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[Critique] OPEN WATER 3 : LES ABÎMES DE LA TERREUR de Gerald Rascionato

On n'est pas loin des abîmes de la nullité, du néant artistique et de l'escroquerie totale avec ce troisième opus de la saga OPEN WATER, réalisé par l'Australien Gerard Rascionato, survival au milieu de l'océan qui boit la tasse dès ses premières images...

OPEN WATER 3

1830237.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxA l’époque de sa sortie, en 2003, Open Water : En eaux profondes avait fait son petit effet. Inspiré de la disparition de deux plongeurs perdus dans l’océan et rapidement devenus la proie de requins, le film réalisé par l’Américain Chris Kentis jouait la carte du réalisme avec son concept minimaliste et ses squales aussi voraces que raisonnables en termes de proportions. En découlait un survival aquatique modeste assez efficace et plutôt sympathique. Sa suite, Open Water : Dérive mortelle, réalisée par Hans Hom et sortie en 2006 sous pavillon allemand cette fois-ci, reprenait le même concept et le même procédé, se basant sur une histoire prétendue vraie, pour un film que tout le monde a oublié.
Le succès surprise de 47 Meters Down de Johannes Roberts aidant, des petits malins se sont imaginés surfer sur la vague en reprenant le concept de la cage à requins, perdue elle aussi au beau milieu de l’océan, pour un troisième opus de la série Open Water. Sauf que cette fois, nos plongeurs amateurs ne restent pas longtemps derrière les barreaux et se retrouvent assez vite à barboter dans l’eau, offerts aux mâchoires des squales des environs. Rien de bien neuf donc sous le soleil. Si ce n’est LA bonne idée de la production : tourner tout cela en mode found footage, histoire d’impliquer un peu plus le spectateur dans les eaux glacées de l’Océan indien.

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Les abîmes de l’ennui

Inutile d’en dire davantage : la fausse bonne idée de la caméra subjective boit la tasse dès l’introduction. Car la technique charrie avec elle tous ses défauts inhérents. Mouvement perpétuel, perte de repères, prétextes fallacieux pour filmer en permanence, même dans les moments les plus dramatiques… Et évidemment, on atteint le niveau zéro de la mise en scène, puisque les instigateurs de la chose ne prennent jamais une once de recul nécessaire à la réflexion de leur choix de réalisation. A cela s’ajoute une introduction interminable de 30 minutes (sur les 1h20 de film) pour présenter des personnages d’abrutis congénitaux américains auxquels l’identification est impossible ; une astuce scénaristique à classer au rang des pires prétextes pour mettre tout le monde à l’eau (la vague de fond la plus improbable qui soit). Et enfin trempette.
Évidemment, des personnages qui se débattent dans l’eau comme autant de victimes potentielles constitue toujours le prétexte d’une possible tension. Mais Open Water 3 fait les plus gros efforts pour tout gâcher avec ses personnages hystériques à la caractérisation proche du néant (cette histoire de demande en mariage et d’adultère avec le meilleur pote, sérieux…), ses comédiens en roue libre et ses choix scénaristiques improbables (le radeau pneumatique et la fusée de détresse, sérieux…) Et en toute logique, la caméra subjective donne plus mal au crâne qu’autre chose. En résulte donc un néant cinématographique total, irritant et malhonnête, à la durée de 80 petites minutes dont le ressenti paraît le double, qui nous fait espérer avec impatience que nos trois zozos se fassent croquer le plus rapidement possible…

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OPEN WATER 3 : LES ABÎMES DE LA TERREUR
Gerald Rascionato (Australie – 2018)

Note : 1Genre Thriller aquatique – Interprétation Joel Hogan, Josj Potthoff, Megan Peta Hill… – Musique The Newton Brothers – Durée 80 minutes. Distribué par M6 vidéo (27 juin 2018).

L’histoire : Au large de l’Australie, trois amis en quête de sensations fortes décident de filmer leur plongée dans une cage, au milieu d’une eau infestée de grands requins blancs. Mais quand une vague géante renverse leur bateau et casse leurs amarres, ils se retrouvent isolés en plein océan alors que la nuit tombe et que les secours ne pourront être sur place avant l’aube…

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