[Critique] UNIVERSAL SOLDIER : DAY OF RECKONING de John Hyams

UNIVERSAL SOLDIER : DAY OF RECKONING

UNIVERSAL SOLDIER : DAY OF RECKONINGTrès fréquemment (pour ne pas dire continuellement), l’attente d’un film conditionne l’appréciation qui en découle. C’est comme ça. Agréables surprises et fortes déceptions participent de l’impatience ou de la totale découverte d’une oeuvre. Enterrer un film avant de l’avoir vu sur l’autel d’un jugement hâtif sous prétexte qu’il trimbale une ribambelle de casseroles au derrière ou, plus prosaïquement, qu’il n’a pas été réalisé avec les personnes adéquates, est monnaie courante. C’est le sort que le plus grand nombre de spectateurs (et moi en premier) peut facilement attribuer, avant même de l’avoir vu, à un film comme Universal Soldier 4 : Day of Reckoning. Un titre qui, déjà, propose sa part de rêve… Car ce quatrième volet de la saga initiée par Roland Emmerich en 1992, bien que projeté hors-compétition au dernier PIFFF, apparaissait clairement comme l’un des films les moins attendus de la manifestation parisienne. Sauf que… Une vision sur l’écran du Gaumont Opéra Capucines plus tard, force est de constater que nous, fossoyeurs de péloches radioactives, nous sommes magistralement plantés dans les grandes largeurs.

UNIVERSAL SOLDIER : DAY OF RECKONING

Chair à canon et matière grise

Réalisé par John Hyams, fils de Peter (Outland, Capricorn One, 2010), déjà aux manettes du troisième épisode, ce Day of Reckoning n’a pas grand chose à voir avec le sous-produit “Direct-to-DVD” auquel on s’attendait. Après, film réussi ou pas, c’est une autre histoire, mais force est de  reconnaître que ce quatrième opus prend une direction inattendue pour un objet filmique résolument… autre.
Dès l’entame, la première scène interpelle par son audace, sa réalisation, sa violence. Filmée entièrement en caméra subjective, elle place le spectateur dans la peau de John, père de famille, qui va voir femme et enfants se faire abattre sous ses yeux. Une entrée en matière qui n’est pas sans rappeler le travail effectué par Gaspar Noé sur la représentation à la première personne de son Enter the Void. La suite ne contredira pas cette mise en bouche pour le moins expérimentale. John Hyams a clairement décidé de s’approprier la franchise Universal Soldier, et d’en faire quelque chose de foncièrement autre. Il ajoute aux scènes de combats attendues des moments d’introspection, légitimés par un scénario qui tente d’explorer la question de l’identité et de l’endoctrinement. Pour cela, il prend le temps de filmer Scott Adkins dans de longs plans aux cadres travaillés. Hyams ne fait pas un film, il donne à voir du cinéma. Nuance. Son ambition est réelle et grande au sein de ce “vulgaire” épisode d’une saga molle du bulbe. Et pour arriver à ses fins, le cinéaste n’a pas peur de convoquer de grands noms, empruntant pêle-mêle à Coppola (Apocalypse Now), Cronenberg (Existenz), Noé, mais également, pour la forme, certaines séquences tout droit sorties d’un jeu vidéo.

UNIVERSAL SOLDIER : DAY OF RECKONING

JCVD Kurtz !

