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[Critique] KILLING FIELDS de Ami Canaan Mann

Etre fils ou fille de… dans le milieu du cinéma hollywoodien n’offre pas toutes les garanties du succès. Dans le cas présent, Ami Canaan Mann, fille du réalisateur de Heat, Collateral ou encore Miami Vice, n’a pas la tâche facile. D’une part car son cinéaste de père fait parti des plus grands et respectés actuellement, ensuite parce qu’il est toujours en activité et que son aura ne cesse de s’amplifier de film en film…
Sans parler de rapport de cause à effet, on ne pourra que constater à quel point la jeune femme s’éloigne à première vue du travail paternel avec ce second long-métrage (Morning – 2001). Délaissant la jungle urbaine très prisée par son père, Ami Canaan Mann plante sa caméra au beau milieu des marais du Texas profond, afin de nous conter une histoire sordide de serial-killer. En dépit de sa trame archi-rabattue, il n’est pourtant pas aisé de rentrer dans Killing Fields. La faute à un scénario assez nébuleux, qui table avant tout sur des personnages forts, aux fêlures évidentes mais pas forcément explicites, et sur des silences bien plus que sur des dialogues à rallonge.
En résumé, pour apprécier ce second essai d’Ami Canaan Mann, il faudra être indulgent sur le manque de prises qui s’offre au spectateur en terme de narration.

Laura Palmer… 10 ans après

Néanmoins, la facture visuelle très réussie du film équilibre le résultat. Disposant d’une photographie assez somptueuse, le film profite également du savoir-faire de la cinéaste en tant que réalisatrice de seconde équipe sur les projets de son père. Cette rigueur des cadres joue beaucoup dans l’attraction que représente Killing Fields pour le spectateur, et situe le film pas très loin d’un Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier. Cette même ambiance poisseuse liée aux marais/bayous, cette quête d’un tueur qui révèle le mal-être profond des enquêteurs, et cette proximité avec le fantastique à peine effleurée… Des aspects qui renvoient également à Twin Peaks de David Lynch, film et série avec lesquels Killing Fields partage l’actrice Sheryl Lee, l’inoubliable Laura Palmer, dans un rôle qui pourrait constituer le prolongement naturel de son personnage lynchien s’il n’avait pas fini tragiquement…


Les comédiens participent à l’élévation du niveau du film. Jeffrey Dean Morgan est excellent tout en tristesse intérieure, Sam Worthington endosse le rôle du chien fou, mal dans sa vie personnelle, mais celle qui brille de mille feux à l’écran, c’est la jeune Chloë Grace Moretz qui, après Kick Ass, Laisse-moi entrer et Hugo Cabret prouve toute la force de son jeu. Elle est admirable de justesse et emporte littéralement le film.
Au final, Killing Fields vaut plus pour son ambiance délétère et sa facture visuelle que pour son histoire peu originale et mal racontée.
Dommage, car le film dispose d’une personnalité qui le hisse au-delà des standards du thriller habituel…

Killing FieldsKILLING FIELDS de Ami Canaan Mann (USA – 2011)

Moyen

Avec Sam Worthington, Chloë Grace Moretz, Jeffrey Dean Morgan, Stephen Graham, Jessica Chastain…

À Texas City, la police fait face à une série de meurtres, Dans le comté voisin, les inspecteurs Mike Souder et Brian Heigh travaillent sur la disparition d’une jeune fille. Pas de cadavre, aucune piste. Lorsque Anne, une gamine des rues que Brian a prise sous son aile, est portée disparue à son tour, les deux inspecteurs commencent à se dire que la solution se cache peut-être du côté de Killing Fields…

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