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[Be Kind Rewind] DEVIL TIMES FIVE de Sean McGregor et David Sheldon (1974)

Devil Times Five s’inscrit dans un sous-genre fameux du thriller horrifique dans lequel les enfants font ressortir leurs instincts sanguinaires. A l’instar du Village des Damnés ou des Révoltés de l’an 2000, les gamins de cette oeuvre de 1974 présentent une menace bien réelle pour les adultes. Un accident de bus laisse cinq adorables (?) mouflets livrés à eux mêmes dans une région montagneuse des Etats-Unis. En parallèle, un groupe d’adultes issus d’une famille d’industriels se rend sur son lieu de vacances. Guidés par leur instinct, les adultes vont logiquement prendre sous leur aile les jeunes égarés. Mal leur en prend… Le réalisateur Sean McGregor, qui a semble-t-il été éjecté du tournage après seulement quelques semaines, n’hésite pas à allonger l’exposition du film, quitte à la rendre un peu longuette, afin de bien poser les enjeux de chaque partie. Ce sont deux mondes bien distincts qui s’opposent. Les adultes sont calculateurs et apparaissent tous caractérisés par un vice : sexe, alcool, cupidité. De leur côté, leurs jeunes invités se définissent par leur instinct primaire et la recherche du plaisir immédiat.

La (jeune) Horde Sauvage

L’une des caractéristiques les plus frappantes de Devil Times Five est sa façon d’aborder frontalement l’un des principaux éléments induits par son concept d’enfants tueurs, à savoir le rapport des bambins à la violence et surtout sa représentation à l’écran. En cela, le film de Sean McGregor n’y va pas par quatre chemins. Les scènes de meurtre n’occultent rien, et les jeunes agresseurs font preuve d’une sauvagerie qui n’a d’égal que la variété des crimes commis. La première séquence d’agression est à ce titre éloquente et pose question. D’une durée de près de cinq minutes, cette scène de lynchage au cours de laquelle quatre enfants tabassent un homme à terre, étire le temps jusqu’à la limite du raisonnable en usant d’un ralenti extrême, l’image devenant brusquement en noir et blanc et la bande sonore donnant à entendre les cris étouffés de la victime. Une drôle de séquence, dont la réelle pertinence reste à prouver, et qui n’est pas sans rappeler l’atmosphère poisseuse se dégageant de certaines scènes similaires de La Maison aux fenêtres qui rient de Pupi Avati, film avec lequel Devil Times Five partage une représentation similaire d’une folie enfouie et des débordements de violence traumatisantes.

15 minutes de carnage

Les jeunes meurtriers, tous dérangés psychologiquement, n’ont pas conscience de la cruauté de leurs actes, comme l’illustre parfaitement l’épilogue du film : tout n’est qu’un vaste jeu pour eux, les adultes représentant autant de jouets que l’on peut casser. Un carnage qui atteindra son apogée dans le dernier quart d’heure du film, où les meurtres, tous plus sadiques les uns que les autres (empalement, des piranhas dans une baignoire, pièges à loups, égorgement…), se succèdent à un rythme soutenu. Si la représentation des 70’s a une fois de plus du mal à franchir les années (horreur des tenues vestimentaires et du mobilier), si l’interprétation générale n’atteint pas des sommets et que certaines situations sont à la limite du grotesque, Devil Times Five s’impose malgré tout comme un petit film d’horreur très fréquentable, une curiosité à voir, ne serait-ce que pour ce choix assumé de représenter les enfants comme de véritables monstres, opposés à un monde adulte dépassé et terrorisé.

 

DEVIL TIMES FIVE de Sean McGregor et David Sheldon

USA – 1974Bon

Avec Sorrell Booke, Gene Evans,Taylor Lacher, Joan McCall…

DVD disponible chez Artus Films

Cinq enfants mentalement dérangés voyagent en autobus pour un transfert psychiatrique. Après un accident, ils se retrouvent seuls et isolés, en plein hiver. Ils trouvent refuge dans un chalet de montagne, lieu de vacances d’une famille. Les adultes vont se rendre compte peu à peu des instincts meurtriers de leurs jeunes convives.

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