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[Actus] Hommage : Wes Craven, l’ultime cauchemar…

On n'est pas des rapides, rapides sur Obsession B. Mais il n'est jamais trop tard pour rendre hommage au grand Wes Craven qui nous a quitté dimanche dernier. Retour sur une carrière marquée par l'audace et le talent...

Wes Craven

Wes Craven nous a quittés le lundi 30 août 2015. Il avait 76 ans. C’est bien jeune pour quelqu’un qu’on ne voyait pas vraiment vieillir et dont, personnellement, on n’avait pas connaissance de la maladie… Le cinéaste s’était, il est vrai, fait plus rare ces derniers temps, mais travaillait toujours à plusieurs projets, tant cinématographiques que télévisuels.

Pour l’essentiel des spectateurs et la population cinéphile, Wes Craven était avant toute chose le « papa » de Freddy Krueger et le créateur de la saga Scream. Soit, deux des séries horrifiques les plus importantes et populaires des années 80 et 90. Ce qui n’est pas rien et qui impose tout de même un statut de maître du cinéma horrifico-fantastique. Même si l’ensemble des huit opus de Nightmare on Elm Street sont très inégaux qualitativement parlant (on laisse volontairement de côté le Freddy vs Jason réalisé par Ronny Yu), on ne peut leur enlever un concept de base audacieux et riche en possibilités (et en frissons). Ce que l’on doit évidemment à Craven, réalisateur des épisodes 1 et 8 (Les Griffes de la nuit et Freddy sort de la nuit), qui ouvre et conclue la saga. Deux véritables chef-d’œuvres à la fois proches et différents, chacun ayant œuvré à la mise en place de concepts et de codes horrifiques qui auront marqué leur époque (la mise en abyme et l’aspect « méta » du dernier opus qui annonce déjà l’approche de Scream…)

Les Griffes de la nuit
A Nightmare on Elm Street (1984)

Le style radical des années 70

Il serait évidemment ridicule et réducteur de limiter la carrière de Wes Craven à ces deux sagas, aussi marquantes soient-elles dans l’histoire du cinéma. Car pour cet ancien étudiant en psychologie et professeur en sciences humaines, le cinéma était avant tout un espace de liberté, un lieu où il pouvait convoquer au sein d’un même film à la fois ses réminiscences de cauchemars et son bagage réaliste de documentariste. C’est ainsi qu’il marquera durablement le genre du film d’horreur dans les années 70 avec des films radicaux comme La derrière maison sur la gauche (1972) ou La colline a des yeux (1977). Deux œuvres au style âpre, cru et réaliste, qui n’ont, pour le coup, rien de fantastique, et qui font naître l’horreur du quotidien et des dérives d’une société qui fabrique ses propres monstres… Bien qu’ayant aujourd’hui un peu vieillis (on est même en droit de leur préférer leurs remakes respectifs), ces deux premiers longs-métrages de fiction marquent les esprits et façonnent déjà un style qui donnera lieu à nombre de copies… Pour autant, Wes Craven ne se cantonnera pas à ce rôle de cinéaste qui dérange, puisqu’avec Les Griffes de la nuit (1984), L’Amie mortelle (1986) ou encore l’excellent Schocker (1989), il affirmera un véritable goût pour le surnaturel et surtout, un don pour la mise en scène « classique » qui feront de ses films des bandes toujours très maîtrisées sur le plan formel.

Le Sous-sol de la peur (1991), Scream (1996) et L'Emprise des ténèbres (1988).
Le Sous-sol de la peur (1991), Scream (1996) et L’Emprise des ténèbres (1988).

Des ratés… et des Chefs d’œuvres

Evidemment, on ne peut passer sous silence des ratés tels que La Colline a des yeux 2 (1985), Un Vampire à Brooklyn (1995) ou le catastrophique et remonté dans tous les sens Cursed (2005) qui semblent davantage correspondre à des commandes alimentaires. Ou à des productions hasardeuses (Dracula 2001). Mais on a surtout envie de retenir l’effroi engendré à la vision du moins connu et pourtant magnifique L’emprise des ténèbres (1988) et au terrifiant Sous-Sol de la peur (1991) qui marquent chacun un aspect différent de l’horreur : le vaudou pour l’un, l’épouvante sociale pour l’autre (un axe qui traverse d’ailleurs toute sa filmographie). Scénariste de presque tous ses films, Craven y a toujours injecté ses obsessions, trouvant dans le cinéma de genre un terreau fertile au développement de ses idées. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que sa seule incursion dans le cinéma « traditionnel », le mélodrame La musique de mon cœur (1999) avec Meryl Streep, s’est révélé un échec sur à peu près tous les plans…

Wes CravenAujourd’hui, Wes Craven laisse une série de projets inachevés pour le moment, comme la série Scream ou le remake du Sous-sol de la peur… Il laisse surtout une poignée de films ayant durablement marqué les esprits, qui méritent d’être redécouverts (le giallesque La ferme de la terreur), et qui resteront comme l’héritage d’un cinéaste doué, dont on s’aperçoit de l’ambition et le talent malheureusement peut-être un peu tard, et surtout d’un des plus beaux représentants du cinéma de genre… RIP.

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