[Série TV] CREEPSHOW (Saison 2) de Greg Nicotero

Pour une poignée de cauchemars…

Série télévisée dérivée des films à sketchs engendrés par Georges A. Romero et Stephen King, la saison 1 de la série Creepshow avait été une assez belle surprise en 2019. Il n’en fallait pas plus pour qu’une deuxième fournée soit mise en boîte avec la même recette et pour un résultat aussi sympathique.
Cette deuxième saison de Creepshow est toujours vaillamment menée par Greg Nicotero, spécialiste des SFX qui avait participé à l’élaboration des effets spéciaux du deuxième opus cinématographique. A la fois réalisateur des épisodes d’ouverture et de clôture et véritable garant de l’héritage du show, Nicotero parvient à conserver tout au long de cette deuxième saison le ton si particulier développé au sein des films. A savoir ce mélange entre horreur et comédie ultra référencé, à quelques encablures des similaires Contes de la Crypte, avec pléthore de citations plus ou moins directes de classiques du genre (de Carpenter à Lovecraft en passant par Evil Dead, The Thing ou La Nuit des Morts-vivants), le tout saupoudré d’une bonne lampée de gore. Au programme cette fois-ci : quatre épisodes comprenant chacun deux histoires, auxquelles s’ajoutent deux épisodes spéciaux. Évidemment, la qualité de l’ensemble reste assez fluctuante, mais la série a le bon goût de ne pas s’étendre trop et de proposer un niveau globalement plutôt très correct. Doté d’un budget forcément limité, trahit par instants par des décors et des effets visuels un peu cheapos, mais contrebalancés par des effets mécaniques toujours au top, (Nicotero oblige), cette saison 2 valide tout le bien que l’on avait pensé de la précédente. Pour le meilleur, on retiendra notamment l’épisode Meurtre en direct, réalisé par Nicotero, qui rend un hommage appuyé à la saga Evil Dead de Sam Raimi, en convoquant d’ailleurs son frère Ted ainsi que le célèbre Necronomicon, et des démons clairement influencés par la trilogie. De son côté, Rivalité fraternelle, signé Rusty Cundieff, est une étonnante confrontation entre un frère et une sœur, lui pense qu’elle est vampire et a massacré leurs parents, tandis qu’elle se sent menacée par lui. Un segment décalé, très gore et amusant, excellemment interprété. A travers les murs, de John Harrison (Livre de Sang) rend quant à lui hommage à Lovecraft, avec une pincée de The Thing de John Carpenter, quand des scientifiques cloîtrés dans un centre de recherche gouvernemental en Antarctique se retrouvent face à un bain de sang. L’enfant aux figurines et Tuyaux hurlants restent dans la veine très Contes de la Crypte de la série, tandis qu’on passera un peu plus rapidement sur Dead and Breakfast, Pesticide et L’étoffe des zéros, des épisodes honnêtes mais un peu plus faiblards.

L’esprit Creepshow

Il faut également mentionner les très bons segments spéciaux proposés en complément et tous les deux mis en boîte par Greg Nicotero. La Dernière séance repose sur un postulat très ambitieux : il fait de son héros (Justin Long) un inventeur qui crée une machine de réalité virtuelle permettant de littéralement plonger et d’interagir au sein des films. Un fantasme de cinéphile qui tient ses promesses en propulsant son personnage au cœur de Terreur dans le Shanghaï Express d’Eugenio Martin, au côté de Christopher Lee et Peter Cushing, ou encore au centre de l’attaque des zombies de La Nuit des Morts-vivants de Georges A. Romero. Malgré quelques incrustations délicates, le résultat est remarquable. Même constat dans un style différent avec l’épisode de Noël, Les Griffes du Père Noël, qui revisite la mythologie du gros bonhomme rouge, en le confrontant à un groupe de personnages se transformant en bestioles aussi farfelues que la tortue ou le sanglier. Très bien écrit, dialogué et interprété, jouant sur le décalage en permanence, cet ultime opus de la saison condense toute l’efficacité et la jolie réussite de ce show aux moyens et aux aspirations modestes mais à la sincérité évidente, bien dans l’esprit de son modèle. Pas de grands frissons dans cette saison, mais de chouettes moments convoquant tout un panel du cinéma horrifique de série B tel qu’on l’aime et qui ressuscite sous nos yeux. Le tout agrémenté de très chouettes transitions réalisées en animation, mettant en scène le croquemitaine ricanant, dans le plus pur style comics, déjà à l’œuvre dans les films Creepshow.
Cette deuxième saison initialement diffusée sur le service VOD américain Shudder est suivie d’une troisième livraison de six épisodes sortie en 2021. Une quatrième est d’ailleurs en approche. On ne boudera pas notre plaisir…

Note : 3 sur 5.

CREEPSHOW (Saison 2). De Greg Nicotero, Axelle Carolyn, Rusty Cundieff, Joe Lynch, John Harrison (USA – 2021).
Genre : Fantastique/Horreur. Scénario : John Esposito, Michael Rousselet, Paul Dini, Dana Gould, Daniel Kraus, Rob Schrab, Erik Sandoval, Stephen Langford, Greg Nicotero, Frank Dietz, Melanie Dale. Interprétation : Brock Duncan, Tyner Rushing, Kevin Dillon, Jana Allen, Ali Larter, Barbara Crampton, Ted Raimi, Molly Ringwald, Denise Crosby, Justin Long… Musique : Christopher Drake. Durée : 420 minutes. Disponible en Blu-ray chez ESC Editions (30 mars 2022).

L’histoire : Inspirées des films à sketchs initiées par Stephen King et Georges A. Romero, de nouvelles histoires d’horreur ressuscitent nos pires cauchemars d’enfance.


L’édition Blu-ray d’ESC Editions

TECHNIQUE. Avec son image numérique notamment contrainte à un budget fort modeste, cette deuxième saison n’offre pas une proposition visuelle démentielle. Pourtant, l’ensemble reste très correct pour cette édition, avec des couleurs vives et pêchues, une définition de très bonne qualité, autant qu’un piqué très précis. Vraiment pas de quoi se plaindre.
Deux pistes en version originale et version française proposées en DTS HD Master Audio 5.1, qui se révèlent plutôt dynamiques dans l’ensemble et qui font largement l’affaire. Rien de très impressionnant non plus, mais une répartition des sons correcte. On reste sur un rendu de produit télévisuel classique, dont on n’attend pas nécessairement de débordements sonores.

Note : 3.5 sur 5.

Interactivité :

Par Nicolas Mouchel

Créateur et rédacteur sur Obsession B. Journaliste en presse écrite et passionné de cinéma de genre, particulièrement friand des œuvres de Brian De Palma, Roman Polanski, John Carpenter, David Cronenberg et consorts… Pas insensible à la folie et l’inventivité des cinéastes asiatiques, Tsui Hark en tête de liste… Que du classique en résumé. Les bases. Normal.
Contact : niko.mouchel@gmail.com

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