

Rob Savage a eu un petit succès en 2020 avec son peu exaltant moyen-métrage sur fond de pandémie Host et l’année suivante avec son long-métrage Dashcam, déjà un peu mieux foutu (disponible sur Shadowz depuis fin avril). Il revient cette année avec un film d’une trentaine de millions de dollars : Le Croque-Mitaine. Vendu comme efficace et angoissant, le film sera plutôt redondant et soporifique, détaillons. Le film est tiré d’une nouvelle de Stephen King venant du recueil Danse Macabre, datant de 1978, que je n’ai pas lu. Le film raconte l’histoire de Saddie, une adolescente, et Sawyer, sa cadette, qui ont récemment perdu leur mère dans un accident de voiture et doivent faire face à une créature provenant de leurs peurs les plus profondes, le Croque-Mitaine. Déjà, commençons par le fait que le trio de scénaristes derrière Host et Dashcam (Rob Savage, Gemma Hurley & Jed Shepherd) ne sont plus de la partie, laissant place à un autre trio (Mark Heyman, Scott Beck & Bryan Woods) et malheureusement, cela se ressent. On pouvait reprocher pas mal de choses à Host et Dashcam, mais leur utilisation de la peur était au minimum bien foutue et les personnages avaient un brin de sel, même si c’était déjà défectueux (notamment dans le second).

L’Horreur mainstream à son pire
Le Croque-Mitaine est d’un cliché effroyable dans la construction de ses personnages, tous archétypaux ; l’adolescente qui ne parle plus depuis la décès de sa mère, le père qui n’écoute pas sa fille car il ne sait pas non plus gérer, la fillette qui voit des trucs dans le placard… C’est assez saoulant de voir que le film ne contrecarrera jamais ces clichés ne serait-ce qu’un instant, histoire d’apporter un brin d’originalité à ses protagonistes. Au niveau des dialogues, ce n’est guère mieux, tout est d’une prévisibilité sans nom. Le problème de ce scénario pour le moins basique, c’est qu’il dessert le message du film sur le deuil qui apparaît simpliste et finalement assez peu développé. Horrifiquement parlant, le film abuse des jump scares et autres effets d’épouvante pour n’être au final que peu concluant (seule une scène m’a fait de l’effet, car bien amenée et imprévisible). Autre problème, l’utilisation des effets de lumières avec au moins cinq scènes répétitives à base de lumières qui clignotent pour soi-disant créer la terreur. Pour ce qui est de la photographie, je n’ai pas l’impression qu’il y ait beaucoup d’efforts de la part du chef-opérateur Eli Born. Le casting est plutôt sympathique mais sans démesure, Sophie Thatcher et Vivien Lyra Blair offrant un jeu assez élémentaire dans le rôle des deux sœurs. Dans les rôles secondaires, on peut retenir la prestation de Marin Ireland (The Dark And The Wicked) en sous-jeu mais il est toujours bon de la voir à l’écran, qui plus est au cinéma.
En conclusion, je ne suis donc absolument pas convaincu par ce métrage qui coche les cases du film horrifique mainstream les unes après les autres et qui ne restera certainement pas dans les mémoire. Rob Savage fait déjà mieux que Host mais est bien loin derrière Dashcam (que je permets de conseiller à nouveau, l’un des seuls Blumhouse a minima sympathique). A voir ce que le réalisateur nous proposera par la suite, mais pour le moment, ce n’est pas bien prometteur.
LE CROQUE-MITAINE (The Boogeyman). De Rob Savage (USA – 2023).
Genre : Horreur. Scénario : Mark Heyman, Scott Beck & Bryan Woods. Interprétation : Sophie Thatcher, Chris Messina, Vivien Lyra Blair, David Dastmalchian, Marin Ireland… Musique : Patrick Jonsson. Durée : 99 minutes. Distribué par The Walt Disney Company France (31 mai 2023).

![[Critique] AAAAAAAAH ! de Steve Oram](https://obsessionb.com/wp-content/uploads/2017/01/wp-1485548325811.jpg?w=600)
![[Critique] LIFE ON MARS de Wyatt Rockefeller](https://obsessionb.com/wp-content/uploads/2021/11/settlers_still_24.png?w=1024)

Répondre à [Critique] HERETIC de Scott Beck et Bryan Woods – Obsession B Annuler la réponse.