Corin Hardy, la dernière fois qu’on avait vu son cinéma, c’était sous la houlette de James Wan, plus précisément avec l’infâme LA NONNE, train fantôme en costume de fanfare qui n’avait rien à apporter à l’univers déjà bien maigre qu’est le Conjuringverse. Il nous revient donc un paquet d’années plus tard, suffisamment pour qu’on ait cru qu’il s’était reconverti en fermier ou autre métier à cent lieues du cinéma. Si seulement ! (Note de Nicolas : Même si on se souvient tout de même de l’excellent et anxiogène LE SANCTUAIRE et de ses talents de formaliste dans quelques épisodes de la série GANGS OF LONDON…). Il est donc de retour avec LE SIFFLET, nouveau film horrifique à faible concept interchangeable, entre LES CARTES DU MAL, lui-même ersatz d’ACTION OU VERITE… Enfin soit, on ne remontera pas jusqu’aux origines de ce mal trop ancien au risque de mourir d’ennui…

On y croise un groupe de lycéens qui tombe par hasard sur un objet maudit : un ancien sifflet de la mort aztèque. Ils découvrent qu’en soufflant dans l’objet, le son terrifiant qu’il émet convoque leurs futures morts pour les traquer. Alors que le nombre de victimes augmente, ils enquêtent sur l’histoire de l’artefact dans l’espoir d’arrêter la série d’événements qu’ils ont déclenchée…

On prend les mêmes et on recommence !

Si la photographie du film n’est pas affreuse, loin de là, disons cependant qu’il y a beaucoup à revoir dans LE SIFFLET. Corin Hardy est revenu sans vergogne gangréner nos écrans avec un film d’épouvante cliché au possible – comme on en voit en fin de compte légion chaque année car, bien que la recette ne change jamais que peu ou prou, les entrées se font en masse et la routine cinématographique avale de plus belle ses fervents spectateurs. Qui plus est, la temporalité de la narration est peu crédible, ce qui relève semble-t-il bien plus du scénario que du montage, certains moments s’enchaînant trop vite et de manière irréaliste, sans explication (quand la protagoniste découvre le sifflet et que deux sonneries, signifiant chacune une heure différente, s’enchainent) ou alors de façon abrupte et dérangeante dans le manque de fluidité apportée entre les scènes. Et les performances des comédiens ne sont pas mémorables, personne ne tente de se dépasser, Dafne Keen et Sky Yang en tête, dans leurs rôles gothiques ou mal dans leurs peaux au ras des pâquerettes. Même Nick Frost, qui pourrait donner l’impressionn de sauver le naufrage rien que par sa présence, est en réalité inefficace de bout en bout.

Tout du long de ce SIFFLET, se dégage une bêtise et une platitude scénaristique tristement banales, trop dans les clous du film d’horreur bas de gamme, fait pour amasser les deniers sans aucune intention artistique. Les codes prémâchés du cinéma horrifique moderne sont recrachés ici, les personnages sont prédestinés à être de la chair à canon ou à servir l’esquisse d’une thématique qui semble hanter le métrage sans qu’il ne soit cohérent ou constant sur son utilisation : les drogues et les déboires qu’elles entraînent. Car si quelques scènes semblent vraiment en faire un sous-texte (la dernière scène de Jhailel Swaby), d’autres omettent complètement la continuité thématique ; à tel point qu’on en finit perdus, laissés pour compte. Tout est ultra-prévisible, du sound design aux scènes horrifiques, aux évolutions scénaristiques ; tout est noyé dans la masse du cinéma d’horreur actuel, on pense par exemple à UNTIL DAWN ou aux CONJURING. En conclusion, LE SIFFLET n’est qu’une goutte de plus dans un océan horrifique fade et sans âme, un raté duquel on ne s’étonne même pas.

Note : 1 sur 5.

LE SIFFLET (Whistle). De Corin Hardy (USA – 2025).

Genre : Horreur. Scénario : Owen Egerton. Photographie : Björn Charpentier. Interprétation : Dafne Keen, Sophie Nélisse, Sky Yang, Jhaleil Swaby, Alissa Skovbye… Musique : Doomphonic. Durée : 100 minutes.
Distribué par Metropolitan FilmExport (18 mars 2026).

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