Car dans son entreprise de méta-film, Hyams n’oublie pas non plus le cahier des charges de la franchise ni le public venu voir de la tatane dans la gueule, du Van Damme ankylosé, et des empoignades homériques. Et là encore, le réalisateur bluffe son monde avec des scènes d’action lisibles et claires comme de l’eau de roche, au sein desquelles, jamais le spectateur n’est perdu. A ce titre, la scène du massacre dans le bordel et l’assaut final et sa succession de combats violents en faux plan-séquence, sont des modèles du genre. Le tout est évidemment porté par des brutes sans noms, un cast dominé par un Scott Adkins surprenant et charismatique, un Andrei Arlovski massif, un Dolph Lundgren qui joue les utilités mais qui le fait bien. Reste le cas Van Damme, sur lequel le film repose fort logiquement. Ses apparitions sont sporadiques, tout en crane rasé, mâchoires serrées et regard… bovin. Quant à l’affrontement final qui l’oppose à Adkins, il y arbore une magnifique tronche peinturlurée (le Colonel Kurtz d’Apocalypse Now est tout prêt), sans que cela soit justifié dans le scénario. Mince… Bah non, une astuce pour mieux camoufler la doublure qui effectue les scène de castagne à sa place… Triste… Une petite déception qui ne vient pourtant pas remettre en cause tout ce qui a précédé, au même titre qu’un scénario au final trop ambitieux et pas loin d’être incompréhensible, et qu’une durée un peu excessive de deux heures.
Car au final, Universal Soldier : Day of Reckoning balaye ses faiblesses génétiques d’un coup de pied retourné du plus bel effet, en offrant aux amateurs de film de castagne un peu ambitieux, un bien beau produit absolument jouissif. Et ça, pour une surprise…


UNIVERSAL SOLDIER 4 : DAY OF RECKONING
John Hyams (USA – 2012)

Note : 3Genre Action/Anticipation – Interprétation Jean-Claude Van Damme, Scott Adkins, Dolph Lundgren… – Musique Michael Krassner, Wil Hendricks et Robin Vining – Durée 114 minutes. Distribué par Wild Side.

L’histoire : Après avoir été plongé dans le coma, John se réveille et découvre que sa famille a été massacrée. Hanté par les images de ce meurtre, il va se lancer à la poursuite du bourreau, Luc Deveraux…

2 Comments on [Critique] UNIVERSAL SOLDIER : DAY OF RECKONING de John Hyams

  1. Même constat pour ma part. Visionnage sans aucune attente particulière, m’attendant forcément à un DTV moisi, et au final grosse claque in my face. C’est violent, inventif, bien fichu, transgressif bref c »est un petit moment de cinéma alternatif dans un univers formaté de films d’action suivant le même schéma, reproduisant les mêmes codes inlassablement.
    Quelques petites déceptions quand même : une durée un poil trop étendue et JCVD pas vraiment au mieux.

    Ravi de découvrir votre blog au passage !

    J'aime

  2. c’est bien résumé ! Et découvrir le film sur grand écran (au PIFFF) est une expérience encore plus énergisante !!!!!

    merci pour le blog en tout cas, n’hésite pas à suivre les différentes chroniques 😉
    De mon côté, je pars découvrir Ciné/Fusion toutes affaires cessantes !!!!

    J'aime

1 Trackback / Pingback

  1. [Critique] LA LEGENDE D’HERCULE de Renny Harlin – Obsession B

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Three Mothers Films

Si vous n'aimez pas mes films, ne les regardez pas - Dario Argento

CritiKs MoviZ

Critiques de films ...

LA FOUTOIROTHÈQUE

Collection cinéphagique en forme de boxon

Sweet Judas

Le blog qu'on sait pas trop de quoi il parle, mais qu'il est vachement beau.

A Sad Picture Of A Red Sky

Un blog où je vous parlerais de mes passions, le cinéma, la musique, les romans, les comics/BD, les séries TV et qui sait, un jour peut-être je vous parlerais de l’Univers A Sad Picture Of A Red Sky et de mes romans ;) En attendant bonne lecture, bon visionnage et bonne écoute ! D.A.G. //// A blog about movies, music, novels, comics, TV-shows and maybe one day I will talk to you about A Sad Picture Of A Red Sky Universe. Meanwhile, have a good reading, viewing and listening ;) D.A.G.

Le blog de la revue de cinéma Versus

Films de genre & grands classiques

Mauvais Genre

par amour pour le cinéma de genre

Boires et Déboires d'un Zéro Masqué

Beaucoup de cinéma, un zeste de littérature, une cuillerée de sport et d'actualité et un tantinet d'histoires du quotidien d'un zéro.

Les Chroniques de Cliffhanger & Co

Actualités cinéma et séries tv : Critiques, news, analyses...

%d blogueurs aiment cette page :