Série TV

[Série TV] PENNY DREADFUL – Saison 1 de John Logan

PENNY DREADFUL

Avec Penny Dreadful, John Logan (scénariste notamment de Skyfall de Sam Mendes) livre une série fantastique qui devrait parler aux amateurs. Par son sérieux tout d’abord. Droit dans ses bottes, Logan aborde les grands mythes de la littérature et du cinéma fantastique avec déférence et beaucoup d’humilité. Le showrunner s’inspire des “penny dreadful”, ces publications populaires datant du XIXe siècle et qui livraient des récits souvent teintés de fantastique et d’horreur sur un papier bon marché. Ici, le docteur Victor Frankenstein et sa créature, Mina Harker, Dorian Gray, et même le Loup-Garou sont convoqués. Des légendes dont on sait beaucoup de choses au travers des différentes adaptations cinématographiques, littéraires et télévisuelles (voire vidéoludiques), mais que John Logan et son équipe vont tâcher de nous présenter sous un jour nouveau.

PENNY DREADFULDans le Londres brumeux de la fin du XIXe siècle, Penny Dreadful élabore un canevas scénaristique qui réunit progressivement tous ses personnages. On peut évidemment penser au roman graphique La Ligue des Gentlemen extraordinaires d’Alan Moore et de son adaptation ratée sur grand écran par Stephen Norrington qui participent d’un élan comparable à cette réunion de figures du fantastique et du serial. Pourtant, les similitudes s’arrêtent là. La série de John Logan fleure bon l’ambiance gothique qui sied si bien à ses légendes. Dotés d’une direction artistique grandiose, les huit épisodes de cette première saison plongent le spectateur dans une ambiance “à la Hammer” du plus bel effet avec une reconstitution d’époque remarquable. Du gothique éclaboussé d’hémoglobine puisque la seconde grosse influence de la série et le Grand Guignol et ses spectacles sanglants qui apparaissent d’ailleurs tels quels au sein même de plusieurs épisodes. Une ambiance soignée donc, qui ne saurait se satisfaire néanmoins de n’être qu’un écrin vide…

Frankenstein vs Dorian Gray

PENNY DREADFULChaque personnage de la série, aussi parlant soit-il pour le public, se révèle pourtant comme au premier jour par sa psyché et un passé souvent tortueux. Des éléments égrenés au fil des épisodes et qui dessinent les contours d’une intrigue qui s’annonce passionnante.
Frankenstein apparaît ainsi sous un jour bien plus troublant que l’original, Dorian Gray est plus mystérieux que jamais… Et que dire du personnage de Vanessa Ives, superbement interprété par Eva Green, à la fois vénéneuse et touchante. Elle apparaît rapidement comme le cœur du show alors que l’intrigue avance et que les différents fils qui la composent s’entremêlent… Ives est d’ailleurs au centre de deux des meilleurs épisodes de cette première saison, se livrant corps et âmes dans des séances de spiritisme et de possession marquant durablement la rétine.
Le revenant Josh Hartnett fait également un retour remarqué en Américain rebelle expatrié en Angleterre, détenteur lui aussi d’un sombre secret, qui fait équipe avec Sir Malcolm (puissant Thimoty Dalton) et Vanessa Ives.

PENNY DREADFUL

Intégrité sans faille

Tout n’est cependant pas parfait dans Penny Dreadful. Malgré une première saison ramassée sur 8 épisodes d’environ 55 minutes chacun, quelques longueurs sont à déplorer. A trop vouloir se focaliser sur la psychologie et les traumatismes de ses personnages, Logan et ses auteurs imposent des baisses de rythme venant parasiter quelque peu l’avancée de l’histoire (la relation entre Dorian Gray et Vanessa Ives). De même, certaines séquences plus mouvementées tombent comme un cheveu sur la soupe, et peinent à se montrer à la hauteur des scènes plus intimistes (l’exploration du bateau et la première confrontation avec les vampires).
Pourtant, ces quelques réserves ne viennent pas assombrir un tableau globalement très positif. Dans son ensemble, cette première saison de Penny Dreadful est une vraie bonne surprise, qui a pour elle une intégrité sans faille, un potentiel énorme et la promesse d’une seconde saison (bientôt sur les écrans) dont on espère qu’elle poursuivra le show dans sa lancée pour ce qu’il a de meilleur.


PENNY DREADFULPENNY DREADFUL de John Logan (USA/Royaume Uni – 2014)

Très Bon

Genre : Fantastique – Réalisateurs : J.A. Bayona, Coky Giedroyc, James Hawes et Dearbhla Walsh – Acteurs : Eva Green, Thimoty Dalton, Josh Hartnett, Harry Treadaway… – Musique : Abel Korzeniowski – Durée : 420 minutes – Distributeur : CBS Télévision


Londres, 1891, une menace quasi invisible massacre la population. Vanessa Ives, une jeune femme aux pouvoirs puissants et hypnotiques, rencontre et accepte de s’allier à Ethan Chandler, un homme rebelle et violent ainsi qu’à Sir Malcolm, un homme riche d’un certain âge aux ressources intarissables pour combattre cette nouvelle menace.

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