[Actus] PIFFF 2012 : Hommage rétro et baston mongolo

Nouvelle soirée de festival au PIFFF et sentiments partagés pour les deux films projetés.

Septième film présenté dans le cadre de la compétition, The Butterfly Room s’annonçait comme un hommage aux films gothiques transalpins de Mario Bava et Dario Argento, avec un casting international de trognes connues des amateurs de cinéma fantastique (Heather Langenkamp, Ray Wise, et même un caméo de Joe Dante !). Le tout dominé évidemment par la diva de l’horreur gothique Barbara Steele. Malheureusement, les intentions ne font pas toujours les bons films, et c’est très clair avec ce Butterfly Room. L’histoire suit une vieille dame étrange (Steele) qui collectionne les papillons et développe des liens d’amitié bizarres avec de jeunes filles… Le film est clairement référentiel de son ouverture à son épilogue. Les influences y sont innombrables, les lieux communs et clins d’œil au cinéma fantastique (italien ou autre) pullulent, mais le réalisateur Jonathan Zarantonello ne parvient jamais à dépasser le stade de la simple citation. D’autant que le film souffre d’une narration déstructurée complètement anarchique. Le déroulement de l’histoire se fait par le biais de flashbacks, aisément reconnaissables à leur photographie délavée (bah ouais, ça fait 70’S…), mais sont agencés sans logique et en dépit du bon sens. Ce qui fait que le spectateur peine à joindre les deux bouts de l’intrigue et peut même se retrouver laissé sur la bas côté (c’est mon cas), à regarder sa montre en attendant que la fin arrive… Quant à la grande Barbara Steele, malheureusement, sa prestation en vieille marâtre folle-dingue n’est pas à la hauteur de sa grandeur passée…

Enter the patator

Après la prise de tête de la pièce aux papillons, il était bon de se dire qu’on allait s’aérer l’esprit avec le quatrième opus de la série Universal Soldier, sobrement intitulé : Day of Reckoning ! Annoncé ici même comme une espèce de quintessence de l’ultra Z, le film prouve que quand on ne sait pas, et bien on ferme sa bouche. Ce nouvel épisode de la franchise créée par Roland Emmerich en 1992, prend un virage à 360°. Un peu comme si plus rien n’existait, et que le réalisateur John Hyams (fils de Peter Outland Hyams), déjà aux commandes du précédent opus, partait bille en tête avec pour ambition de malmener son jouet et d’expérimenter à fond la caisse. Présenté par Fausto Fasulo comme le Enter the Void de l’actioner, le film n’a rien du Z fauché et filmé avec les pieds. Au contraire, Hyams propose une mise en scène posée et assez classe, voire ambitieuse (on ne compte plus les influences, de Coppola à Noé donc), surtout dans sa première partie. Après une entrée en matière hallucinante de violence et tournée intégralement en vue subjective, la réalisation maintient le cap de la lisibilité durant les scènes d’action, qui n’en sont que plus percutantes, gores et rentre-dans-le-lard. Bref, jouissives ! Attention néanmoins, la copie présentée mercredi soir était Unrated, un chouette cadeaux aux spectateurs présents (courageux !), car visiblement, le blu-ray qui sortira prochainement chez nous, sera expurgé des débordements gores qui sont légions. En l’état, US : DoR constitue une sacrée surprise, au scénario bien crétin, car on reste avant tout dans un Universal Soldier, mais jalonnée de fulgurances visuelles inouïes ! Avec un Scott Adkins « on fire », un Dolph Lundgren magnifique et un JCVD… effrayant (ou bovin, c’est selon).

Au programme ce soir…

Ce soir, place au huitième film de la compétition, l’arlésienne Doomsday Book, film coréen découpé en trois volets réalisés par Kim Jee-Woon (I Saw the devil) et Yim Pil-Sung (Antarctic Journal). Très attendu. Puis, le festival proposera In the shadow of the Tall Man, long making-of du tournage du film The tall Man (The Secret en VF) de Pascal Laugier.

Par Nicolas Mouchel

Journaliste et créateur d'Obsession B.
Passionné de cinéma de genre, particulièrement friand des œuvres de Brian De Palma, Roman Polanski, John Carpenter, David Cronenberg et consorts... Pas insensible à la folie et l'inventivité des cinéastes asiatiques, Tsui Hark en tête de liste... Que du classique en résumé. Les bases. Normal.
Contact : niko.mouchel@gmail.com

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  1. [Critique] THE BUTTERFLY ROOM de Jonathan Zarantonello – Obsession B

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