contact : namshou@gmail.com

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