[Critique] JOHN WICK de Chad Stahelski et David Leitch

Un justicier dans la ville

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John Wick

Quand une star du calibre de Keanu Reeves est à la peine, rien de tel qu’un bon film d’action badass pour remonter la pente dans le coeur des cinéphiles amateurs d’actioners décomplexés et surtout, regravir quelques échelons dans l’estime des cinéastes de tous poils. La star de Matrix, qui a tout de même une sacrée filmographie à son actif, peine néanmoins depuis quelques années à enchaîner les projets convaincants. Pour un Scanner Darkly intriguant et pointu, combien de Constantine, de Jour où la terre s’arrêta et autres 47 Ronin fort peu digestes… La star hollywoodienne semble se chercher, passant du même coup derrière la caméra pour L’Homme du Tai Chin, choix singulier pour une première réalisation mais ô combien honorable et par dessus tout révélateur du fait que l’interprète de Néo participe finalement aux projets qui lui plaisent…

John Wick

Un homme et son chien…

Dans la peau de John Wick, ancien tueur à gages contraint de reprendre les armes pour venger femme, chien et voiture, face à des truands d’opérette et écervelés, Keanu Reeves livre un de ces rôles monolithiques dont il a le secret. Mystérieux dans un premier temps, impitoyable par la suite, le personnage n’est qu’un corps en action, un homme qui n’a plus que la vengeance comme point de mire et comme unique raison d’être. Présenté comme un pur polar aux allures de comic book à tendance hard-boiled, John Wick est au final une série B reposant essentiellement sur ses scènes d’action (affrontements à mains nus, gunfights, poursuites en voiture). Le scénario de Derek Kolstad est, pour être poli, d’une infinie banalité, si l’on excepte l’invraisemblable caution animalière qui met le feu aux poudres…
Réalisé conjointement par Chad Stahelski et David Leitch, déjà à l’oeuvre sur les cascades de la trilogie Matrix, le film est une enfilade d’empoignades goupillées par le duo. Si l’ensemble est emballé sans grand génie, force est de reconnaître que les chorégraphies des bagarres sont relativement inventives et fluides, John Wick progressant face à ses ennemis comme un danseur évoluant dans un ballet de sang, usant de son arme de poing comme d’une excroissance de son bras et donnant la mort sans faire preuve de la moindre émotion. Dommage dès lors que le montage de ces mêmes scènes soit si peu inspiré par instants…

John Wick

Beat them all

Pourtant, si l’on accepte son postulat de base, son récit de vengeance quelque peu bas de plafond, ses personnages ultra caricaturaux et ses situations ubuesques… on peut prendre un soupçon de plaisir à la vision de la chose. De toute évidence, et malgré ses deux expressions durant tout le film (l’acteur n’a jamais été reconnu pour être le comédien le plus fin du tout Hollywood), on ne peut pas non plus passer sous silence l’évidente implication de Keanu Reeves dans le projet. L’acteur réalise quasiment toutes ses cascades, ce qui apporte une véracité et une implication qui forcent le respect et rendent ce John Wick agréables et honnête pour ce qu’il est : une bande d’action dynamique, régressive et divertissante, un beat-them-all qui ne tâche pas (les projections de sang sont en CGI. Beurk !). Bref, un plaisir coupable ! Mais qu’on ne vienne pas non plus nous dire que le film révolutionne le cinéma d’action, soyons sérieux…


JOHN WICK
Chad Stahelski et David Leitch (USA – 2014) :

Note : 2.5Genre Action – Interprétation Keanu Reeves, Willem Dafoe, Michael Nyqvist, Adrianne Palicki… – Musique Tyler Bates, Joel J. Richard – Durée 101 minutes. Distribué par Metropolitan.

L’histoire : Depuis la mort de sa femme bien-aimée, John Wick passe ses journées à retaper sa Ford Mustang de 1969, avec pour seule compagnie sa chienne Daisy. Il mène une vie sans histoire, jusqu’à ce qu’un malfrat sadique nommé Iosef Tarasof remarque sa voiture. John refuse de la lui vendre. Iosef n’acceptant pas qu’on lui résiste, s’introduit chez John avec deux complices pour voler la Mustang, et tuer sauvagement Daisy…

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