[Critique] LA MALÉDICTION DE LA DAME BLANCHE de Michael Chavez
Légendes urbaines

Commençons par une précision : La Malédiction de la Dame blanche n’a rien à voir avec la légende urbaine colportant l’histoire d’une femme fantôme faisant du stop sur les routes de campagne françaises… Ici, la Dame blanche du titre n’est que l’adaptation plutôt hasardeuse et quelque peu opportuniste d’une autre légende, mexicaine celle-ci, la “Llorana”, le spectre d’une femme ayant noyé ses enfants et revenant hanter d’autres progénitures pour les emmener dans l’au-delà… Ce nouveau spin-off de la franchise Conjuring commence donc relativement bien niveau honnêteté intellectuelle, même si, on ne va pas se mentir, ça ne bouleverse pas non plus la dimension du film, produit calibré pour apporter son lot de frissons à son public cible, majoritairement adolescent. Production James Wan oblige, on est en présence d’un film d’horreur ultra calibré, pas avare de scènes (relativement) angoissantes et parsemé de jump-scares. Passé l’origine mexicaine de la légende et le folklore qui l’accompagne, La Malédiction de la Dame blanche n’est pourtant rien d’autre qu’une série B très (trop) classique, comme tant d’autres avant elle, sans grande personnalité, dans la droite lignée des Annabelle, La Nonne et autres productions Jason Blum. Un scénario balisé et sans aucune originalité, des lieux communs en veux-tu en voilà, des personnages interchangeables (l’exorciste, le flic qui ne sert à rien, le prêtre qui révèle l’origine du mal…) font du film un catalogue de scènes déjà vues et sans ambition.


Beaucoup de cris pour rien…

Une fois que l’on a dit cela, on peut également se poser trente secondes et mettre en avant une conception plutôt soignée, avec notamment une approche visuelle, si ce n’est complètement renversante, au moins des plus convaincantes. La Malédiction de la Dame blanche ne révolutionne rien dans sa façon de construire le suspense (assez artificiel dans l’ensemble), mais le réalisateur Michael Chavez (en charge du futur Conjuring 3 prévu pour 2020) prend soin de soigner l’emballage avec quelques bonnes idées de mise en scène (la fillette et le parapluie près de la piscine) et des plans plutôt bien pensés et efficaces. Son approche privilégiant des prises longues sans cut, nous épargne par ailleurs tout surdécoupage filant la migraine. Un constat que l’on peut également appliquer aux apparitions du fantôme, pour lesquels le réalisateur s’en sort assez bien, prenant le temps de l’action, jouant sur l’iconisation graphique de la Llorana dans sa robe blanche diaphane, des scènes donnant lieu à quelques jolis jeux de lumières (la photographie est soignée). Même s’il faut rester lucide, cette Malédiction de la Dame blanche fonctionne trop sur ses jump-scares pour être totalement honnête, on ne refait pas sa nature. De même, le lien à la saga Conjuring paraît bien artificiel (le récit d’un personnage secondaire, le père Pérez, rescapé de Annabelle, qui évoque la poupée maudite… Mouais).
Mené à un rythme soutenu, sans aucun temps mort, pour une durée resserrée d’une heure et demie, La Malédiction de la Dame blanche n’est pas le pire film d’horreur de série sorti ces dernières années, mais, malgré une assez bonne tenue visuelle, n’a rien à offrir de suffisamment intéressant/pertinent pour s’élever au-delà de sa condition de simple série B horrifique.
LA MALÉDICTION DE LA DAME BLANCHE. De Michael Chaves (USA – 2019).
Genre : Horreur. Scénario : Mikki Daughtry et Tobias Iaconis. Interprétation : Linda Cardellini, Raymond Cruz, Patricia Velasquez, Marisol Ramirez, Sean Patrick Thomas… Musique : Joseph Bishara. Durée : 93 minutes. Distribué par Warner Bros (21 août 2019).
L’édition de Warner Bros
TECHNIQUE. Un poil sombre, l’image du Blu-ray reste malgré tout d’une excellente tenue, dotée d’un très beau piqué pas avare de précision, de couleurs chaudes bien tranchées (mention spéciale à la scène introductive) et de contrastes nets et précis, l’ensemble retranscrit très bien la très belle photographie du film, qui apporte un vrai plus en termes d’ambiance.
Plusieurs pistes anglaises sont proposées, et elles sont d’excellente facture. On retiendra particulièrement la Dolby Atmos 7.1, particulièrement dynamique et puissante, qui offre l’ampleur nécessaire aux ambiances et aux effets liés aux nombreux jump-scares. La version 5.1 fonctionne aussi très bien, tout comme la version française qui ne démérite pas.

INTERACTIVITE. L’interactivité du Blu-ray est substantielle en termes de quantité. Le contenu est quant à lui plutôt relatif en intérêt. L’origine de la Dame blanche et la conception du design de la créature reviennent sur la légende et sont un peu redondants, même si on peut y découvrir le maquillage utilisé pour les prises en live de la comédienne interprétant le fantôme. Un making-of d’une dizaine de minutes revient sur le tournage du film, laissant la parole au réalisateur et révélant la présence du producteur James Wan sur le plateau. Enfin, quelques scènes coupées, dont certaines pas anodines, et une longue séquence de comparaison storyboards et résultat à l’écran (toujours intéressant) parachèvent cette section de bonus plutôt convaincante.
Nullissime… Mieux vaut se faire La Maldición de la Llorona. Edité chez nous en DVD et BIEN meilleur 😉
J’aimeAimé par 1 personne
Ah ah ah ! C’est vrai que c’est pas fameux… Mais dans ma grande mansuétude, j’y ai trouvé quelques scènes sympathoches et des qualités esthétiques plutôt rares dans le genre. Mais très oubliable en effet…
J’aimeJ’aime
En revanche, connais pas La Maldición de la Llorona… Tu m’aguiches là 😉
J’aimeJ’aime
Je crois si ma mémoire est bonne que c’est sorti sous le titre Les larmes de la malédiction chez Bach films dans leur généreuse collection cinéma d’épouvante mexicain. Tu dois pouvoir le trouver pour deux euros à peu près partout… Je l’avais acheté rue Daguerre à Paris pas loin de chez Agnès V…
D’autres Llorona sont sorti aussi en DVD mais je n’ai vu que celui là et vraiment bien aimé.
J’aimeAimé par 1 personne
Cool ! je vais essayer de trouver ça. Merci du tuyau 😉
J’aimeJ’aime