[Critique] ICE ROAD de Jonathan Hensleigh

Fury Road

Liam Neeson revient dans un film d’action d’un niveau recommandable. Pas de Taken au programme, mais le thriller glacé Ice Road. Avec ce nouveau film qui s’ajoute à la majestueuse filmographie de Liam Neeson, l’acteur prouve qu’à presque 70 ans, il n’a pas l’intention de freiner dans les films d’action. S’il est dorénavant souvent associé au genre du thriller/film de vengeance assez bas de plafond (la série Taken & co), il maintient néanmoins une certaine forme d’investissement personnel dans ces projets aussi physiques que globalement assez peu intéressants. On est loin du haut du panier de la production cinématographique actuelle, mais on n’est pas non plus à l’abri d’une bonne surprise comme c’est le cas ici. Se plaçant dans la roue du Salaire de la Peur d’Henri-Georges Clouzot, ou de son remake Sorcerer par William Friedkin, Ice Road promet un film d’action avec dees poids-lourds pilotés par une équipe de parias, dans une mission suicide comme on les affectionne. L’argument ici est de mener un convoi afin de porter secours à des mineurs enfouis dans le Grand Nord canadien. Le piment de la chose étant que les camions doivent emprunter un océan gelé particulièrement dangereux avec ce que cela sous-entend de péripéties. Un pitch extrêmement prometteur pour un film qui tient en partie ses promesses, dans sa progression faite d’événements malheureux s’enchaînant comme autant de rebondissements. N’oublions pas que le réalisateur Jonathan Hensleigh a posé son nom sur les scripts de Die Hard 3 – Une journée en Enfer (Glop !), mais aussi d’Armageddon, Les Ailes de l’Enfer et autres 60 Secondes Chrono (Pas Glop !). L’action et les mecs badass, il connaît ! Derrière la caméra, on n’est pas en présence d’un cinéaste surdoué, loin de là, mais il livre avec Ice Road une copie globalement assez propre. D’ailleurs, le film offre quelques belles séquences lorsque le convoi arpente les étendues glacées, prêtes à céder au moindre arrêt des poids-lourds. Hensleigh emballe efficacement ces scènes d’action et de tension à la merci du moindre contretemps mécanique. Dommage pourtant que cette séquence, la promesse du film, ne représente qu’un tiers du métrage, précédée par une longue et nécessaire mise en place, plutôt convaincante elle aussi dans sa présentation des personnages, le réalisateur et scénariste façonne une team de protagonistes pas foncièrement originaux et qui n’échappent pas à la caricature. Mais ces “personnages fonctions” font également partie du jeu. 

Ice Speed

Ice Road n’évite pas les ornières pour autant, loin de là, patinant sérieusement dans les scènes s’attardant sur les mineurs prisonniers traitées sans grande conviction et ralentissant considérablement le rythme général, avec quelques effets visuels un peu honteux ou lorsqu’il se sent le besoin d’ajouter un bad guy surprise destiné à faire foirer l’expédition. Avant un final qui tutoie des sommets d’invraisemblances, faisant se succéder des scènes d’action en roue libre… On n’est alors moins dans Sorcerer que dans un James Bond époque Roger Moore. Malgré son côté un peu bourrin et sa propension à repousser dangereusement la crédulité des spectateurs, Ice Road s’accroche néanmoins à une réelle volonté de façonner un film très premier degré dans son approche, sans gras superflu, fixé sur ses objectifs d’action et d’efficacité. Un parti-pris rêche et brutal, à l’image de ses personnages, cassés par la vie. Et force est de constater que Jonathan Hensleigh remplit ses objectifs à ce niveau. Cette série B du samedi soir est loin d’être parfaite, bardée de défauts et toussote avec une structure claudiquante et finit par s’enliser dans un final qui tire à la ligne. Mais elle contient une envie de cinéma d’aventure/action à l’ancienne indéniable, qui gratouille le cortex de tout amateur de film d’action bien vénère. Et revoir Liam Neeson bouger sa carcasse dans un univers glacé renvoyant inévitablement vers le sublime et sauvage Le Territoire des Loups de Joe Carnahan est un petit plaisir coupable, même si Ice Road n’en a jamais la stature.

Note : 2.5 sur 5.

ICE ROAD. De Jonathan Hensleigh (USA – 2020).
Genre : Action. Scénario : Jonathan Hensleigh. Interprétation : Liam Neeson, Laurence Fishburne, Benjamin Walker, Amber Midthunder, Holt McCallany, Marcus Thomas, Martin Sensmeier, Matt McCoy… Musique : Max Aruj. Durée : 108 minutes. Disponible en Blu-ray chez Metropolitan (2 décembre 2021).

L’histoire : Une mine de diamants s’effondre dans le Grand Nord canadien et piège près de trente mineurs. Pour mener une mission de sauvetage périlleuse, Jim Goldenrod engage Mike McCann, un conducteur de camion expérimenté. Ils vont mener un convoi qui va emprunter la « route de glace », un océan gelé et instable qui couvre les presque 500 km du lac Winnipeg. Aux intempéries et avaries mécaniques, s’ajoute une série d’attaques mystérieuses, qui prouvent que quelqu’un n’a pas intérêt à ce que ce sauvetage ait lieu…


L’édition Blu-ray de Metropolitan

TECHNIQUE. Voilà une édition qui soigne comme il faut son film, avec un transfert HD assez impressionnant. Les paysages enneigés prennent toute leur ampleur grâce à une image extrêmement propre, au piqué ultra précis et à la très belle définition. Couleurs, contrastes, tout est au top. On en claquerait presque des dents…
Les deux pistes en DTS HD Master Audio 5.1 sont redoutables de puissance et d’efficacité. Particulièrement dynamiques et évidemment mises à l’épreuve lors des scènes d’actions, elles apportent suffisamment de puissance pour qu’on en prenne plein les oreilles. 

Note : 4 sur 5.

INTERACTIVITE. La section bonus de cette édition est pour le moins chiche en contenu. Pour autant, on pourra déjà se contenter d’un module d’une quarantaine de minutes présentant des images brutes du tournage. Pas de commentaires, pas d’explications, pas d’interviews, mais pas inintéressant néanmoins…

Note : 2 sur 5.

Par Nicolas Mouchel

Créateur d'Obsession B. Journaliste en presse écrite et passionné de cinéma de genre, particulièrement friand des œuvres de Brian De Palma, Roman Polanski, John Carpenter, David Cronenberg et consorts… Pas insensible à la folie et l’inventivité des cinéastes asiatiques, Tsui Hark en tête de liste… Que du classique en résumé. Les bases. Normal.
Contact : niko.mouchel@gmail.com

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